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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Ghetto et mentalités | 24 mars 2008

Ou "Ghetto des mentalités", ou encore "Mentalité des ghettos".

 

Une des grandes craintes des jeunes homosexuels en phase d'acceptation concerne le « milieu », ce terme prononcé du bout des lèvres avec un soupçon de dégoût, qui transparaît aussi dans la notion de « communauté », perçue comme un ensemble d'individus fermés vivant pour, par et à travers leur sexualité. Cette vision est bien évidemment empreinte de préjugés négatifs, mais peut-on leur en vouloir ?

 

Il est naturel de vouloir se regrouper et rencontrer des gens partageant les mêmes intérêts que soi. C'est le but des associations et des bars LGBT. Cela permet d'oublier pour un temps que la tolérance ne règne pas partout, d'oublier les codes et le carcan judéo-chrétien auquel nous nous conformons tous les jours. Certains fréquentent exclusivement ce « milieu », d'autres considèrent que c'est le mal absolu. Il y a du pour et du contre et chacun peut se forger sa propre opinion.

 

Mais il existe aussi des établissement hybrides, les bars et boîtes « gay-friendly ». Un univers étrange où sont censés se côtoyer gays, lesbiennes, bis, transsexuels, travestis, hétéros et j'en passe, dans un respect mutuel, une sorte de lieu idéal où l'harmonie est possible entre gens de bonne volonté.

Mais la bonne volonté doit être partagée par tous. Les hétéros sont conscients de cela quand ils pénètrent dans ce genre d'endroits et ne s'offusquent pas de voir deux garçons s'embrasser, ni ne rient grassement en se poussant du coude en voyant deux filles enlacées (à moins d'une alcoolémie dépassant un seuil au-delà duquel le vernis de civilisation est sérieusement mis à mal). Par contre les homos (au sens large) choisissent là encore de rester entre eux, d'occuper une partie seulement de l'espace, obéissant à un effet de masse frisant la ghettoïsation volontaire et ne jouant pas le jeu de la mixité.

 

Comment alors continuer à se plaindre d'une discrimination que nous créons nous-mêmes ou du moins que nous entretenons ? Quelle image donnons-nous aux hétéros et aux homos (au sens large toujours) en phase d'acceptation, quand nous nous comportons de manière aussi grégaire ? Est-il si difficile d'oublier un temps nos différences et de nous concentrer sur l'instant présent, à savoir la fête et la musique ? Pour certains, il semblerait que oui.

 

Il me paraît peu raisonnable de réclamer une acceptation que nous ne mettons pas à profit quand elle nous est offerte. Conquérir des droits est une (bonne) chose, mais les utiliser est primordial. On ne peut pas faire changer les mentalités sans faire un minimum d'efforts. Certes, on risque quelques remarques, des regards de travers et des commentaires désobligeants, susceptibles de gâcher une fin de soirée, mais les autres choix sont limités : sortir exclusivement dans le milieu, ou recréer le milieu où que l'on aille. Pour moi, sans être un militant, c'est tout vu.

Publié par Guillaume1712 à 12:54:29 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (3) |

Quand le muscle se rebelle... | 09 janvier 2008

Je pense qu'un certain nombre de personnes seront d'accord avec moi si je déclare qu'il est agréable de passer du temps au lit le matin, entre le moment où le réveil sonne et celui où l'on se lève effectivement.

Ce petit laps de temps, qui dure selon les individus de 1 minute (voire moins pour les plus motivés) à 1 heure (voire plus pour les étudiants qui sèchent les cours), est propice à la libération de son imagination : quelle excuse originale mais crédible inventer pour ne pas se lever, comment le rêve que l'on vient de faire aurait-il pu se terminer, qu'aimerait-on faire de sa journée plutôt que d'aller travailler...

C'est aussi l'instant de la préparation mentale pour affronter une nouvelle journée passionnante : visualiser la tête des personnes que l'on côtoiera ce jour-là, maltraiter mentalement celles que l'on n'aime pas, envisager le retour chez soi le soir ou alors la soirée pompélup qui suivra...

 

Puis vient le moment tant attendu : l'étirement. Activité jouissive s'il en est, l'étirement, qu'il soit accompagné ou non d'un gémissement et/ou d'un bâillement, a pour but de réveiller les muscles en douceur et de se rendre compte que la vie offre malgré tout des petits plaisirs furtifs dès le matin et que le lit est finalement l'un des endroits les plus agréables sur Terre.

 

Mais cet étirement peut se terminer prématurément dans la position recroquevillée d'un fœtus doué de la parole (ou au moins de la capacité d'émettre des sons gutturaux).

Imaginez, ou souvenez-vous : vous êtes encore à moitié dans votre rêve et vous savez que vous avez encore un quart d'heure devant vous avant d'être réellement en retard. Instinctivement, sans même y penser, vous commencez à étendre vos bras et vos jambes au maximum.

Et soudain une alarme s'enclenche dans votre cerveau et hurle « Stop ! ». Première agression. Malheureusement, le temps que vous réagissiez, il est déjà trop tard. Vous venez de sentir le petit claquement, l'infime déchirement qui a traversé votre mollet. La seule pensée possible à ce stade est « Pitié non ! ». En général elle ne suffit pas à vous attirer la clémence des dieux. Vous sentez dès lors la souffrance grandir dans le muscle suscité, avec l'impression qu'un masseur indélicat (ou disons-le, sadique) est en train de vous le retourner.

Vous fermez les yeux et serrez les dents, comme si cela pouvait faire cesser la douleur. En vain évidemment. C'est là que vous passez de la position étirée à la position fœtale, que votre bâillement se mue en un gémissement et en insultes contre votre corps, ce traître.

 

S'ensuit un massage d'un quart d'heure, parsemé de timides tentatives d'allongement du muscle meurtri, dans la crainte constante que la crampe (car c'est bien de cela qu'il s'agit) ne se ravive. Le quart d'heure que vous auriez pu passer à rêvasser tranquillement au fond de vos couvertures s'est mué en un enfer physique intense. Votre partenaire (si vous en avez un(e)) rit à n'en plus pouvoir et à cet instant vous voudriez le(la) voir atteint(e) d'une crampe dix fois plus douloureuse, si c'est possible, pour effacer son sourire narquois et réduire ses sarcasmes à néant.

 

Finalement la majeure partie de la douleur passe et vous vous levez en claudiquant, car la crampe n'abandonne pas si facilement la partie. Vous savez pertinemment qu'elle profitera de la moindre seconde d'inattention pendant que vous prenez votre petit déjeuner pour se rappeler cruellement à votre mémoire. De toute façon vous ne pouvez pas l'oublier : elle est là, tapie au fond de votre mollet, générant une gêne qui vous suivra une bonne partie de la journée, à moins que vous ne vous soyez massé suffisamment longtemps, à l'affût, prête à bondir et à vous faire bondir. Les insultes les plus crues de votre vocabulaire vous semblent dérisoires pour qualifier l'ignominie d'une telle réaction physiologique. Votre agressivité ne pouvant se diriger contre votre propre corps (masochistes exceptés), vous la déverser autour de vous, à grands coups de claquage de portes, regards noirs, gestes violents contre les meubles et la vaisselle. En toute logique, vous vous faites mal. A ce stade, deux solutions : soit vous vous énervez encore plus et vous vous enfermez dans un cercle vicieux, devenant exécrable contre tout et tout le monde, soit vous éclatez de rire et vous rendez compte qu'une crampe ne vaut peut-être pas la peine de vous mettre à dos l'humanité entière et vos animaux de compagnie en plus.

 

Comment conclure, si ce n'est en disant que ceux qui n'ont jamais expérimenté cette situation ignorent à quel point le retour à la réalité est douloureux, la journée gâchée et l'humeur détériorée par cette simple contraction musculaire. C'est une expérience que je ne souhaite à personne (ou presque), quoiqu'elle permette d'apprécier à sa juste valeur l'étirement du lendemain matin s'il se passe sans incident.

Publié par Guillaume1712 à 18:16:45 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (1) |

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