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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

C'est dur de trouver des titres, hey ! | 30 mars 2009

Dimanche, après un réveil à peu près naturel vers 7h du matin et deux bonnes heures à me prélasser dans mon lit (pendant que le plombier répare l’évier, j’ai même réussi à comprendre qu’il comptait changer les joints, vive le mime), je pars en quête d’un rasoir. J’en ai vu UNE fois ici, je me dis donc qu’il vaut mieux faire un stock. J’entre dans un magasin, et je me rappelle un peu tard que ce n’est pas dans celui-là que j’avais croisé Gilette. Je tourne vingt minutes dans la boutique et finalement, ô miracle, j’en trouve. Mission accomplie.

 

Je me dirige ensuite vers le marché Orussey pour acheter des fruits. Encore une fois, j’entre du côté des poissons. Dommage. Je fais le tour des stands et je ressors sans rien acheter. Je ne connais pas les prix du marché et je sens gros comme une maison que je vais me faire arnaquer, ça me démotive complètement. En plus de ça, la plupart des fruits exposés me sont totalement inconnus. Va falloir que je demande conseil à mon collègue.

 

Retour à l’appartement, où la chaleur m’assomme. En plus de ça, je dois lire un rapport de 200 pages pour le rendre le lendemain, et je ne l’ai pas encore ouvert. J’y consacre donc 4h, avant de faire une sieste.

 

18h arrivent et je pars en vélo au Centre Culturel Français. Je laisse ma fenêtre ouverte dans l’espoir que l’air frais entre. Au CCF, je retrouve des gens que je connais et on s’installe pour le concert de Siméo, un Français « qui fait des boucles ». En gros, il est seul en scène avec plusieurs instruments (une feuille de papier étant un instrument), sa bouche, ses doigts et pas mal d’électronique, il crée des rythmes qu’il enregistre en direct puis il les fait tourner en boucle et joue et chante par-dessus, si bien qu’on a l’impression d’avoir tout un groupe, voire une chorale. Le concept est assez original, j’ai eu du mal à entrer dedans, mais finalement j’ai adoré. Le gars a de l’humour (en même temps, vu la taille minuscule de la salle et le public clairsemé, ça valait mieux) et du talent, même si ses textes sont parfois un peu… hum… gentils. Parfois, hein.

 

Ensuite, retour au bercail, repas, lessive… Une vérité quasi-universelle se rappelle à moi : les insectes aiment le blanc. Une colonie de pucerons à profiter de ma fenêtre ouverte pour s’installer sur mes draps. « Bon, ce ne sont que des pucerons », pensé-je innocemment. Une première piqûre dans le dos ne me met pas la puce à l’oreille (ben non puisqu’elle est dans le dos)(pardon). La deuxième piqûre touche ma main. En baissant les yeux je comprends que les pucerons cambodgiens sont carnivores.

En plus de ça, j’ai ramené de la nourriture de la cuisine. J’en mange un peu, je pose le paquet sur le lit et quand je regarde à nouveau, je vois une trentaine de fourmis. Ce qui signifie 1) que j’ai mangé des fourmis et 2) qu’il faut vraiment que je trouve des boîtes hermétiques. C’en est trop. Pucerons, passe encore. Fourmis, j’accepte. Mais les deux sur mon lit et/ou dans mon estomac, non. Pour une plus grande rapidité de traitement, je sors ma bombe insecticide. C’est efficace. La sérénité m’envahit. Je nettoierai quand même les draps demain.

 

Après cette lutte épique, je me couche enfin.

 

 

Lundi, je commence la journée en me perdant. Je finis par retrouver la route des locaux de l’association à qui je dois rendre le rapport lu hier. J’arrive à mon propre bureau en sueur après 45 minutes de vélo, tout baigne (c’est le cas de le dire). Je commence à peaufiner le plan de mon étude, pour pouvoir orienter mes questionnaires plus précisément à l’avenir.

 

A midi, je rentre chez moi.

J'en profite pour me prendre ma première amende :
*Traverse le carrefour comme tous les gens le font : n'importe comment*
*Sifflement et policier se mettant au milieu de la route*
Et merde...
*Regard autour pour voir si c'est bien pour moi.*
Et merde...
*Arrêt et grand sourire*
- Hello !
- fîbzefeguvohfreçgyuub (traduction : gare-toi et viens par là)
*Exécution*
- American ?
- Bien sûr, et puis quoi encore ! French ! Barang !
*Sourire du policier*
- eàgjjfegubpvtrà (explication de mon infraction)
- I don't understand.
- bzînaigkvneghàegb
- Ouais mais je ne viens pas d'ici, je viens de là-bas, regarde.
- tgbzbejbev
- Nan mais c'est bon j'ai bien compris que tu voulais me baiser.
- How much ?
-  How much ? Tu rigoles ? Official price, nanmého !
- Five dollars.
- Mais bien sûr, prends-moi pour un con. A té a té ! (non) Moy dollar ! (un dollar)
-  A té a té a té ! Five dollars !
- Tu rêves je te dis. Moy !
- Aaaaah, friend price, bôn dollars ! (quatre)
-  A té a té !

Finalement je m'en suis tiré pour deux dollars. Se prendre une amende à 50m de chez soi, ça fait un peu chier, même pour deux dollars. Mais bon c'était drôle, j'aurais pu tomber sur un gros con.

Je pense que c'est un mauvais plan de répondre "Yes" à "American ?", j'ai vu dans ses yeux qui réévaluait le montant de l'amende quand j'ai dit "French".

 

Voilà les news. L'après-midi n'a rien eu d'extraordinaire. Ah, juste, un truc qui me fait bien rire ici : les plaques d'immatriculation "CD"... sur des scooters. Je n'avais jamais vu ça. D'ailleurs ici il y a un nombre impressionnant de plaques spéciales : CD, OI (Organisation Internationale j'imagine), ONG, State, Army, National Assembly, Government, Police, il n'y a qu'à faire son choix. Et sur les routes, on voit deux types de voitures: la Nissan Camry (enfin je crois que c'est nissan) et les énormes 4x4 et pick-up Lexus. Ce n'est pas vraiment le pays où on pourrait s'attendre à voir ça, c'est assez perturbant, d'autant qu'on n'en croise pas une ou deux par jour, mais plutôt une centaine... Pour certains, c'est l'investissement d'une vie, pour d'autres... On va dire que certaines poches ne sont pas remplies que par les fiches de paye.

 

Bref...

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 13:28:00 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) |

Vis le soir, mais pas trop tard ! | 28 mars 2009

Alors, où en étais-je ?

 

Jeudi, deux rendez-vous, dont un au Ministère de l’Agriculture. J’ai donc dû me résoudre à enfiler mon costume et, pire, une chemise à manches longues. Si un jour j’accède à de hautes fonctions, je laisserai mon staff s’habiller comme il veut et je viendrai moi-même en short, surtout si c’est au Cambodge. Ces conventions vestimentaires sont vraiment absurdes.

Les rendez-vous étaient intéressants, la journée pas très remplie.

Le soir, je me suis remis en short avec délectation puis je suis parti en quête de Romain, un illustre inconnu jusqu’à la veille au soir, quand je reçois un mail disant en gros « Salut, je suis à Phnom Penh pour quelques jours, ça te dit qu’on se voie ? ». Bien sûr que oui ! Je trouve sa guest-house, il descend et nous nous posons dans un bar un peu plus loin. J’exerce mon khmer de survie en demandant un pichet d’Angkor Beer et ça fonctionne (bon ok, Romain fait les gestes en même temps, ça aide aussi). Romain me raconte sa vie itinérante l’été, de festival en festival pour vendre ses créations et ce qu’il achète pendant sa vie itinérante l’hiver dans les marchés d’Asie. Je ne suis pas persuadé de pouvoir adopter ce mode de vie, mais ça doit être assez génial. Du coup il me parle d’autres pays d’Asie et des différences avec le Cambodge, c’est instructif.

 

Après le bar, je l’emmène (non sans me paumer) au Romdeng, un restaurant tenu par une ONG qui forme les enfants des rues aux métiers de la restauration (hum je crois que j’ai déjà écrit mot pour mot cette explication quelques messages auparavant). Je me rends compte qu’il y a une piscine. Je ne l’avais pas vue la dernière fois. On s’assoit juste à côté. Dur… :p

La cuisine est excellente, mais bon ça n’est pas un scoop.

On finit par rentrer, assez tôt (d’un point de vue français). J’ai passé une soirée bien agréable, c’est assez marrant de rencontrer quelqu’un d’aussi différent et dans ces circonstances-là.

 

 

Vendredi, encore un rendez-vous au Ministère l’après-midi, mais cette fois je feinte : jeans-tongs le matin, et le midi je rentre me changer et j’en profite pour manger chez moi. Le break fait du bien. Le rendez-vous au Ministère est… comment dire en restant poli… totalement inutile. Il aurait pu être intéressant si le gars qu’on a vu avait été d’accord pour coopérer. Là j’avais juste l’impression d’être en face d’un mur. Je sais que la barrière de la langue ne m’aide pas, même si je fais au moins l’effort de déballer les trois mots (pertinents hein, je vais pas dire « doigts » ou « canard » juste pour le plaisir) que je connais à chaque fois histoire de détendre l’atmosphère, mais là même mes deux collègues khmers n’ont rien pu tirer de lui. Dommage, le point de vue de ce bonhomme m’aurait été utile.

 

Mais qu’importe, c’est vendredi soir, et c’est le week end ! Je me change, j’expédie les courses rapidement et j’appelle Julie pour savoir si elle a quelque chose de prévu ce soir. Resto ? Parfait ! Tout de suite ? Ah ouais… Je me mets en route, content d’utiliser mon vélo, et je trouve la rue sans problème. Le numéro, par contre… Je croise une bande de jeunes qui me regardent passer dans un concert de rires et de « Hello ! ». Deux cents mètres plus loin je fais demi-tour. Je trouve enfin le restaurant, Del Gusto, dans un grande maison de style colonial. Je retrouve Julie et Aurélia, toutes les deux complètement nazes après une semaine de terrain. Elles me racontent leurs déboires, j’explose de rire toutes les deux minutes. Le repas arrive, il est assez vite avalé, on reste encore un moment, puis chacun rentre chez soi.

Katherine est dans sa chambre, habillée, maquillée, prête à sortir en boîte. Elle me demande ce que je compte faire. Ben rien. Je ne me sens pas l’âme d’un clubber ce soir. Je vide une demi-bouteille de soude dans ma douche pour tenter une énième fois de la déboucher, et je quitte la salle de bain. L’avenir dira que la réussite de l’opération ne fut que partielle…

 

 

Samedi, 6h pétantes, un tonnerre de percussions résonne sous ma fenêtre. « Oh putain me dis pas qu’il y a un mariage à la pagode dès 6h ?! » Si si. Pendant une heure et demi je subis les gongs et autres tambours. Quand finalement ça cesse, j’ai perdu tout espoir de profiter de ma grasse matinée.

Je me lève, je déjeune et je vais m’acheter un casque de vélo. Ensuite je pars en quête du TNT qui est à peu près à 200m de l’ambassade et que je vois donc tous les jours. Aujourd’hui, j’arrive à passer devant sans le voir. On va dire que c’est la faute de ma grasse matinée avortée. Je tends le livre que je dois rendre à la bibliothèque de l’école depuis deux mois au guichetier. Il me demande si je veux le tarif normal, qui prend un mois, ou l’express, qui met trois jours. Je choisi l’express. Ça me fera 97 dollars. Pardon ? Oui oui, 97 dollars. Je paie stoïquement en serrant les dents. Ça m’apprendra à ne pas rendre mes livres à temps. Heureusement qu’il n’y en a qu’un. Je pense après coup que j’aurais mieux fait de dire à la documentaliste de racheter le livre et de m’envoyer la facture,  parce que payer 80 euros pour envoyer un livre qui en vaut 20, c’est juste stupide…

 

Au retour, cruelle démotivation. Il fait trop chaud pour sortir. Pour déculpabiliser, je me lance dans l’entreprise harassante qui consiste à faire le ménage. J’utilise le balai de paille réglementaire pour la première fois de ma vie. C’est assez inefficace. Je rêve d’un aspirateur. Après avoir balayé toute la baraque (y compris sous le tapis du salon, ce qui n’avait apparemment jamais été fait), je sors la serpillière. L’eau noircit à vue d’œil, c’est désespérant. Katherine termine le salon et s’occupe de la terrasse. Ça me va.

 

L’après-midi passe, le proprio aussi (l’évier fuit), puis je tente de trouver le festival de cirque itinérant qui donne une représentation à Phnom Penh ce soir. Je ne le trouve pas (je suis moyennement motivé de tout façon) et à la place je fais une heure de vélo dans la ville… Un peu masochiste.

Retour à la maison, repas, douche, et me voilà.

 

Bon, voilà quelques pensées et observations générales pour clore ce billet :

-         les cahots de la route sont en train de dévisser mon vélo : j’ignore comment tient le panier devant le guidon, j’ai déjà dû revisser (à la main…) mon feu et la dynamo qui va avec, bref je sens gros comme une maison qu’il va falloir que je trouve des clés pour resserrer tout ça, et je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où je peux dénicher ça. Et vas-y pour demander ça en khmer…

-         la poussière est un fléau. Ceux qui me connaissent savent que j’ai des tendances maniaques. Ici c’est une vraie thérapie par le mal : soit tu t’acharnes jusqu’à craquer nerveusement, soit tu passes un coup de balai et tu t’auto-persuades que c’est propre. Je suis dans la situation intermédiaire : je passe un coup de balai et je craque nerveusement. Bon je plaisante hein, mais c’est vraiment décourageant.

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 16:08:02 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) |

Heureusement ça remonte vite. | 25 mars 2009

Après le lundi coup de blues, il me fallait un mardi sympathique. Ce fut le cas : premier vrai rendez-vous dans le cadre de mon stage avec un gars très intéressant, reste de la journée pas vraiment passionnant mais supportable et en milieu d’après-midi, Stéphanie (VI qui bosse un étage au-dessus de moi) m’annonce que ce soir on accueille les nouveaux Volontaires Internationaux au Dodo. Ca tombe bien, je n’avais pas envie de me morfondre.

Je rentre donc tôt à l’appartement histoire de me mettre enfin en short et en sandale, d’acheter de l’eau et de me réhydrater, et c’est parti.

J’hésite : vélo ou pas vélo ? Hum, si j’y vais en vélo mais qu’on change de bar en cours de route, je n’arriverai pas à suivre toutes les motos. Si j’y vais à pied et qu’on bouge, je pourrai toujours squatter un porte-bagage mais je risque aussi d’avoir un chemin encore plus long à faire pour rentrer. Dilemme.

J’y vais à pied finalement, me rendant compte un peu tard que c’est plus loin que dans mon souvenir. Me voilà au Dodo, deuxième arrivé. Je m’installe avec Perrine « à l’intérieur » et les autres nous rejoignent petit à petit. Tour de prénom, tour de « profession », on commande à boire et on discute. Je suis le seul garçon pour le moment. Hum. Cette fois je n’y suis pour rien. Finalement d’autres gars, dont un seul « nouveau » (c’est-à-dire présent depuis moins d’un mois), arrivent. Je suis sauvé.

Tout le monde est sympa, ça fait plaisir de sortir un jour de semaine et de voir du monde. J’arrive même à parler, c’est incroyable. Il y a des propositions d’activités dans l’air, il faudra creuser ça.

On mange sur place, un plat réunionnais pour moi (rousgail ? de la saucisse un peu épicée coupée, du riz et des haricots noirs, c’est pas mauvais du tout !), puis le bar commence à se dépeupler.

 

J’y vais aussi, repartant à pied dans les ruelles sombres en sifflotant. Ici je ne chante pas, je ne suis pas encore assez à l’aise, et puis il y a des gens qui dorment dans leur tuk tuk ou dans des hamacs dehors, je ne veux pas déranger. Arrivé devant le parking au-dessus duquel se trouve mon appartement, je vois que la grille est fermée. Le moment de vérité approche : la clé que m’a copiée Katherine ouvre-t-elle le cadenas ? « I’m not sure it’s the good one », m’a-t-elle dit. Je tente ma chance. Echec. Aïe. Je retente. Ça fonctionne. Pfiou. Je peux donc rentrer chez moi. Il est à peine 23h mais je suis quand même claqué.

 

 

Mercredi, nouveau rendez-vous le matin, intéressant aussi. A midi, je mange à nouveau avec Borin et je savoure un plat de porc presque sans légume et avec plein de graisse (la couenne), que ça fait du bien de sortir un peu du diététique ! Ensuite nous partons pour la « campagne », à une quinzaine de kilomètres de Phnom Penh, pour visiter un centre de recherche sur les productions végétales. On roule sur des routes totalement défoncées en slalomant entre les vaches, les poules et les nids-de-poule, j’adore ça. Par contre la poussière est assez désagréable, mais on s’y fait. Et quel plaisir de redécouvrir des choses dont on oublie l’existence à Phnom Penh : la fraîcheur (tout est relatif, bien sûr) et le vent ! On arrive finalement dans ce centre de recherche, juste à l’heure. Je vois du riz, des mangues, des tomates… c’est vraiment officiel, je préfère les plantes aux animaux. Le responsable qu’on rencontre est très sympa, on arrive à plaisanter, le rendez-vous est très instructif et la visite du site également. J’en profite pour bronzer, ça ne gâche rien. Après un petit crochet par le centre documentaire où la documentaliste m’a fourré dans les mains trois pavés sur la génétique végétale, comme si j’aurais le temps de tout compulser en dix minutes, puis a discuté un moment avec moi en français après m’avoir pris pour un Australien, nous sommes repartis pour Phnom Penh, sur les mêmes routes défoncées mais cette fois-ci humidifiés et donc non plus poussiéreuses mais boueuses (c’est mieux, si si : la boue n’atteint pas les yeux).

 

Voilà les nouvelles ici.

Demain, je m’habille classe pour le Ministère de l’Agriculture. Dur : classe veut dire chaud.

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 16:48:55 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (1) |

Il y a aussi des bas... | 23 mars 2009

Lundi, coup de blues. Fatigue, démotivation devant l’ampleur de la tâche, journée sans intérêt, chaleur écrasante, envie de fraîcheur, de mer (même celle qui fait 15 degrés à Concarneau), de Français et d’euros. Ouais, c’est totalement idiot, mais vivre en dollars me déprime : premièrement tout paraît plus cher, et deuxièmement ça montre l’emprise des Etats-Unis sur la vie quotidienne de millions (milliards ?) de gens.

La bonne nouvelle du jour ? Je cherche. Ah oui, j’ai revu une des biches et j’ai également pu mieux voir les écureuils de l’ambassade : ils sont gris avec une queue argentée (enfin plus blanche que le reste). Dans les points positifs, j’ai aussi trouvé un équivalent du Destop pour déboucher ma douche. Enfin ce sera une bonne nouvelle quand ça fera effet. L’autre bonne nouvelle c’est que je mets juste dix minutes en vélo pour aller à l’ambassade… c’est-à-dire que je vais aussi vite qu’une moto dans les embouteillages phnompenhois (Word ne connaît pas ce mot et me propose « pneumectomies » et « pneumopathies », ça me fait beaucoup rire).

 

A part ça, vraiment, j’aurais bien passé la journée au lit sous mon ventilateur, ou sur le balcon (en compagnie du cafard écrasé que ni moi ni ma coloc n’avons encore balancé par-dessus bord).

 

Demain il faut absolument que j’aille au Centre Culturel Français pour prendre une carte de bibliothèque, pour au moins occuper mes soirées pendant la semaine. D’ici là je vais tenter la musicothérapie à ma façon : c’est parti pour Michael Jackson. Il va vraiment falloir que je dégotte de la musique qui bouge, c’est la dèche en ce moment… En plus j’ai plein de place pour danser dans ma chambre, ce serait dommage de ne pas en profiter.

Ca ira mieux demain.

 

Bisous à tous ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 15:22:46 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (5) |

Vive la Francophonie :p | 22 mars 2009

J’ai passé un très bon week end, avec un samedi très cher et un dimanche riche en découvertes.

 

Samedi, après une mini-grasse-matinée et une heure à traîner au lit, j’ai finalement décidé de bouger. Direction Sorya, l’énormissime centre commercial situé à proximité du Marché Central et donc de chez moi. J’ai erré pendant une bonne heure dans les 6 étages du magasin, en quête d’un séchoir à linge, que j’ai finalement trouvé. Je n’avais pas d’argent pour le payer (25 dollars… j’aurais pensé que ça coûterait deux fois moins mais bon) donc j’ai redescendu quatre étages pour trouver un guichet, avant de remonter autant de marches pour finalement acquérir cette merveille de technologie qui me permettra d’étendre toutes mes chemises mouillées ailleurs que dans mon armoire.

 

Après avoir ramené ça à l’appartement, je suis reparti, cette fois-ci avec dans l’idée d’acheter un vélo. On m’a dit « Va au marché Orussey », je suis donc allé au marché Orussey. Je suis entré dedans (c’est un marché couvert) par l’aile réservée aux poissons et fruits de mer. La première impression a donc été relativement mauvaise. L’odeur n’était pas ammoniaquée, mais elle était très… piscicole. Après un détour par les tissus, je me suis perdu dans les fruits, puis les moteurs, pour finalement me rendre compte que vu la largeur des allées, il était inenvisageable de trouver un vélo dans le marché Orussey. Je suis donc sorti pour en faire le tour, et je suis tombé sur un motodop (ou plutôt « un motodop m’est tombé dessus ») qui parlait anglais et m’a demandé ce que je voulais. Il m’a très gentiment amené chez un marchand de vélo. S’en est suivi une négociation endiablée qui m’a permis d’obtenir un vélo neuf et un antivol à… 70 dollars, soit une remise d’une quinzaine de pourcent sur le prix initialement réclamé. Bon, ça reste très cher, mais je relativise en me disant que 70 dollars, c’est ce que j’aurais dépensé en allant travailler trois semaines en motodop. Après on verra si c’est amorti (c’est-à-dire si l’antivol est efficace ou pas).

 

Après tant d’efforts, j’avais bien mérité une sieste. Malheureusement le fils (pas trop mal au demeurant) du propriétaire est venu fixer un câble pour Internet, me tirant d’un sommeil où je venais à peine de glisser (les Khmers se couchent tôt, certes, mais en début d’après-midi, ils sont très bruyants…). Après son départ j’ai fini l’après-midi en comatant sur le lit. Ça fait du bien.

 

Le soir, je suis parti au Gasolina, LE lieu incontournable des expatriés à Phnom Penh. J’y ai rencontré une fille qui m’avait contacté pour une colocation, et deux de ses amis. On a vaguement assisté à un défilé de mode assez décomplexé, c’était drôle, puis on a mangé sur place avant de rentrer se coucher avec les poules, vers 22h. J’ai pu me rendre compte que les muscles de mes cuisses et de mes mollets n’étaient plus vraiment habitués au cyclisme (si tant est qu’ils l’aient été un jour). Par bonheur, Phnom Penh est une ville presque plate, ce qui rend l’unique vitesse disponible sur le vélo à peu près suffisante.

 

Après une très courte nuit entrecoupée de réveils sur le thème « Pourquoi fait-il si chaud dans ce pays ? » et « J’allume la clim ou pas ? », mon réveil, le vrai, a sonné à 6h. Dur, pour un dimanche. Dehors, la vie avait déjà repris. Ce pays me dépasse complètement.

Rapide petit déjeuner et je quitte l’appartement, paré à affronter une journée sous le soleil cambodgien. J’arrive au Monument de l’Indépendance (en motodop) et je vois la myriade de bus qui attendent les étudiants francophones.

Borin me saute dessus quelques minutes plus tard sans que je le voie venir, et nous montons dans un bus. La cohorte se met en branle (j’ai déjà lu ça plusieurs fois et j’ai toujours eu envie de l’écrire) et part pour le Tonlé Bati. J’essaie de finir ma nuit au milieu de tous ces Khmers qui profitent de la Journée de la Francophonie pour parler… khmer. La journée commence bien…

 

Après une grosse demi-heure de route, nous arrivons au Tonlé Bati. Tonlé Bati, son temple, sa pagode, son village, sa rivière. J’aime beaucoup les maisons construites sur l’eau, les pirogues amarrées à côté, les troncs de palmiers reliant les paillotes à la terre, la nuée de canards qui évolue au milieu de tout ça sans que personne ne pense « grippe aviaire »…

Nous partons visiter le temple, de la même période que celle de l’âge d’or d’Angkor (Java ???man VII). Un amas de pierre volcanique dans lequel sont incluses des bas reliefs en grès taillé représentant des danseuses sacrées, des éléphants, des singes, le tout au milieu des palmiers et des fleurs… C’est vraiment agréable, même si la chaleur a tendance à tout écraser. Vous aurez droit à des photos dès qu’on aura étendu le forfait Internet, parce que là on est déjà en dépassement.

 

Après la visite, Borin me fait boire du jus de canne, pressé devant moi grâce à une vis sans fin (c’est bien comme ça qu’on dit ?) qui actionne deux rouleaux entre lesquels sont écrasées les cannes. C’est rafraîchissant, ça fait du bien. Borin tchatche avec les trois policiers assis à notre table, puis on retourne au village pour investir une des paillotes.

Une pirogue passe à proximité, on me demande « tu sais nager ? », je réponds que oui et on monte dedans. J’aime beaucoup la transition. Nous voilà les pieds dans l’eau et à dix centimètres à peine au dessus de la surface du Tonlé Bati. Chaque geste fait tanguer l’embarcation, j’adore ça. Pendant une demi-heure, l’eau marron défile autour de moi, je me rends compte que le village est très long (il doit bien faire 1,5 kilomètre de long sur 20 mètres de large), on croise des vaches et une espèce de héron que je n’ai pas le temps de photographier, puis on fait demi-tour. Le Tonlé Bati n’est pas une très grosse rivière, je crois, mais il est déjà plus large que la Loire à Nantes. Ça me donne d’autant plus envie de voir le Mékong, d’autant que je vis à environ un kilomètre de lui.

 

Retour sur la paillote où le déjeuner arrive. D’abord le riz. Jusque là, tout va bien. Ensuite, du poisson emmailloté dans du papier aluminium. « On l’appelle poisson-serpent » et effectivement, la ressemblance entre la tête de ce poisson et celle d’un serpent est troublante. Ça n’a pas tellement de goût, mais la sauce est là pour rendre le plat très bon. Des pirogues circulent le long des paillotes. Mes camarades achètent des fruits, je teste la pastèque et des espèces de raisins à noyaux qui laissent la bouche farineuse sans avoir de goût et je passe mon tour sur la mangue, puisqu’ils aiment la manger verte, croquante et acide et que ce n’est pas de cette façon que je l’aime. Par contre, je me lance avec politesse dans la dégustation d’un de leurs escargots. Si j’ai bien compris, ils vivent dans l’eau. Ils font trois fois la taille de nos plus beaux Bourgogne, que je n’aime déjà pas tellement. Mais puisqu’il faut faire honneur à la cuisine locale… Verdict ? Je saurai dire non la prochaine fois.

On a aussi mangé un plat que je suis absolument incapable d’identifier (et pardon Marianne, j’ai totalement oublié de prendre des photos) : il s’agit d’un bouillon dans lequel on trouve de la verdure et des lamelles de…c’est là que le bât blesse : champignon ? porc ? poisson ? écorce ramollie ? J’imagine que c’est une viande vu qu’il y a déjà du végétal, mais c’est vraiment pure supposition… En tout cas c’est bon, ça reste le plus important.

Finalement, un poulet est servi entier. C’est aussi bien : pour en avoir mangé du déjà coupé, j’ai pu remarquer que les gens ici ne cherchent pas à suivre la morphologie de l’animal et que par conséquent, tous les morceaux ont des bouts d’os, ce qui rend totalement utopique l’idée de ne pas manger avec les doigts.

 

Après ce repas ma foi fort bon vint l’heure de la sieste. J’ai résisté de toutes mes forces à la volonté de piquer une tête dans la rivière. Le Lonely Planet dit bien de ne JAMAIS se baigner, il me semble. C’était tout de même incroyablement tentant. Je me suis donc contenté de faire tremper mes pieds.

 

Après la « sieste », nous avons rejoint le rivage pour écouter des petits discours sur l’intérêt de la francophonie dans les études supérieures, puis j’ai été initié à deux jeux khmers. Je vais tenter une explication. Prenez une feuille et faites un dessin, ce sera peut-être plus clair !

J’ignore le nom du premier jeu. Une dizaine de personnes se tiennent la main et forment un cercle (idéalement on alterne garçons et filles). Deux autres personnes (idéalement encore, un garçon et une fille), se tenant aussi par la main, sont à l’extérieur du cercle et circulent autour, disons dans le sens des aiguilles d’une montre. Soudain (vous avez peur, là, hein), il tape sur le poignet d’une personne. La victime et son voisin se détachent alors du cercle et partent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (si si, c’est important), laissant un trou dans le cercle. Les deux couples libérés doivent alors courir le plus vite possible pour aller refermer le cercle. Celui qui perd doit continuer à tourner jusqu’à taper un nouveau poignet, et ainsi de suite.

Ce jeu m’a valu une collision frontale avec un gars qui pensait probablement que je ralentirais en le voyant courir vers moi. Je me le suis pris en pleine poitrine. J’ai encore mal. Mais j’aime bien ce jeu !

 

Le deuxième jeu s’appelle « Trois moins un » (et non pas « deux »). Là encore, on est une dizaine en cercle, deux par deux, mais au lieu de se tenir la main, l’un est derrière l’autre (imaginez un double collier de perles). Mais l’une des colonnes contient non pas deux personnes, mais trois, donc un de trop (le dernier de la colonne). Le « loup » doit alors toucher cet intrus. Celui-ci, pour y échapper, peut soit courir pendant trois heures, soit passer en tête d’une des colonnes. Dans ce cas, c’est le dernier de la nouvelle colonne « à trois » qui devient l’intrus et donc la cible. Si le loup touche l’intrus, les rôles s’inversent.

 

J’espère avoir été clair. Pour terminer la journée, on a eu de la musique et j’ai pu découvrir avec une certaine surprise que les Khmers, même de mon âge, adorent danser le Madison… C’est assez drôle à regarder.

 

Voilà, c’est tout pour ce week end, demain, retour à la normale, jusqu’à vendredi prochain !

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

 

PS : Il fait chaud.

PS2 : Je suis un peu rouge.

Publié par Guillaume1712 à 15:56:13 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) |

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