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Je ne veux pas aller vers ce que j’aime, mais vers ce que je ne connais pas

Ce soir, alors que je réfléchissais aux styles littéraires que j’appréciais et à ceux que je comptais découvrir (je viens de m’inscrire à la bibliothèque, raison de ce questionnement existentiel), j’ai progressé dans ma connaissance de moi-même. Dit comme ça, ça peut sembler presque mystique, mais non, c’est sérieux.

 

J’ai pensé (en relation avec les livres) : je ne veux pas aller vers ce que j’aime, mais vers ce que je ne connais pas. Je me suis rendu compte que, si c’était une démarche nouvelle dans mon rapport à la littérature, cette phrase résume assez bien la façon dont je mène ma vie ces derniers mois et dont j’aimerais continuer à la mener.

Si j’étais allé vers ce que j’aime, je serais en stage à Bruxelles, Lille, Lyon ou Montpellier. Je n’aurais pas eu autant hâte de quitter Rennes, que je commençais à bien connaître. Je n’aurais pas cherché à rester ignorant le plus longtemps possible vis-à-vis du Cambodge, pour me faire mes propres opinions sur place. En remontant plus loin, je n’aurais peut-être pas choisi l’agronomie puis l’économie, je ne me lasserais pas si vite du quotidien où et quel qu'il soit, etc.

 

Je n’ai pas l’habitude d’intellectualiser ma vie de cette façon, jusqu’à présent mon crédo était plutôt « On verra » ou « Je dois bouger », ce qui est quand même plus limité. C’est assez drôle : j’ai un peu l’impression de ne pas être à la hauteur de ce nouveau « slogan », comme si le fait de l’énoncer m’impressionnait au point que je veuille me réfugier vers « ce que j’aime », comme si je ne méritais pas d’adopter cette vision des choses, comme si c’était un engagement que je ne pouvais plus violer après l’avoir pris. Hum, ça devient complexe…

 

Ma timidité devient encore plus inexplicable maintenant. J’aime découvrir, sans être capable de faire le premier pas. Enfin, la vie sans contradictions serait bien monotone.

En tout cas, ça ne m’empêchera pas de revenir vers ce(ux) que j’aime.

 

J’imagine que je vais bien rire quand je relirais ça demain…

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