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Vive la Francophonie :p

J’ai passé un très bon week end, avec un samedi très cher et un dimanche riche en découvertes.

 

Samedi, après une mini-grasse-matinée et une heure à traîner au lit, j’ai finalement décidé de bouger. Direction Sorya, l’énormissime centre commercial situé à proximité du Marché Central et donc de chez moi. J’ai erré pendant une bonne heure dans les 6 étages du magasin, en quête d’un séchoir à linge, que j’ai finalement trouvé. Je n’avais pas d’argent pour le payer (25 dollars… j’aurais pensé que ça coûterait deux fois moins mais bon) donc j’ai redescendu quatre étages pour trouver un guichet, avant de remonter autant de marches pour finalement acquérir cette merveille de technologie qui me permettra d’étendre toutes mes chemises mouillées ailleurs que dans mon armoire.

 

Après avoir ramené ça à l’appartement, je suis reparti, cette fois-ci avec dans l’idée d’acheter un vélo. On m’a dit « Va au marché Orussey », je suis donc allé au marché Orussey. Je suis entré dedans (c’est un marché couvert) par l’aile réservée aux poissons et fruits de mer. La première impression a donc été relativement mauvaise. L’odeur n’était pas ammoniaquée, mais elle était très… piscicole. Après un détour par les tissus, je me suis perdu dans les fruits, puis les moteurs, pour finalement me rendre compte que vu la largeur des allées, il était inenvisageable de trouver un vélo dans le marché Orussey. Je suis donc sorti pour en faire le tour, et je suis tombé sur un motodop (ou plutôt « un motodop m’est tombé dessus ») qui parlait anglais et m’a demandé ce que je voulais. Il m’a très gentiment amené chez un marchand de vélo. S’en est suivi une négociation endiablée qui m’a permis d’obtenir un vélo neuf et un antivol à… 70 dollars, soit une remise d’une quinzaine de pourcent sur le prix initialement réclamé. Bon, ça reste très cher, mais je relativise en me disant que 70 dollars, c’est ce que j’aurais dépensé en allant travailler trois semaines en motodop. Après on verra si c’est amorti (c’est-à-dire si l’antivol est efficace ou pas).

 

Après tant d’efforts, j’avais bien mérité une sieste. Malheureusement le fils (pas trop mal au demeurant) du propriétaire est venu fixer un câble pour Internet, me tirant d’un sommeil où je venais à peine de glisser (les Khmers se couchent tôt, certes, mais en début d’après-midi, ils sont très bruyants…). Après son départ j’ai fini l’après-midi en comatant sur le lit. Ça fait du bien.

 

Le soir, je suis parti au Gasolina, LE lieu incontournable des expatriés à Phnom Penh. J’y ai rencontré une fille qui m’avait contacté pour une colocation, et deux de ses amis. On a vaguement assisté à un défilé de mode assez décomplexé, c’était drôle, puis on a mangé sur place avant de rentrer se coucher avec les poules, vers 22h. J’ai pu me rendre compte que les muscles de mes cuisses et de mes mollets n’étaient plus vraiment habitués au cyclisme (si tant est qu’ils l’aient été un jour). Par bonheur, Phnom Penh est une ville presque plate, ce qui rend l’unique vitesse disponible sur le vélo à peu près suffisante.

 

Après une très courte nuit entrecoupée de réveils sur le thème « Pourquoi fait-il si chaud dans ce pays ? » et « J’allume la clim ou pas ? », mon réveil, le vrai, a sonné à 6h. Dur, pour un dimanche. Dehors, la vie avait déjà repris. Ce pays me dépasse complètement.

Rapide petit déjeuner et je quitte l’appartement, paré à affronter une journée sous le soleil cambodgien. J’arrive au Monument de l’Indépendance (en motodop) et je vois la myriade de bus qui attendent les étudiants francophones.

Borin me saute dessus quelques minutes plus tard sans que je le voie venir, et nous montons dans un bus. La cohorte se met en branle (j’ai déjà lu ça plusieurs fois et j’ai toujours eu envie de l’écrire) et part pour le Tonlé Bati. J’essaie de finir ma nuit au milieu de tous ces Khmers qui profitent de la Journée de la Francophonie pour parler… khmer. La journée commence bien…

 

Après une grosse demi-heure de route, nous arrivons au Tonlé Bati. Tonlé Bati, son temple, sa pagode, son village, sa rivière. J’aime beaucoup les maisons construites sur l’eau, les pirogues amarrées à côté, les troncs de palmiers reliant les paillotes à la terre, la nuée de canards qui évolue au milieu de tout ça sans que personne ne pense « grippe aviaire »…

Nous partons visiter le temple, de la même période que celle de l’âge d’or d’Angkor (Java ???man VII). Un amas de pierre volcanique dans lequel sont incluses des bas reliefs en grès taillé représentant des danseuses sacrées, des éléphants, des singes, le tout au milieu des palmiers et des fleurs… C’est vraiment agréable, même si la chaleur a tendance à tout écraser. Vous aurez droit à des photos dès qu’on aura étendu le forfait Internet, parce que là on est déjà en dépassement.

 

Après la visite, Borin me fait boire du jus de canne, pressé devant moi grâce à une vis sans fin (c’est bien comme ça qu’on dit ?) qui actionne deux rouleaux entre lesquels sont écrasées les cannes. C’est rafraîchissant, ça fait du bien. Borin tchatche avec les trois policiers assis à notre table, puis on retourne au village pour investir une des paillotes.

Une pirogue passe à proximité, on me demande « tu sais nager ? », je réponds que oui et on monte dedans. J’aime beaucoup la transition. Nous voilà les pieds dans l’eau et à dix centimètres à peine au dessus de la surface du Tonlé Bati. Chaque geste fait tanguer l’embarcation, j’adore ça. Pendant une demi-heure, l’eau marron défile autour de moi, je me rends compte que le village est très long (il doit bien faire 1,5 kilomètre de long sur 20 mètres de large), on croise des vaches et une espèce de héron que je n’ai pas le temps de photographier, puis on fait demi-tour. Le Tonlé Bati n’est pas une très grosse rivière, je crois, mais il est déjà plus large que la Loire à Nantes. Ça me donne d’autant plus envie de voir le Mékong, d’autant que je vis à environ un kilomètre de lui.

 

Retour sur la paillote où le déjeuner arrive. D’abord le riz. Jusque là, tout va bien. Ensuite, du poisson emmailloté dans du papier aluminium. « On l’appelle poisson-serpent » et effectivement, la ressemblance entre la tête de ce poisson et celle d’un serpent est troublante. Ça n’a pas tellement de goût, mais la sauce est là pour rendre le plat très bon. Des pirogues circulent le long des paillotes. Mes camarades achètent des fruits, je teste la pastèque et des espèces de raisins à noyaux qui laissent la bouche farineuse sans avoir de goût et je passe mon tour sur la mangue, puisqu’ils aiment la manger verte, croquante et acide et que ce n’est pas de cette façon que je l’aime. Par contre, je me lance avec politesse dans la dégustation d’un de leurs escargots. Si j’ai bien compris, ils vivent dans l’eau. Ils font trois fois la taille de nos plus beaux Bourgogne, que je n’aime déjà pas tellement. Mais puisqu’il faut faire honneur à la cuisine locale… Verdict ? Je saurai dire non la prochaine fois.

On a aussi mangé un plat que je suis absolument incapable d’identifier (et pardon Marianne, j’ai totalement oublié de prendre des photos) : il s’agit d’un bouillon dans lequel on trouve de la verdure et des lamelles de…c’est là que le bât blesse : champignon ? porc ? poisson ? écorce ramollie ? J’imagine que c’est une viande vu qu’il y a déjà du végétal, mais c’est vraiment pure supposition… En tout cas c’est bon, ça reste le plus important.

Finalement, un poulet est servi entier. C’est aussi bien : pour en avoir mangé du déjà coupé, j’ai pu remarquer que les gens ici ne cherchent pas à suivre la morphologie de l’animal et que par conséquent, tous les morceaux ont des bouts d’os, ce qui rend totalement utopique l’idée de ne pas manger avec les doigts.

 

Après ce repas ma foi fort bon vint l’heure de la sieste. J’ai résisté de toutes mes forces à la volonté de piquer une tête dans la rivière. Le Lonely Planet dit bien de ne JAMAIS se baigner, il me semble. C’était tout de même incroyablement tentant. Je me suis donc contenté de faire tremper mes pieds.

 

Après la « sieste », nous avons rejoint le rivage pour écouter des petits discours sur l’intérêt de la francophonie dans les études supérieures, puis j’ai été initié à deux jeux khmers. Je vais tenter une explication. Prenez une feuille et faites un dessin, ce sera peut-être plus clair !

J’ignore le nom du premier jeu. Une dizaine de personnes se tiennent la main et forment un cercle (idéalement on alterne garçons et filles). Deux autres personnes (idéalement encore, un garçon et une fille), se tenant aussi par la main, sont à l’extérieur du cercle et circulent autour, disons dans le sens des aiguilles d’une montre. Soudain (vous avez peur, là, hein), il tape sur le poignet d’une personne. La victime et son voisin se détachent alors du cercle et partent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (si si, c’est important), laissant un trou dans le cercle. Les deux couples libérés doivent alors courir le plus vite possible pour aller refermer le cercle. Celui qui perd doit continuer à tourner jusqu’à taper un nouveau poignet, et ainsi de suite.

Ce jeu m’a valu une collision frontale avec un gars qui pensait probablement que je ralentirais en le voyant courir vers moi. Je me le suis pris en pleine poitrine. J’ai encore mal. Mais j’aime bien ce jeu !

 

Le deuxième jeu s’appelle « Trois moins un » (et non pas « deux »). Là encore, on est une dizaine en cercle, deux par deux, mais au lieu de se tenir la main, l’un est derrière l’autre (imaginez un double collier de perles). Mais l’une des colonnes contient non pas deux personnes, mais trois, donc un de trop (le dernier de la colonne). Le « loup » doit alors toucher cet intrus. Celui-ci, pour y échapper, peut soit courir pendant trois heures, soit passer en tête d’une des colonnes. Dans ce cas, c’est le dernier de la nouvelle colonne « à trois » qui devient l’intrus et donc la cible. Si le loup touche l’intrus, les rôles s’inversent.

 

J’espère avoir été clair. Pour terminer la journée, on a eu de la musique et j’ai pu découvrir avec une certaine surprise que les Khmers, même de mon âge, adorent danser le Madison… C’est assez drôle à regarder.

 

Voilà, c’est tout pour ce week end, demain, retour à la normale, jusqu’à vendredi prochain !

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

 

PS : Il fait chaud.

PS2 : Je suis un peu rouge.

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