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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Le con sensuel | 13 juin 2009

Classe : Gentil

Sous-classe : sensuel

 

Le con sensuel, aussi appelé con plaisant, n’a pas d’avis, il n’a que des amis. Son seul but dans la vie est de se faire aimer. Pour atteindre cet objectif chimérique, le con sensuel rejette tout conflit : il est d’accord avec tout le monde, son discours s’adapte à son public et aux circonstances, il console, il ne s’énerve jamais… La contrepartie à cette apparence cordiale, c’est qu’on ne lui trouve généralement aucune profondeur et donc aucun intérêt. Comment avoir des atomes crochus avec quelqu’un qui s’efforce d’être lisse ? En gros, le con sensuel arrive à l’effet inverse que celui qu’il recherche : il n’est pas aimé, il indiffère, voire suscite un certain mépris.

Publié par Guillaume1712 à 11:36:37 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Le connard | 13 juin 2009

Classe : Méchant

Sous-classe : Connard

 

Le connard est un con qui aime dénigrer les autres, leur travail et leur valeur. Par définition, si c’est le connard qui l’avait fait/dit, ça aurait été beaucoup mieux que le résultat obtenu par les autres cons. Le connard aime regarder les autres ramer comme des cons (qu’ils sont), mais surtout il aime se moquer d’eux et il ne perd pas une occasion de critiquer et, quand c’est possible, de ralentir leur travail. Pour autant, le connard ne fait rien par lui-même. Sa seule capacité réside dans son incroyable don pour rabaisser les autres. Sa morgue est le seul pilier de son caractère et tant qu’il a du monde à opprimer, il peut s’élever socialement, bien qu’il ne soit qu’une coquille vide. Le connard semble apprécier la haine froide et le mépris qu’il suscite. Sa plus grande jouissance est de voir exploser le con plaisant, exploit dangereux mais suffisamment rare pour justifier les efforts du connard.

Publié par Guillaume1712 à 11:36:03 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Le con indécis | 13 juin 2009

Classe : Gentil

Sous-classe : Indécis

 

Ah ! L’indécis, mon préféré. Le con indécis, comme son nom l’indique, ne sait pas se décider. La perspective de devoir trancher une question, arrêter une date, s’engager sur un projet, le terrifie. Comme un enfant à qui l’on dirait « Tu veux un malabar OU un Kit Kat ? », on sent l’angoisse monter en lui, ses yeux roulent comme une bille de flipper sous l’effet de la réflexion, il tend la main, la retire, sa respiration se fait saccadée, il commence à transpirer, de petits gémissements désemparés jaillissent de sa gorge et finalement il fond en larmes, terrassé par l’impossibilité de prendre une décision. Le con qui a demandé l’avis de l’indécis a plusieurs choix (selon la sous-classe à laquelle il appartient) : consoler, rire, rester choqué, décider à la place de l’indécis ou s’énerver.

Le con indécis peut adopter une autre stratégie que les larmes pour décontenancer son adversaire : la technique du « laisser pourrir ». Elle consiste à déclarer que l’on a besoin de temps pour réfléchir, sans donner de délai particulier à la fin duquel le con demandeur pourra obtenir sa réponse. Le con indécis compte alors sur l’urgence de la situation et la lassitude du con demandeur, deux éléments qui amèneront celui-ci à cesser de solliciter l’indécis au bout de, mettons, six relances. L’indécis finit généralement par gagner, sauf face à un con buté (cf infra).

Souvent, le con indécis devient un con-nard (cf infra) lorsque le projet est finalement tout de même lancé sans l’accord et les conseils qu’il n’a pas souhaités donner.

Ces cons indécis sont très nombreux. Ils paralysent l’activité des cons qui essaient d’entreprendre des choses et font échouer des projets qui auraient pu permettre à l’espèce entière de passer au stade supérieur de l’évolution. Ces cons-là sont particulièrement exaspérant quand on est soi-même un con organisé, un con maniaque et/ou un con extrémiste, car oui, on peut cumuler les conneries comme les mandats politiques en France.

Publié par Guillaume1712 à 11:34:50 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Petit traité sur les cons | 13 juin 2009

Aujourd’hui débute une chronique qui durera le temps qu’elle durera (j’aime autant ne pas m’engager, qui sait, mon amour de l’humanité pourrait revenir en force et me faire abandonner ce projet pharaonique). Pharaonique, que dis-je, titanesque projet que celui de décrire la connerie humaine. Alors que les philosophes de tous temps s’attachent à chercher l’intelligence de l’homme, rares sont ceux à ma connaissance à faire un état des lieux de ce que nous apprenons bien vite, nous autres petits cerveaux : l’homme est stupide, désespérant, exaspérant. Pourquoi utiliser les comparaisons animalières (têtu comme une mule, bête comme un âne, aussi amorphe qu’une baleine échouée sur une plage – quoi, vous n’utilisez pas cette expression ? - , avec un caractère de cochon…) quand il suffirait de dire « humain » ?

 

Mais j’anticipe mon propos.

Par où commencer ? Il y aurait tant à dire… Puisque c’est moi l’auteur, j’impose ! J’accuse, aussi, mais nous verrons cela dans quelques lignes. Je parlerai donc des cons qui me font le plus chier (trêve de politesses) en ce moment, balayant les catégories par ordre décroissant d’exaspération.

 

Ah ! Un peu de taxonomie humaine. Pour ceux qui n’ont pas fait de terminale S, la taxonomie consiste à classer les êtres vivants dans des catégories en fonction de euh… tout un tas de critères. Enfin je crois. Mais bon si vraiment ça vous intéresse vous pouvez toujours aller sur une fabuleuse encyclopédie participative qui a pour but de remplacer peu à peu les connaissances de l’humanité par leur interprétation subjective. Quoi qu’il arrive la taxonomie n’a rien à voir avec la taxidermie. Encore que la seconde ait pu aider la première. Mais je m’égare. Ca commence mal (j’appartiens à la catégorie des cons digressifs – agressifs aussi mais si je me mets dans plusieurs tiroirs il va falloir que j’admette que je fais aussi partie des cons égocentriques et ça c’est… assez vrai - ). Bref je disais donc, classons !

 

Nous avons donc, dans l’histoire de l’évolution, la bactérie puis l’homme (je fais quelques petits raccourcis pour simplifier mon propos). Homo sapiens sapiens, l’homme qui sait qu’il sait. C’est beau. Mais sait-il que son voisin sait qu’il est con ? Tout dépend du regard qu’ils échangent le matin quand ils sortent les poubelles avant d’aller travailler. Ah mais je m’égare encore. Rebaptisons Homo Sapiens Sapiens et donnons-lui le nom fort peu latin de Homo Coninus. Une fois que nous avons opéré cette légère distorsion des connaissances scientifiques, plus rien ne nous retient : il est donc possible de dérouler le tapis de l’évolution pour répartir les humains dans des catégories socio… hum… des catégories. Mais attention, il ne s’agit pas d’établir une hiérarchie pouvant mener à des discriminations : « tous unis dans la connerie » doit rester le mot d’ordre principal de cette étude. L’espèce est encore trop jeune pour adopter un leitmotiv plus progressiste (« Dépassons notre connerie » ou « Sous les pavés, l’intelligence »).

 

Deux chemins s’ouvrent devant Homo Coninus : la connerie gentille et la connerie méchante. Les mécanismes naturels aboutissant au choix, délibéré ou non, de l’une ou l’autre de ces catégories restent mystérieux, d’autant qu’au cours de sa vie (voire même au cours d’un repas), Homo Coninus peut changer de classe, ce qui ne simplifie pas les choses. Chaque classe se ramifie en plusieurs sous-classes, que je présenterai séparément.

 

Ces préliminaires posés, je peux commencer. La liste n’est évidemment pas exhaustive.

Publié par Guillaume1712 à 11:30:29 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) |

Du nouveau (enfin presque) | 29 mai 2009

Que s’est-il passé ces deux dernières semaines, vous demandez-vous peut-être (qui sait, des fans pourraient consulter mon blog dès le petit déjeuner pour rire des petits malheurs quotidiens d’un Français perdu dans un pays qui exporte de la viande de rat –35 tonnes le mois dernier- chez son voisin vietnamien) ?

 

Rien de spécial.

Une révolution à noter, cependant : j’ai trouvé le remède absolu contre la poussière qui recouvrait ma vie d’un voile de désespoir et qui allumait dans mon œil frénétique une lueur meurtrière. Ce remède tient en neuf lettres : C-H-A-U-S-S-O-N-S. Arrêtez de rire.

Il y a deux semaines, j’ai eu une révélation : si je ne voulais plus que la poussière m’atteigne moralement, il ne fallait plus qu’elle m’atteigne physiquement. Je suis donc allé faire du shopping, pensant ramener non seulement des chaussons, mais aussi des sous-vêtements (pardon, mais si je raconte ma vie, autant vous donner tous les détails), des jeans et des chemises. Je suis revenu avec des tongs, des sous-vêtements (mais pas ceux que je voulais) et une serviette de toilette. Je n’y peux rien, fouiner dans les jeans et les chemises, c’est au-dessus de mes forces.

Mais bref, mes tongs sont devenues des chaussons et presque immédiatement, j’ai senti la sérénité m’envahir... à tel point que deux semaines après, je n’ai toujours pas refait le ménage. Je flotte à un centimètre du sol, et tant que la couche de poussière n’aura pas atteint cette épaisseur critique, je serai à l’abri.

Bon ok, j’avoue que j’attends que ma colocataire craque et s’occupe de la partie commune. Ça ne sert à rien de nettoyer ma chambre si le reste est toujours aussi sale : le phénomène des vases communicants s’appliquent aussi à la poussière. Mais apparemment ma colocataire est beaucoup plus résistante que moi, les moutons ne lui font pas froncer les sourcils, le fait de voir ses cheveux traîner partout ne provoque chez elle pas le moindre frisson, bref, c’est encore moi qui vais finir par m’y coller, comme d’habitude. Déjà, la semaine  après mon emménagement, quand je lui ai demandé si elle avait déjà balayé sous le tapis, elle a explosé de rire comme si c’était l’idée la plus absurde qu’elle ait jamais entendu, et effectivement quand j’ai regardé, j’ai constaté, à la couleur du carrelage (ou plutôt au fait qu’on ne voyait plus la couleur du carrelage), que ça ne lui avait jamais effleuré l’esprit. Le pire c’est que quelques heures après, elle a soulevé le tapis (elle ne m’avait pas vu nettoyer) et elle m’a dit, très fière : « You see ? It’s clean ! », comme si c’était Dieu qui protégeait cette zone du salon.

Donc je ferai le ménage hum… vendredi prochain. Ça me donnera une occasion de plus pour pester contre le pays et pour me promettre que plus jamais je ne vivrai avec une personne qui a les cheveux longs (et surtout qui les perd) dans un pays sans aspirateur.

A part ça, je suis équilibré, rassurez-vous.

 

Rien de palpitant ne m’est arrivé ces derniers temps : le spectacle de hip hop du week end dernier était profondément décevant, ne suscitant chez moi aucune émotion, contrairement au précédent, bien qu’évidemment je reconnaisse les qualités techniques nécessaires pour faire le robot pendant 30 minutes.

 

Dans un autre registre, j’ai croisé ce matin un camion Elle&Vire, et j’ai explosé de rire sur mon vélo tout en pensant avec un brin de nostalgie à la Normandie. Il faut vraiment être au Cambodge pour penser à la Normandie avec nostalgie, c’est même typiquement le genre de sentiment que je n’aurais jamais cru imaginable.…

 

Au niveau du stage, je m’en sors plutôt bien, j’ai terminé le « premier jet très incomplet », il ne reste qu’à le peaufiner, l’illustrer, l’organiser… et à rédiger une partie économique susceptible de satisfaire ma professeur-tutrice, sans quoi j’aurai passé six mois ici pour ne même pas avoir mon diplôme. En parlant de diplôme, j’ai aussi appris tout récemment que j’aurai la joie et le bonheur de passer un rattrapage en septembre, comme 9 de mes 12 camarades de spécialité. La nouvelle n’est pas extraordinaire en soi, nous étions tous parfaitement conscients d’avoir lamentablement échoué à ce partiel (même si nous ne nous attentions pas à des notes allant de 2 à 7 sur 20), mais elle nous a tout de même fait un choc : devoir bachoter à nouveau une matière (très rébarbative pour moi) dès le retour ou, pour certains, en même temps que leur stage, ne faisait pas partie de nos projets. Enfin… L’aller-retour à Rennes me donnera l’occasion de faire fonctionner ma carte 12-25 et de cumuler des points Smiles… Il faut toujours voir le bon côté des choses, non ? Il ne me reste plus qu’à me rappeler l’endroit où j’ai mis mes cours, en espérant que ce ne soit pas dans une poubelle…

 

Autre nouvelle, je me rends compte que les factures pleuvent avec régularité dans le monde des adultes, et que la seule surprise est leur montant : 71 dollars d’électricité au mois d’avril (contre une cinquantaine le mois précédent), autant pour Internet en mai (et encore, là ce n’était QUE le dépassement, l’abonnement coûte 59 dollars par mois, donc 130 dollars par mois pour le net, vous avouerez que ça fait un peu mal par où ça passe)… On attend l’eau qui, avec 5 dollars maximum pour deux mois, devrait nous redonner un argument pour dire que la vie est bon marché au Cambodge… quand on vit dans un confort minimum.

 

Ah, je tiens aussi à signaler que mon caractère empire. Avant, je ne me mettais à insulter les gens que quand j’étais au volant d’une voiture. Maintenant, ça fonctionne aussi quand je montre sur un vélo. Dans un pays où personne ne me comprend, ça passe, mais il va falloir que je perde rapidement cette habitude à mon retour si je veux garder mes os intacts. Avant, quand je roulais, s’il arrivait quelque chose induisant un freinage d’urgence, je me considérais toujours comme coupable. Désormais, je n’ai plus le moindre scrupule à rejeter tous les fautes sur les autres. Ce matin, j’ai grogné « P*t*in espèce de conn*rd tu peux pas faire gaffe à la priorité à droite b*rd*l ?! ». Je me suis rendu compte que c’est moi qui lui avais grillé la priorité et j’ai donc corrigé « Ouais de toute façon ici ça n’existe pas, la priorité à droite, espèce de chauffard, quand un vélo s’engage tu le laisses passer, m*rde, tu crois que tu me fais peur avec ta Lexus de contrebande ?! ». Je suis donc en train de devenir l’archétype du gars à cause de qui on a créé les journées « Politesse au volant ». En même temps, ça ne fait de mal à personne et ça défoule tellement…

 

 

Voilà les nouvelles. Je n’épilogue pas sur le moral qui, fidèle à lui-même, joue au yoyo avec une frénésie épuisante. Il devrait être très bon la semaine prochaine.

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 15:08:14 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (1) |

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