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Après une journée à marcher et à me paumer dans Bruxelles, voici quelques impressions :
- Les quais du métros sont extra-larges, c'est un bonheur, on ne se sent pas du tout oppressé. Et c'est d'une propreté irréprochable.
- Les wagons du métro sont plus confortables que la majorité des wagons parisiens.
- Le tramway c'est cool.
- Les rues ne sont pas si propres qu'on le prétend. C'est mieux que Rennes, c'est sûr, mais de là à le crier sur les toits...
- Le flamand n'est pas une langue si moche que ça. Du coup l'allemand non plus, peut-être. J'ai bon espoir d'avoir les bases en flamand d'ici mon retour.
- Mon quartier n'est pas si chaud que ça, en fin de compte. Le square sous ma fenêtre sert de point de rendez-vous aux "jeunes" du coin, mais ils ne font que brailler... Et puis la météo bruxelloise fait que ce soir, par exemple, je suis tranquille. :D
- J'ai vu TROIS pigeons en tout et pour tout, en marchant pendant au moins 4h dans Bruxelles. Ca c'est le pied ! Je hais les pigeons.
- Finalement l'architecture bruxelloise (mélange de flamand et de je sais pas trop quoi, ptet français, au hasard) n'est pas si laide.
- Au niveau de la densité du réseau de transport, rien à dire, il y a tout pour se passer de la voiture (et de la marche, mais ça je ne l'ai compris qu'à 19h... après que mes ampoules ont éclaté lol).
- Au Lidl en bas de chez moi, ils vendent des escargots, mais pas de crème fraîche. En bon normand (d'adoption) j'étais tout bonnement outré par cet oubli lamentable. Du coup j'ai mis du fromage blanc dans mes spagghettis en me disant que ça ferait pareil... Ben non, la crème fraîche c'est quand même le top pour se faire une carbonara...
- Mes colocs (et coloques) sont, au choix : sympas, charmants, craquants, pas chiants, intéressants (certains sont tout ça en même temps :p).
Le coup de blues de mon arrivée est donc totalement envolé, remplacée par l'excitation de la découverte.
Publié par Guillaume1712 à 20:40:19 dans Les aventures d'un Ensarien à Bruxelles | Commentaires (1) | Permaliens
Samedi, 3h45.
Ma porte s'ouvre sur mon père souriant largement, l'air de dire « Eh ouais je t'ai réveillé 15 minutes avant ton portable, c'est sympa hein ? ». On n'échange pas un mot, je me lève, je m'habille et je descends. Petit déjeuner. Départ prévu à 5h, avancer de 25 minutes parce que tout le monde est prêt. Eh oui, je pars en stage en famille, il faut dire que le coffre est blindé (j'ai de la bouffe spéciale pour mon allergie, entre autres).
Je lutte vaillamment pour ne pas m'endormir et tenir compagnie à mon père, mais j'échoue finalement une petite demi-heure (sur 5h de trajet, quand même, c'est correct).
On passe la frontière, et le brouillard devient opaque. « Ouaouh c'est ça la Belgique ? ». La qualité de l'autoroute est assez médiocre, les amortisseurs ont vieilli de 5000 km d'un coup, mais passons.
Et voilà Bruxelles ! On cherche mon logement, et on arrive dans un quartier que ne renieraient pas certaines parties de Seine Saint Denis. Ma mère commence à flipper. Oui maman, c'est bien là que je vais vivre pendant six mois. Contrepartie positive : les prix sont assez bas, et ça ça m'arrange vachement.
Bon, on rentre dans la résidence, c'est un peu mieux que la Cité 2, disons qu'il y a deux frigos pour 16 locataires et non pour 200, 8 plaques au lieu de 2, que les rideaux de douches sont rouges et en plastique au lieu d'être en tissu gris et que le sol de ma chambre est en moquette au lieu d'être en parquet. Pas trop de dépaysement... On installe tout mon barda et on part visiter Bruxelles.
Je pensais naïvement que tous les touristes étant à Paris ou dans le reste de la France, Bruxelles serait à peu près épargnée. Que nenni...
Je pensais naïvement que les Français étaient les pires conducteurs de l'univers. Là encore j'étais dans l'erreur.
Je pensais naïvement que Rennes était la pire ville d'Europe en ce qui concerne les sens interdits. Mais pas du tout !
En gros on a passé l'après-midi à chercher notre chemin en voiture, à chercher des endroits où se garer, à chercher notre chemin à pied et à rechercher la voiture. On a tous les trois failli péter un câble (en plus c'est moi qui tenais la carte donc qui prenais toutes les engueulades) et on s'est retrouvé à la Basilique de Koekelberg où se tient une exposition Léonard de Vinci qui s'est avérée décevante. En désespoir de cause on s'est posé dans un resto chinois à 18h30, et à 20h30 j'étais « chez moi », douché et prêt à être au lit, pendant que mes parents cherchaient le chemin de leur hôtel.
Bilan : Tous les films que j'avais pu me faire sur Bruxelles ont volé en éclats, mes parents ont embarqué mon plan de la ville et je ne connais personne ici. Si j'étais dépressif, ça ferait mal.
Mais avec une bonne nuit de sommeil, tout rentrera dans l'ordre et je pourrai entamer l'exploration de Bruxelles à MA façon, en prenant mon temps.
Pour terminer sur une note positive, certains des autres résidents de l'immeuble où je suis ont des atouts très intéressants à faire valoir.
Finalement, Bruxelles c'est pas si mal... :D
Publié par Guillaume1712 à 21:38:24 dans Les aventures d'un Ensarien à Bruxelles | Commentaires (4) | Permaliens
Tout a commencé au début de l'année 2007, quand je me suis décidé à chercher un stage pour septembre. Après élaboration d'un CV et d'une lettre de motivation en français, anglais et espagnol (merci à moi, à Carol Novak et à Monica Iglesias), j'ai débuté l'offensive, en sélectionnant des entreprises ou des organismes qui me plaisaient ou me faisaient marrer (la NASA, L'Agence Nationale de l'Huile d'Olive en Espagne, la Food and Agricultural Organisation, WWF, divers ministères à travers le monde, des Instituts de Recherche pour le Développement, des branches du CIRAD, des semenciers, ainsi que des dizaines d'autres...).
Dans le classeur des stages mis à disposition par MJ Rahn se trouvait une proposition de stage à Bruxelles, à l'IFOAM, organisation absolument inconnue de moi. J'ai fait quelques recherches, et l'un de mes grands fantasmes s'est mis à revivre : bosser proche du pouvoir, en relation avec la Commission européenne, me faire des contacts haut placés pouvant me servir plus tard, mettre un pied dans une sphère qui de par « ma naissance et mes origines » n'était pas a priori accessible. Me voilà donc en train de rêver de cocktails, costumes, conférences et tout le bordel, sans trop y croire et en me doutant que ça ne se passerait pas comme ça, mais tout de même...
Bref, j'ai postulé à l'IFOAM (International Federation of Organic Agricultural Movements) en partant du principe que je n'avais rien à perdre. Une chargée de mission à l'IFOAM m'a répondu, en me demandant plusieurs précisions et en m'annonçant que je ne serais pas payé. Ayant par ailleurs lancé une piste en Espagne où un salaire de rêve serait à ma disposition, j'hésitai longuement, mais je ne fermai pas la porte. On en resta là pour le moment.
Puis, alors que je n'espérais plus, en avril pendant mon stage, mon portable sonna. J'étais en plein milieu des champs, en train de poser des tuyaux d'irrigation, avec en fond sonore la pompe antédiluvienne qui faisait un bruit monstrueux. Je décrochai tout de même, le numéro me paraissant venir de l'étranger :
- Allô ?
- Allô, Guillaume C... ?
- Oui.
- C'est L... W..., vous voyez qui je suis ?
- Bien sûr.
- Très bien. Pouvons-nous continuer la discussion en anglais ?
- Euh... Oui, bien sûr.
- Ok, it will be easier for everyone.
Et là j'ai pensé « Mais bien sûr... ».
Je me suis barré dans le champ d'à côté pour ne plus entendre la pompe, abandonnant lâchement mon agriculteur et tentant de comprendre ce que me disait la madame... « I don't understand... », « Can you repeat please ? », j'étais complètement stressé, c'était la première fois que je parlais anglais au téléphone, d'autant plus pour un truc important. Elle m'a posé un certain nombre de questions du genre « connaissez-vous des organisations en rapport avec l'agriculture ? » (« Yes of course. Euh, in France we have euh... farmer syndicates, and euh... something we call Chambre d'Agriculture, and also Departmental Direction of Agriculture » « Ok good » « ouf putain j'ai du bol, merci l'enquête dep ») et d'autres concernant ce que l'école attendait que ses étudiants fassent en stage (« well, the goal is to discover the laboural world, the way an organisation or a firm works... »). Au bout d'un quart d'heure elle a raccroché en me disant qu'on continuerait par mail quand j'aurais fini mon stage. Ouf. J'ai survécu. Ouah, j'ai trouvé mon stage. Je suis retourné m'occuper de mes tuyaux. Et de fait, quelques jours plus tard elle a repris contact avec moi par mail, preuve que mon anglais ne devait pas être si horrifiant que ça...
On s'est donc organisé pour ma venue, quand, pourquoi faire, où c'est, tout ça, et j'ai commencé à chercher un logement. Bon, j'ai trouvé fin juin, dans une rue qui longe le parc du Palais Royal, s'il vous plaît (après, je sais pas si j'aurai vue imprenable sur Sa Majesté le Roi des Belges mais en fait je m'en fous). Pour info Bruxelles est bien moins cher que Paris, voire que Rennes. Ensuite on a réglé le problème des conventions de stage, envoi, renvoi, signature de toutes les parties, traductions des énoncés en anglais, choix du tuteur (Marilyne Huchet-Bourdon en ce qui me concerne)...
Tout était prêt (sauf les bagages), il ne restait qu'à attendre la fin des vacances et à m'imaginer ma vie bruxelloise à partir de ce qu'on m'avait dit de la mentalité belge : « ils savent s'amuser sainement, pas comme en France », « leur accent est hilarant les premiers jours, t'es mort de rire tout le temps dans la rue », « les frites à la graisse de cheval c'est un régal », « bon faut quand même pas oublier qu'il y a des cons partout, mais c'est un pays très sympathique », « c'est pas du tout la même ambiance, les gens sont plus chaleureux » et autres clichés que je vérifierai pour vous. L'impatience m'étreignait, mais bizarrement je ne me rendais absolument pas compte que quelques semaines plus tard je quittais les miens pour quatre mois et demi. Mon studio de superproductions cérébral fonctionnait à plein régime, sur fond de soirées en boîte, de rencontres amoureuses, de discussions en anglais, espagnol, français et autres langages encore inconnus de moi, de fiestas avec mes colocataires ou avec ma maîtresse de stage (elle a l'air jeune), de tempêtes de neige à Bruxelles... Je ne suis jamais en manque de scenarii impossibles...
En résumé : VIVEMENT LA BELGIQUE !!!!!
Dans le prochain épisode de « Stage à Bruxelles, l'éveil à l'international », vous découvrirez comment s'est passée mon installation, mes premières impressions sur la capitale belge, les premières folies que j'ai fait de mon corps en attendant que mon stage débute, autant de péripéties qui vont, je n'en doute pas, vous tenir en haleine et vous rendre fans de ma façon d'écrire. Ou pas.
C'était Guillaume C... pour la Gazette de l'ENSAR.
PS : Bienvenue à tous les nouveaux ENSA1 et tout spécialement à l'inconnu(e) qui a hérité de la chambre 308 de la Cité 2. Conseil perso : évite de te jeter violemment sur le lit, les ressorts sont vieillissants (n'allez pas croire que c'est de ma faute, j'aurais bien aimé mais non).
PS2 : Si quelqu'un est motivé pour reprendre l'Agross'Action, je suis à sa disposition. C'est une association qui ne prend pas des masses de temps et qui fait des trucs utiles (ne serait-ce que les dons du sang).
PS3 : J'espère que vous avez tous profité du WEI !
PS4 : Je vous aime et vous me manquez (presque) tous.
PS5 : A tous les nouveaux Rennais, ne ratez pas les Journées du Patrimoine, c'est intéressant de visiter l'Opéra, l'Hôtel de ville et le Parlement de Bretagne, entre autres. Rennes est une belle ville, il n'y a pas que la Rue de la Soif et l'Etable !
PS6 : Je crois que j'ai battu mon record du nombre de PS.
PS7 : Maintenant j'en suis sûr.
PS8 : Je sais que je suis lourd, mais ça fait partie de moi...
PS9 : Non je ne prends aucune substance illicite, même pas de la caféine (on me signale que la caféine n'est pas illicite).
Publié par Guillaume1712 à 13:13:43 dans Les aventures d'un Ensarien à Bruxelles | Commentaires (4) | Permaliens
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