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Aujourd’hui, j’ai bossé seulement le matin, et ça, j’aime bien.
A midi, Borin m’a emmené à l’Université Royale d’Agriculture. Elle est à une dizaine de kilomètres du centre ville de Phnom Penh, à peu près sur la route de Sihanouk. On a mangé avec des amis (francophones) de Borin dans un restaurant où ils aiment bien aller. J’ai goûté du poisson séché, et mis à part le goût de poisson séché, c’est une nourriture tout à fait acceptable. J’exagère, ça n’a pas mauvais goût. Bon par contre j’ai toujours autant de mal à progresser en khmer, je ne retiens rien…
Après le repas on est aller visiter le site S-21, l’équivalent khmer d’Auschwitz : c’est le principal site d’exécution utilisé par les Khmers Rouges sous le régime de Pol Pot. Aujourd’hui, une grande tour (style pagode) remplie de crânes des victimes et de quelques vêtements domine le site où les fosses communes ont été mises à jour : il reste les trous et quelques tas d’ossements devant certaines.
Les trois jeunes Khmers qui étaient avec moi discutaient comme si de rien n’était, riaient et n’avaient baissé d’un ton qu’à cause des panneaux « Be Quiet ». Absence d’intérêt ou stratégie pour cacher le malaise ? Je ne sais pas vraiment, mais c’est assez choquant. Je ne me sens pas vraiment concerné par les agissements de Pol Pot et je ne suis pas du tout sensible aux drames du passé, donc cette visite ne m’a pas vraiment bouleversé, mais j’aurais pensé que les Khmers de ma génération marqueraient plus de respect pour une histoire qui a touché leurs parents et les grands-parents.
Après cette visite, nous sommes allés à l’URA. Borin a discuté une demi-heure avec sa prof française, j’ai pu voir ce qui leur tient lieu de labo (et ça fait mal au cœur de voir le manque de matériel dont ils disposent) puis il m’a fait faire le tour de la ferme expérimentale animale (en moto, donc je n’ai pas vu grand chose) avant de se poser avec des amis. Un de ses camarades, agronome, m’a emmené voir le riz pour m’expliquer comment ils fonctionnaient : irrigation, fertilisation… Ils font aussi pousser des tomates (sous serre) et des haricots, entre autres. C’était intéressant de discuter avec lui et ça confirme que je préfère les plantes aux animaux. Par contre, passer une demi-heure sans casquette en plein soleil à 15h, c'est mauvais.
Au retour, Borin m’a montré des champs de liserons d’eau, baignés par les eaux usées de Phnom Penh. J’éviterai d’y penser quand je remangerai du liseron d’eau. Entre la qualité de la viande qu’on voit étalée en plein air sur les marchés et la toxicité de l’eau qui sert à irriguer les cultures et abreuver les animaux, on finit par se demander comment la moitié de la population n’est pas encore malade. L’adaptation doit certainement y faire…
De retour chez moi, j’ai assassiné plusieurs dizaines de fourmis qui avaient eu la bonne idée de s’attaquer à de la nourriture que j’avais (stupidement) laissé sur mon lit. Ensuite, direction le supermarché pour refaire un plein de nourriture, acheter des cintres, de l’insecticide et d’autres produits d’entretien. Il me faut toujours un séchoir à linge et un vélo, c’est la mission de demain…
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 13:25:16 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (1) | Permaliens
Ces derniers jours, rien d’extraordinaire au bureau et à l’extérieur. La principale nouvelle du jour c’est que j’ai vu une piscine. J’ai étouffé un sanglot : je ne pouvais pas y aller. C’est celle de l’hôtel Le Royal, entre l’Ambassade de France et celle des Etats-Unis. J’irais bien leur demander si on peut l’utiliser même en n’étant pas client…
En attendant j’enchaîne les douches froides et je laisse l’air ambiant me sécher, ça me donne une demi-heure de fraîcheur à chaque fois. Quand je pense qu’il y a encore un mois il était inconcevable que je prenne une douche à moins de 40 degrés…
Ah oui, ce week end je pars en expédition avec 600 étudiants francophones, visiter un temple et faire un pique-nique, puis la sieste, puis voir (ou participer) des danses et jeux khmers. Ça va être sympa.
A part ça, Borin m’emmène demain visiter son université et me présenter une de ses profs, française et qui a 24 ans. Il a une idée derrière la tête et ça me fait beaucoup rire. S’il savait !
Ce fut bref, mais la routine s’installe, il faudra attendre les week end pour que ma vie s’anime.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 14:13:38 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
Encore une journée à Phnom Penh. J’ai déménagé hier soir (en tuk tuk, merci à lui !), je suis maintenant beaucoup plus près de l’ambassade qu’avant. J’y suis allé à pied ce matin, ça prend vingt minutes. A 8h, il fait déjà presque trop chaud pour marcher autant…
La journée s’est écoulée tranquillement, avec une matinée consacrée à la lecture du Monde et un après-midi dédié à la définition du plan d’attaque de l’étude que je dois coréaliser. Mon stage a donc réellement commencer et s’annonce comme prévu tout à fait exaltant, avec quelques sorties sur le terrain et un nombre presque incalculable de rendez-vous à prendre et d’entretiens à faire.
Le midi j’ai mangé avec Borin en regardant les clips sublimes accompagnant les chansons si envoûtantes de la pop khmère, racontant en gros « Oh bébé mais pourquoi tu en regardes un autre alors que je suis trop beau ». Bref, c’est pareil qu’en Occident, sauf qu’à mes oreilles ça sonne encore moins bien. Mais au moins c’est drôle. On a aussi parlé famille, puis filles (les Khmers trouvent les Occidentales trop grosses), puis il m’a fait traversé le Tonlé Sap (l’une des rivières baignant Phnom Penh) pour m’amener dans une pagode. Ce n’est pas la plus belle de la ville, mais ça force quand même le respect. En tant qu’impie, je ne me sens jamais à ma place dans les lieux de culte, et ici je sais que ledit lieu sert vraiment, alors qu’en France on y voit plus souvent des touristes que des croyants, donc le « malaise » (c’est un peu trop fort, comme mot) est d’autant plus grand. J’ai profité du voyage pour me rendre compte qu’il y a des vaches à l’intérieur même de la ville, sur les berges du Tonlé Sap…
Le soir, retour à la maison après un crochet par le distributeur automatique et avant une expédition au supermarché pour acheter les denrées de base. J’ai trouvé du pseudo cacao, je tente demain et je crains le pire. Le lait a l’air vrai, par contre (et au prix qu’il coûte, j’espère qu’il l’est…). Deux semaines sans produits laitiers, ce n’est plus tenable ! :p
Et là, je viens de réussir à mettre la climatisation en route. L’eau chaude reste en revanche un mystère impénétrable, mais de toute façon c’est facultatif.
Ah et à part ça je pense que ma relation avec ma nouvelle colocataire va être des plus banales. On verra ce week-end si elle aime sortir, mais pour le moment je n’ai rien à lui dire et elle non plus. D’autant qu’apparemment mon anglais a périclité vu qu’elle répond « Yes » quand je lui demande depuis quand elle est ici et « Not in Germany » si je lui demande si elle est déjà allé à la plage à Sihanoukville… J’ai pourtant l’impression d’articuler…
Bon elle est sympa, mais voilà, pour l’instant je n’ai pas encore explosé de rire avec elle. Et j’aime bien vivre entouré, donc là, à deux, on verra comment ça se passe.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 15:41:23 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (2) | Permaliens
Aujourd'hui, après quelques jours sans rien de passionnant, je suis enfin allé sur le terrain. Au programme, visite de la plus grosse ferme bovine du Cambodge (qui fait aussi du poulet, des noix de coco, des orchidées et j'en passe) et d'une assez grosse ferme porcine.
Ca fait infiniment plaisir de quitter la ville, de voir de la verdure, de l'eau, des vaches, des poules et des cochons. Je ne suis peut-être pas citadin, finalement. Les gens qu'on a rencontrés étaient tout à fait charmants, les élevages d'une propreté qui n'a rien à envier aux nôtres (certes, ils ne sont pas forcément représentatifs de tous ceux du pays), et puis c'est quand même beau, une vache. Je n'avais jamais vu de mes yeux les variétés « tropicales » (Brahmin, Araya...) et elles sont canons. Les cochons étaient les mêmes qu'en France (je ne m'avancerait pas sur l'espèce, j'hésite entre deux et les puristes le prendraient mal).
Mais bref, ça fait du bien de passer une journée à cahoter sur les routes défoncées du Cambodge et de voir autre chose que des maisons coloniales et des bidonvilles. Les maisons sur pilotis sont adorables, ça donne envie d'aller faire la sieste dessous avec les locaux.
En gros j'espère pouvoir encore faire des dizaines de journées sur le terrain pour découvrir ce pays autrement que par sa capitale. Donc bientôt il y aura ici un message pour dire à quel point les voyages en bus sont un enfer, mais à quel point c'est beau la campagne cambodgienne.
Le soir, on est allés manger dans un restaurant khmer tenu par un O NG (pas la même que la dernière fois).
Et...
J'ai goûté...
Les tarentules frites.
Avant de me lancer, je me disais que je n'aurais jamais le courage, mais une fois que le plat est là, qu'on voit que les araignées ne font pas trente centimètres de diamètre et qu'un autre Français se lance en premier, tous les doutes disparaissent.
Et sincèrement, c'est super bon ! Je retenterai, sans problème. Ça n'est pas vraiment comparable avec quoi que ce soit d'autre, c'est salé, croustillants et... hum, ça se mange aussi bien que des cacahuètes. Bon ok, peut-être pas dès le premier soir.
Les autres plats étaient bien sympathiques aussi, chacun piochait dans l'assiette commandée par les autres, ce qui a permis d'en découvrir pas mal. Je peux donc dire que la cuisine khmère, c'est savoureux. Je n'adhère pas à toutes les sortes de prahoc (pâte de poisson) ni au dessert à base de banane dans sa croûte de riz (on mange déjà du riz avec tout le reste, pitié, pas au dessert en plus), mais à part ça, tout baigne.
Voilà, de retour et prêt à aller bosser et à déménager demain.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 16:33:25 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
Aujourd'hui, c'était relâche. J'ai bossé le matin sans être trop violent. A midi j'ai mangé avec les deux VIA de l'ambassade et le copain de l'une d'elles dans un restaurant qui propose un buffet à volonté pour 4 dollars (il s'agit d'un établissement tenu par une ONG qui forme des jeunes à l'hôtellerie). Je suis revenu au travail à 14h30 au lieu de 14h, pour repartir immédiatement avec le chauffeur de la Mission pour prolonger mon visa. Ca nous a pris 1h30. Le service de l'immigration est près de l'aéroport, mais la route est assez fréquentée. J'ai profité du trajet pour me rendre compte d'une chose qui m'avait déjà intrigué sans que je m'en aperçoive : ici il y a un nombre tout simplement ahurissant de dentistes. Là où nous avons des boulangeries et des coiffeurs, ils ont des dentistes. Et effectivement les sourires qu'on croise dans la rue sont nickel.
Le Bureau de l'Immigration est tenu par une vieille femme sèche sans la moindre once d'humour, mais au moins le dossier a été vite expédié. On est restés dans la pièce à peu près 1 minutes 30, mon passeport sera prêt demain ou après-demain.
De retour au bureau, après avoir pu apprécier d'être passager dans une voiture climatisée immatriculée « Convoi Diplomatique » mais conduite « à la khmère », je me suis remis au travail, jusqu'à 17h30, où je suis parti pour rencontrer le propriétaire de mon futur logement. Bon il est sympa, il va se renseigner pour Internet et je peux emménager dès dimanche (sauf que dimanche je bosse, donc ce sera lundi).
Retour chez Julie, qui partait pour une espèce de dîner d'affaires avec un membre du Rotary Club de Phnom Penh, je suis donc resté tout seul à tenter de trouver quelque chose d'intéressant à la télé. J'ai finalement scotché sur « La Planète des Singes » en VO sous-titrée japonais, j'avoue avoir eu un peu de mal. Heureusement que je l'avais déjà vu.
Voilà, j'ai hâte d'être « chez moi », le petit contretemps (j'espérais emménager samedi) me saoule un peu mais ça passera vite. J'aimerais surtout faire des nuits complètes et j'ai hâte d'enfin utiliser ma moustiquaire, parce que depuis hier j'ai été déclaré comestible par les moustiques cambodgiens et que depuis ils s'en donnent à cœur joie.
Bonne nuit à tous !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 17:33:10 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
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