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Heureusement ça remonte vite.

Après le lundi coup de blues, il me fallait un mardi sympathique. Ce fut le cas : premier vrai rendez-vous dans le cadre de mon stage avec un gars très intéressant, reste de la journée pas vraiment passionnant mais supportable et en milieu d’après-midi, Stéphanie (VI qui bosse un étage au-dessus de moi) m’annonce que ce soir on accueille les nouveaux Volontaires Internationaux au Dodo. Ca tombe bien, je n’avais pas envie de me morfondre.

Je rentre donc tôt à l’appartement histoire de me mettre enfin en short et en sandale, d’acheter de l’eau et de me réhydrater, et c’est parti.

J’hésite : vélo ou pas vélo ? Hum, si j’y vais en vélo mais qu’on change de bar en cours de route, je n’arriverai pas à suivre toutes les motos. Si j’y vais à pied et qu’on bouge, je pourrai toujours squatter un porte-bagage mais je risque aussi d’avoir un chemin encore plus long à faire pour rentrer. Dilemme.

J’y vais à pied finalement, me rendant compte un peu tard que c’est plus loin que dans mon souvenir. Me voilà au Dodo, deuxième arrivé. Je m’installe avec Perrine « à l’intérieur » et les autres nous rejoignent petit à petit. Tour de prénom, tour de « profession », on commande à boire et on discute. Je suis le seul garçon pour le moment. Hum. Cette fois je n’y suis pour rien. Finalement d’autres gars, dont un seul « nouveau » (c’est-à-dire présent depuis moins d’un mois), arrivent. Je suis sauvé.

Tout le monde est sympa, ça fait plaisir de sortir un jour de semaine et de voir du monde. J’arrive même à parler, c’est incroyable. Il y a des propositions d’activités dans l’air, il faudra creuser ça.

On mange sur place, un plat réunionnais pour moi (rousgail ? de la saucisse un peu épicée coupée, du riz et des haricots noirs, c’est pas mauvais du tout !), puis le bar commence à se dépeupler.

 

J’y vais aussi, repartant à pied dans les ruelles sombres en sifflotant. Ici je ne chante pas, je ne suis pas encore assez à l’aise, et puis il y a des gens qui dorment dans leur tuk tuk ou dans des hamacs dehors, je ne veux pas déranger. Arrivé devant le parking au-dessus duquel se trouve mon appartement, je vois que la grille est fermée. Le moment de vérité approche : la clé que m’a copiée Katherine ouvre-t-elle le cadenas ? « I’m not sure it’s the good one », m’a-t-elle dit. Je tente ma chance. Echec. Aïe. Je retente. Ça fonctionne. Pfiou. Je peux donc rentrer chez moi. Il est à peine 23h mais je suis quand même claqué.

 

 

Mercredi, nouveau rendez-vous le matin, intéressant aussi. A midi, je mange à nouveau avec Borin et je savoure un plat de porc presque sans légume et avec plein de graisse (la couenne), que ça fait du bien de sortir un peu du diététique ! Ensuite nous partons pour la « campagne », à une quinzaine de kilomètres de Phnom Penh, pour visiter un centre de recherche sur les productions végétales. On roule sur des routes totalement défoncées en slalomant entre les vaches, les poules et les nids-de-poule, j’adore ça. Par contre la poussière est assez désagréable, mais on s’y fait. Et quel plaisir de redécouvrir des choses dont on oublie l’existence à Phnom Penh : la fraîcheur (tout est relatif, bien sûr) et le vent ! On arrive finalement dans ce centre de recherche, juste à l’heure. Je vois du riz, des mangues, des tomates… c’est vraiment officiel, je préfère les plantes aux animaux. Le responsable qu’on rencontre est très sympa, on arrive à plaisanter, le rendez-vous est très instructif et la visite du site également. J’en profite pour bronzer, ça ne gâche rien. Après un petit crochet par le centre documentaire où la documentaliste m’a fourré dans les mains trois pavés sur la génétique végétale, comme si j’aurais le temps de tout compulser en dix minutes, puis a discuté un moment avec moi en français après m’avoir pris pour un Australien, nous sommes repartis pour Phnom Penh, sur les mêmes routes défoncées mais cette fois-ci humidifiés et donc non plus poussiéreuses mais boueuses (c’est mieux, si si : la boue n’atteint pas les yeux).

 

Voilà les nouvelles ici.

Demain, je m’habille classe pour le Ministère de l’Agriculture. Dur : classe veut dire chaud.

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

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