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Samedi 11, lever 6h. je comate un peu trop dans mon lit et je dois donc avaler mon petit déjeuner en vitesse. Je pars pour le marché Orussey, près duquel se trouve l’arrêt de bus. C’est un bordel monstrueux. Il y a du monde partout : les gens rentrent en famille pour fêter le Nouvel An khmer.
Je retrouve Borin à 7h20. J’apprécie toujours autant qu’on me dise « sois là impérativement à 7h » et qu’on se pointe 20 minutes plus tard avec un « Ah t’es déjà là ? » surpris. Nous parvenons à repérer le bus (je suis fier, c’est moi qui le vois en premier) et nous prenons place. Nous partons à 8h (c’était marqué 7h30 sur le ticket). Je suis super mal installé, et même pas à côté d’une fenêtre.
J’arrive quand même à voir le paysage. Mes impressions vues d’avion sont confirmées : le Cambodge est un pays plat. De temps en temps, une colline surgie on ne sait comment coupe l’horizon, qui s’étend autrement sur plusieurs centaines de mètres, façon Beauce sauf que les bosquets français ne contiennent pas de palmiers.
Je vois des vaches, des buffles, des rizières, des marchés sur le bord de la route, bref le Cambodge.
Dans le bus résonne la musique niaiseuse khmère. Après un moment je m’aperçois qu’on a aussi les clips. Je regarde un moment, mais ça me désespère. La censure gouvernementale édulcore tout. Toutes les chansons ont l’air de s’intituler « Ma copine est partie et c’est la misère », « Mais pourquoi refuse-t-elle de sortir avec moi alors que je sais qu’elle dira oui à la fin du clip ? » ou « Comme on est heureux ensemble ! », avec des clips du même acabit, le tout décliné selon deux rythmes : le slow et le rapide. J’ai même du mal à savoir quand on passe d’une chanson à l’autre tellement les airs sont semblables. Pour les clips, voilà : en gros il y a un couple, la fille boude et minaude et le garçon essaie de la faire sourire ; derrière il y a quelques danseurs plus ou moins doués et derrière encore, la campagne cambodgienne. Bon, si j’avais subi ça moins de 6h d’affilée je serais peut-être moins critique, mais que voulez-vous, il faut bien que je fasse honneur à la réputation de râleurs des Français.
Après quelques pauses, nous arrivons enfin : 6h et 350 km. C’est mieux qu’en Roumanie, ceci dit, il me semble, sauf qu’en Roumanie la musique était potable. Un frère et une sœur de Borin viennent nous chercher. On récupère aussi une amie de la sœur et on va manger dans un fast-food tout en faisant connaissance. Ils parlent français ou anglais, ça m’aide.
On arrive ensuite chez Borin, dans une immense baraque. C’est la fête chez les voisins : 100 jours après un enterrement, on célèbre la fin du deuil, chapiteau et grosses ampli à l’appui. Je fais la connaissance des neveux et nièces de mon collègue, d’un autre frère, des sœurs, d’un beau-frère, d’une grand-mère, d’amis… en tout il y a une bonne quinzaine de personnes, je me sens vite paumé.
Les garçons me parlent des filles cambodgiennes comme d’excellentes épouses. Cool. Je suis invité à un mariage à la fin du mois. L’heureux élu n’a pas vraiment l’air de l’être. Il est guide touristique et la crise, ajoutée à son mariage, ont fait fondre ses économies. Il me propose néanmoins de me faire visiter Angkor le lendemain, gratuitement.
Borin m’emmène visiter le village, c’est-à-dire qu’on remonte la rue principale en voiture sur 200m et qu’on fait demi-tour. Je rencontre sa mère, qui a l’air adorable. Puis tout le monde fait la cuisine et les jeunes et invités mangent. C’est évidemment super bon.
En fin de repas je découvre un fruit local, la « couille » (enfin ça se prononce comme ça en khmer). Comment expliquer… Ca ressemble à un abricot, mais la peau fait 5mm, est très laiteuse et collante et abrite une boule rose-orangé constituée de graines enrobées de chair. Ce n’est pas mauvais, un peu acide. Je n’ai pas compris s’il fallait croquer les graines ou pas, eux ne les recrachent pas mais pour avoir croqué dans une, j’ai préféré avaler les suivantes.
Après le repas, douche, constat que les moustiques de Siem Reap sont beaucoup plus agressifs que leurs congénères de Phnom Penh, et je m’éloigne pour laisser Borin profiter de sa famille.
Ils sont tous adorables et la moitié parle français ou anglais. Je ne pourrai pas cacher ma timidité derrière la barrière de la langue. Je progresserai peut-être aussi un peu en khmer…
Ah oui et aujourd’hui j’ai entendu la version khmère de « Beautiful Girl », c’était très drôle.
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Dimanche 12 avril. 5h30. C’est la fin de la fête du deuil chez les voisins, donc ils remettent un coup de musique pourrie à fond pendant une heure ou deux. L’avantage de ce pays c’est que quand on veut faire la fête il n’y a pas à se soucier d’un quelconque respect pour les voisins.
Je me lève à 7h, comme convenu. Borin part à la pagode. Nouvelle preuve de l’esprit d’organisation du gars qui me conseille d’être prêt à 7h30 quand il sait que lui-même ne le sera qu’à 8h, au mieux. A son retour, petit déjeuner : soupe avec des pommes de terre (les premières que je vois ici) et du poulet. C’est dur…
Un ami de Borin nous rejoint puis nous partons prendre notre guide avant d’aller à Angkor. Il n’a pas mangé. Organisation quand tu nous tiens… Une fois ce problème réglé, nous pénétrons dans Angkor Vat, dédié à Vishnu si j’ai bien écouté, le plus majestueux et le plus rénové des temples du site. C’est grandiose, évidemment, et on se demande comment des hommes ont réussi à construire des monuments pareils. On fait le tour et je prends pas mal de photos (vous constaterez par vous-mêmes que la plupart sont ratées à cause de la trop grande luminosité et de l’incompétence du photographe, c’est-à-dire moi)(j’ai un peu la rage, du coup). Il y a du monde, mais moins que ce à quoi je m’attendais. Les étages sont fermés pour cause de travaux. Dommage.
On reprend la voiture pour aller au Bayon, dédié lui au Bouddha (celui du Petit Véhicule). Avec ses tours à quatre visages et ses bas-reliefs décrivant la vie quotidienne de l’ancien Cambodge, ce temple me plaît énormément. Là encore, photos de piètre qualité. Nous terminons l’exploration par le Ta Prom, dont le principal intérêt est qu’il est envahi par la végétation.
Je n’ai donc visité qu’un centième des temples d’Angkor (il y en a 308 je crois, dans toute la région) et ça me dirait bien d’y retourner, mais tout seul, pour faire ça à mon rythme et refaire ces ù£^µù* photos. Je ne sais pas si j’en aurai l’occasion, mais l’aperçu que j’en ai eu était de toute manière très intéressant.
Après ça, visite des Artisans d’Angkor, qui produit sculptures sur bois, sur pierre, gravures et soieries. C’est très beau, mais vu les prix affichés je me demande comment ils s’en sortent. Nous visitons ensuite l’atelier et le jardin d’un des concurrents des Artisans, un hyperactif dans le bon sens du terme. Il est passionnant. Nous échouons ensuite dans un bar khmer où je m’endors lamentablement dans un hamac. Nous en partons vers 18h. Je suis invité à la fête du village de notre guide, le soir même, pour danser. Je suis là pour ça !
Après le repas (sang de cochon coagulé et légumes, entre autres plats) et quelques discussions dont je n’ai rien saisi, nous nous rendons audit village, à quelques kilomètres de là. Je découvre avec joie que les campagnes peu éclairées permettent de voir les étoiles nettement. C’est sans doute le seul avantage de cette situation. Nous arrivons enfin : un grand écran diffuse en plein air un film avec costumes traditionnels et bon sentiments. Nous ne nous éternisons pas. Pour la danse nous avons le choix entre la traditionnelle ou l’autre. On se tourne d’abord vers la musique actuelle, sous le chapiteau. Ni Borin ni les autres n’ont l’air motivé. Moi, je ne peux pas me cacher, ma blancheur est immédiatement repérée et un quinquagénaire m’invite dans la danse. Tous les regards sont braqués sur moi, mon égo est ravi, moi un peu gêné. Je me retrouve quand même à danser une version édulcorée de la guillaumienne (pour ceux qui visualisent) au milieu d’un groupe de mères de famille hilares.
Après quelques chansons, on va voir le groupe de musique traditionnelle. Là aussi je deviens le centre d’intérêt sauf que j’évolue plutôt au milieu des grands-mères de famille. Elles sont contentes comme si j’étais la surprise de l’année, c’est assez drôle. Elles essaient de m’apprendre les pas, assez simples, mais j’ai un peu de mal à coordonner bras et jambes alors que quelqu’un me parle dans une langue que je ne comprends pas pendant que d’autres essaient d’attirer mon attention.
Un quinquagénaire bourré en treillis militaire me met la main dessus et me force à continuer à danser. J’accepte sans me vexer. Je m’échappe quelques airs plus tard et je rejoins les plus jeunes. Le soldat (ou pas) me remet le grappin dessus et entraîne aussi deux filles de sûrement moins de 15 ans. Cool… Là encore je m’esquive après un moment. On décide de partir. Il est 21h40. Bon, ok.
Et voilà, fin d’une soirée courte mais vraiment amusante !
Bon, j’ai un peu de mal avec l’humour machiste et beauf des Khmers masculins de moins de trente ans. Les Européens n’ont pas forcément grand-chose à leur envier de ce point de vue-là, mais ça n’excuse rien. Je n’arrive pas à rentrer dans leur jeu et j’espère juste qu’ils se disent que les Français ne traitent pas la gente féminine avec un tel manque de respect.
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Lundi, journée loque à part le soir où toute la famille (et donc moi aussi) est allée manger au restaurant. Les restaurant ici ne sont pas tout à fait comme chez nous : en France on se débrouille pour créer une certaine intimité. Ici non, on est dans une grande salle sans la moindre cloison. On mange une fondue khmère (une espèce de pierrade en fait), c’est bon. Ensuite Borin et moi partons chez un de ses amis pour danser encore. Ils veulent me faire boire, je n’ai accepté que deux bières (même si elles ne font que 4,5°). Je me rends compte qu’on s’habitue à la musique khmère, quand on ne voit pas les clips.
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Mardi, on a visité une ferme de dragons (fruit du dragon) tenue par un Français. C’était hyper intéressant tant par ce qu’il fait que par ce qu’il m’a raconté de l’histoire récente du Cambodge, qu’il a connue.
Après ça, retour chez Borin, non sans avoir fait un tour à l’abattoir en plein air de son père (mais c’était tout propre et puis bon, la veille j’avais déjà vu un porc se faire dépecer sous mes yeux en plein air aussi, donc rien ne me choque) et direction la ville natale des enfants de la famille. Après 40 minutes de piste, on arrive dans un bled paumé. C’est là. Je rencontre plein d’inconnus, je mange des trucs dont l’état sanitaire est plus douteux que n’importe où ailleurs, mais c’est excellent. A un moment je vois un plat arriver. Je pense aussitôt « Goûte et demande ce que c’est seulement après avoir avalé ». Borin ne me laisse pas ce loisir : « Mange, c’est de l’utérus de truie, c’est très bon ! ». J’explose de rire. « T’aurais pu attendre cinq minutes avant de me dire ça… ». Je me lance quand même. Très bon n’est pas le bon mot, c’est bouilli donc ça n’a pas de goût, mais ça passe. Enfin je n’ai pris qu’une bouchée, j’avoue.
Après le repas, un groupe d’hommes arrive et ils m’invitent à boire de la bière. Celle-ci est à 8° et a un peu plus de goût, c’est d’autant plus difficile. On part ensuite danser sur la musique traditionnelle : tam tam et instrument à cordes. Là encore je fais l’attraction et la mère de Borin est ravie. Il paraît que je danse mieux que les Cambodgiens (dixit la grande sœur de Borin).
Une partie de la troupe, moi inclus, se met à l’intérieur et l’orage éclate peu après. L’unique lampe de la maison s’éteint (pourtant je croyais que l’intérêt d’un groupe électrogène c’était justement d’éviter les coupures de courant). Dehors les derniers danseurs se dispersent avant l’arrivée de la pluie. Le courant revient et je découvre les veillées d’antan qui ici sont toujours d’actualité : jeux de cartes et potins. Les franco- et anglophones sont déjà couchés et je ne peux plus que sourire. Je m’enfouis dans mon sac de couchage SNCF (abandonné par un voyageur à ma maîtresse de stage). Il n’est pas encore 22h, mais au moins j’ai dansé.
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Après une nuit agitée, je me lève en dernier (normal). Le répulsif à moustiques a l’air d’avoir fonctionné, même si j’en ai vu un se poser sur moi moins de 15 minutes après l’avoir appliqué. Tout le monde est debout depuis bien longtemps. On part en voiture en quête d’un restaurant où prendre le petit déjeuner. Enfin, restaurant… disons plutôt maison qui vend de la nourriture. Les enfants de la maison où on s’arrête ouvrent des yeux grands comme des soucoupes. Eh ouais, un Blanc, c’est blanc, voire un peu rouge.
Nous rentrons en soulevant de grandes gerbes d’eau sur notre passage (rien que pour ça j’aime les 4x4). Borin m’emmène visiter le coin à pied. On s’arrête devant un groupe d’hommes dont certains sont de la famille et Borin discute une demi-heure, puis on retourne manger. Il doit être 10h. Ensuite on part en forêt pour cueillir des couilles. Sauf que ces bêtes-là poussent en haut de grands arbres. On m’interdit formellement de grimper. Tss. Du coup on récolte 5 couilles, mangées avant même de rejoindre la voiture.
A peine de retour chez la grand-mère, nous repartons, cette fois-ci pour de bon. Ce séjour était probablement le plus authentique et le plus inaccessible aux touristes que je ferai ici. J’ai pu profiter de l’accueil cambodgien dans toute sa gentillesse, sa bonne humeur et sa simplicité, et j’ai une fois de plus échappé à l’intoxication alimentaire que tous les expatriés me promettent depuis mon arrivée ici.
Une fois douché et un peu reposé, direction le Village Culturel Cambodgien, une sorte de Puy du Fou kitsch local : spectacles, villages typiques des minorités cambodgiennes, musée Grévin de l’histoire du pays, réplique en miniature des principaux monuments… Les trois spectacles que j’ai vus étaient plutôt sympa, traitant de mythes ou de faits historiques avec humour : je n’ai pas compris le premier, le second était la légende de l’Excalibur locale (l’épée étant ici un arc) et le troisième était l’histoire du roi qui a unifié le Cambodge au XIIè siècle.
Je profite du voyage pour goûter les œufs euh… j’ignore leur nom. En gros on perce un gros trou dans la coquille, on récupère l’intérieur, qu’on mélange avec des épices (poivre, ail, glutamate…) on remet le tout dans la coquille et on le cuit dur. J’étais sceptique, mais finalement c’est très bon. En fait les seuls plats dont je ne sois pas vraiment fan ce sont leurs soupes de poisson. C’est un peu comme dire à un Belge qu’on aime pas les moules-frites, mais bon…
De retour à la maison, repas, douche (ils sont à 3 ou 4 par jour donc je passe pour un crade si je n’en prends qu’une). Et dodo. Ah il faut que je vous explique la douche : on remplit une grande poubelle d’eau (je n’ai pas compris comment fonctionnait l’eau en fait) et on se douche avec une grosse louche en plastique. Ce n’est pas du tout pratique pour moi.
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Jeudi, beaucoup de loquage. L’après-midi, j’ai vu une souris dans ma chambre. A part ça, j’ai pas mal écrit. La mère de Borin a déclaré qu’elle souhaitait que j’apprenne le khmer pour pouvoir discuter ensemble et elle a aussi dit qu’elle me considérait comme son quatrième fils. J’ai très honte de n’avoir rien fait pour mériter ça et de n’être pas capable de la remercier.
En début de soirée (enfin selon mes critères) on est allés manger chez un ami du frère de Borin. Plusieurs parlaient anglais donc je n’étais pas trop largué. J’ai goûté les fruits de mer : plat de coques aux épices (ça passe mais sans plus), pieuvre au poivre (j’adore) et soupe de crevette (j’ai bien aimé, moi qui n’aime pas les crevettes). Les gars ont encore une fois essayé de me faire boire. Je m’en suis tiré pour trois bières.
Au retour, on a remangé. Encore des coques, préparées différemment mais toujours pas à mon goût, du poulet toujours coupé de façon à ce qu’il y ait des os partout et du porc en lanières quasiment sucré. J’essaierai de trouver la recette par moi-même, c’est excellent. Le beau-frère de Borin m’a à nouveau sorti une bière. Décidément… On m’a aussi invité à revenir avant mon départ en France. A voir, j’aimerais bien, mais il faudra vraiment que j’apprenne à parler parce que ça me soûle de passer pour un autiste souriant.
En tous cas les gens ici sont adorables. J’essaie de visualiser la situation inverse : un Cambodgien qui passerait une semaine dans une famille sans parler un mot de français et se ferait trimbaler chez les amis et la famille de la campagne très profonde. Je ne suis pas persuadé que l’accueil soit aussi chaleureux et sincère que celui dont je bénéficie.
Ah et je pense que le plus jeune frère de Borin est potentiellement homo ou en tout cas qu’il a compris que moi je l’étais. En même temps à force de voir des canons torse nu, forcément je finis par mater…
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Vendredi, réveil frai et dispo vers 5h du matin. Ce pays m’inquiète. Je me lève à 6h20 (il ne faudrait pas exagérer) et on m’annonce qu’on part à 6h30. Ce n’est qu’une heure plus tôt que ce qu’on a décidé la veille… J’avale mon petit déjeuner en vitesse, je zappe la douche et je suis prêt. Je suis le seul. La première voiture part à 7h00, la seconde à 7h45 après un arrêt au marché pour acheter eau et glace. Ayant toujours été assez organisé (si si maman, c’est juste que c’est pas comme toi) voire germanique, je hurle intérieurement. Après une heure de route, on s’arrête pour manger. La logique khmère me dépasse. On mange donc des nouilles de riz à 9h du matin, et même si c’est dans le restaurant de nouilles le plus réputé (du district ? de la province ? du pays ? mystère), c’est dur.
Après encore une heure de route avec un trafic dense, la voiture commence à escalader le Phnom Kulen, « montagne » sacrée du Cambodge. La vue est magnifique. Les gardes ne voient pas qu’il y a un Blanc dans la voiture, du coup au lieu de 20 dollars, c’est quelques centaines de riels. Tant mieux. De toute façon j’ai appris après que l’argent récolté ne va pas pour la conservation du site mais dans une poche mystérieuse.
On investit une paillote et on part se baigner dans une eau d’une couleur douteuse. D’enthousiasme, je plonge… dans un rocher. L’eau n’est vraiment pas claire. Je récolte donc un bleu énorme à l’avant-bras gauche et un poinçon à l’ongle de l’index droit. Toute la famille se foutra de ma gueule jusqu’à la nuit à cause de ça. Ça ne m’arrête pas pour autant.
Je suis le seul à me baigner en maillot, les autres sont au mieux en short, au pire tout habillés. Je passe encore pour une bête curieuse mais il est hors de question que je me baigne habillé. Je suis aussi le seul à savoir nager (enfin à oser aller là où je n’ai pas pied).
On se sèche pour manger (encore) vers 11h30 puis Borin m’emmène voir la grande cascade. C’est magnifique, mais bondé, ce qui gâche un peu. Elle fait une quinzaine de mètres de haut. On y passe un long moment à escalader les rochers puis on retourne se baigner. Je tombe nez à nez avec une araignée énorme. Enfin, elle est sur un bout de polystyrène flottant et moi dans l’eau, donc tout va bien… Le frère de Borin m’emmène ensuite vers l’autre intérêt du site, le Grand Bouddha. Il est sculpté au sommet d’un rocher d’une vingtaine de mètres de haut et un pagode est construite autour. C’est vraiment impressionnant. On redescend vers la rivière en motodop, le frère de Borin étant un petit joueur. C’est assez surprenant de constater que je supporte mieux la chaleur qu’eux.
A la paillote c’est déjà l’heure du départ. On remballe tout et on s’empile à 9 dans la voiture. Techniquement, on pourrait rentrer à 15 (si beaucoup sont des enfants), mais à 9 c’est déjà assez inconfortable.
Je pensais qu’on rentrait, mais non, on s’arrête devant un bassin du site d’Angkor pour pique-niquer à 17h30. Avec les mains. Tout le monde (on est une trentaine) est ravi que je ne rechigne pas. Ça ne m’empêche pas de me faire beaucoup chambrer.
Finalement on rentre. Douche. En serviette, je croise – encore – un moine venu bénir la maison en échange de nourriture. Le bouddhisme, comme toutes les religions, me laisse sceptique. J’ai du mal à voir les prêtres et moines de toutes confessions autrement que comme des parasites profitant de la crédulité des gens. Et quand on les voit psalmodier avec une expression d’ennui profond sur le visage, ils paraissent tout de suite moins sympathiques, malgré leur bel habit orange. M’enfin, il paraît que je suis radin, ceci explique peut-être cela.
J’ai passé une excellente journée. Ca fait du bien de se baigner enfin !
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Samedi, canicule. Lever tard, recoucher aussitôt après le petit déjeuner et ce jusqu’à midi. Je ne suis pas vraiment fatigué, mais vu que tout le monde est amorphe, je suis le mouvement. Après le repas de midi et un dessert étrange (ça ressemble à de la morve blanche dans laquelle flotte des graines et je ne sais pas trop ce que c’est, peut-être du lait de soja à moitié caillé, je n’en sais vraiment rien), rebelotte jusqu’à 14h. Borin et moi partons alors visiter des fermes, sous le soleil tapant, en moto. Les routes sont totalement défoncées. On s’arrête dans une petite ferme de canards en plein air, puis on reprend la piste vers Siem Reap. Borin se perd et nous emmène sur les « chemins de charrettes ». j’aime bien sillonner ces pistes qui coupent le paysage du Cambodge campagnard, où vit la grande majorité des Cambodgiens et que les touristes ne voient probablement pas tant que ça.
Borin retrouve son chemin et on rencontre un producteur d’œufs. Il m’emmène ensuite vers un lac (surpeuplé encore) où il allait souvent après le lycée, puis audit lycée.
Ensuite on rentre et je goûte un dessert à base de fruit de palme coupé en dés et trempé dans du lait de coco. L’un sucre l’autre, et c’est plutôt bon. Après ça je pars regarder un peu TV5 Monde dans l’espoir de me mettre au courant de l’actualité, mais après un reportage sur les requins ils annoncent « 30 millions d’amis » donc je n’ai pas d’autre choix qu’éteindre.
Bouinage quelques heures, puis repas, toujours aussi bon. La grande sœur de Borin et son mari arrivent plus tard. Le second sort des bières. J’ai rarement bu aussi régulièrement que cette semaine, même si ce n’est pas à hautes doses et que la Crown a plutôt un goût d’eau gazeuse. Je me rends compte que le beau-frère est vraiment le plus canon des gars de la famille, même si les autres sont tout à fait charmants aussi. Bref, ça ne changera pas ma vie.
Dimanche, je me lève vers 8h, en culpabilisant un peu d’avoir manqué le départ du petit frère de Borin à 6h. Je me rends très vite compte qu’en fait il n’est pas encore parti. Décidément, je me le dis presque tous les jours, mais tous les jours je m’aperçois que je ne me ferai jamais au sens de l’organisation des Cambodgiens, ou plutôt à son absence. Je lui dis donc au revoir (il étudie la médecine en Thaïlande) et je retourne à mon petit-déjeuner. Ensuite je prépare mon sac et je fais acte de présence pour ma dernière matinée dans la famille.
On déjeune à 10h30, on fait nos adieux. J’ai passé une semaine formidable dans une famille adorable avec un sens de l’humour appréciable.
On part pour Siem Reap. Pour le coup on est en avance et on attend une petite demi-heure sous un soleil de plomb. Le bus ouvre finalement ses portes à 12h30, et on grimpe en quête de climatisation. Un couple de jeunes français s’installe à côté de moi et on discute un peu. Le bus démarre. C’est parti pour 6h30 de musique et clips kitsch. On a même droit à 4 remix de la Macarena et un de la Lambada, c’est assez drôle. Et puis c’est bon de voir des Français, ne serait-ce que pour pouvoir critiquer.
Je regarde le paysage mais je ne suis pas près de la fenêtre donc je ne peux toujours pas prendre de photos. Il y a une autre Française dans le bus, une césurienne de l’INA-PG, c’est marrant. Malheureusement elle est sortie du bus aussi vite que moi à Phnom Penh et je n’ai pas eu le temps de lui proposer d’échanger nos numéros. Je la retrouverai peut-être un soir dans un bar, on verra.
Le voyage est désespérément long, même en discutant un peu, même en essayant de dormir, même en s’arrêtant deux fois, même en admirant le paysage et même en médisant. A l’approche de Phnom Penh, tout empire : l’état de la route et le trafic. Je regarde le coucher du soleil en me contorsionnant comme je peux.
Finalement le bus arrive à son terminus. Je prends l’adresse mail du couple pour aller manger avec eux quelques jours plus tard, puis je rentre chez moi. Je lance une lessive, je bois un grand coup, je prépare à manger, bref je brasse plein d’air pour me débarrasser des corvées. Finalement je prends ma douche, la première « vraie » depuis une semaine (parce que je n’ai pas encore la technique quand il s’agit de puiser de l’eau stagnant dans une grosse poubelle avec une louche et de se laver comme ça). Je décide de faire ça bien et comme il faut souffrir pour être propre je sors la brosse et je frotte. J’en profite aussi pour me raser, je commence à ressembler à un sauvage.
Ainsi s’achève mon deuxième nouvel an de l’année et un séjour extraordinaire.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 15:26:10 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (1) | Permaliens
Salut vous !
J’ai survécu à mon mini-blues du week end. La semaine n’a pas été follement passionnante mais m’a quand même remis du cœur à l’ouvrage. A citer tout de même le jeudi matin où j’ai visité des fermes (légumes, poules, canards, porcs) et que ça fait toujours autant plaisir de voir des vaches divaguer sur la route, d’apprendre des techniques maîtrisées depuis des siècles (Comment obtenir du guano dans un endroit localisé ? Faites pousser un palmier et aménagez-le en nichoir. Valable uniquement dans les régions avec peu d’arbres hauts)…
J’ai aussi passé une soirée avec ma boss, repas français (charcuterie, vin et fromage), c’était tout à fait sympathique.
Et là je prépare mes affaires pour passer une semaine dans les environs de Siem Reap, avec évidemment un tour à Angkor et d’autres visites de fermes. Une semaine sans nouvelles de moi je pense, mais je reviendrai avec des photos !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 14:34:07 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (2) | Permaliens
Vendredi, RAS.
Samedi, je me lève plein de motivation vers 9h (je suis déjà plus ou moins réveillé depuis un certain temps, mais il n’y a pas de mariage pour anéantir mes envies de grasse matinée). Aujourd’hui, c’est décidé, je vais au Palais Royal et au Musée National. Je déjeune et vers 10H j’ouvre le Lonely Planet (la Bible de l’Occidental en voyage au Cambodge) pour vérifier les horaires. J’apprends que le Palais ferme entre 11h et 14h30. Arf… Du coup je remets mon voyage à l’après-midi et je me plonge dans un roman. Cela faisait plusieurs mois que je n’avais pas vraiment lu, c’est bon de recommencer.
Je mange quatre tranches (ou semelles) de bœuf en vitesse à midi et je me rends au Musée National, qui lui ne ferme pas. Je paie les trois dollars requis et j’entre dans l’enceinte de ce bâtiment magnifique « en terre cuite » (d’après le Lonely Planet, moi tout ce que j’ai vu c’est qu’il est rouge) avec des jardins et des bassins sympathiques et une superbe collection de statues.
Je commence ma visite et une jeune Khmère qui fait de même m’approche. Dans un anglais approximatif elle me propose qu’on découvre le musée ensemble. Si tu veux hein… Elle commence, toute heureuse, à me raconter sa vie, comme quoi elle fait des études d’anglais (ça ne s’entend pas trop, je comprends un mot sur cinq), qu’elle vit ici avec son frère mais qu’elle est originaire de je ne sais pas quelle ville dans une province inconnue… Bref elle me gâche totalement la visite, pour résumer. On fait une pause près d’une bassin et elle me demande si je suis marié. Je réponds que non mais que j’ai une copine. C’est faux, mais elle n’ira pas vérifier et si elle peut me lâcher les baskets, ça m’arrange. Il n’en est évidemment rien.
La visite se poursuit, elle va un moment aux toilettes et je me demande très sérieusement si je la plante là ou pas, mais ma politesse – cette conne – me retient.
Nous finissons pas quitter le musée (où je devrais revenir, parce qu’il est très bien mais que je n’en ai pas du tout profité) et je lui dis que je compte rentrer chez moi. On habite dans la même direction. Merde, je voulais que nos chemins se séparent pour pouvoir aller tranquillement au Palais. Je commence à marcher, espérant qu’elle préfèrera un moto-dop. Naïveté quand tu nous tiens. Elle me suit et elle continue à parler dans son anglais approximatif, inlassablement. Elle me propose de venir chez moi. Je décline poliment. Le temps passe et on va toujours dans la même direction. Je commence à me poser des questions, je la laisse me devancer. Finalement ça y est, elle bifurque. Enfin !
Je continue ma route comme si de rien n’était puis je reprends la direction du Palais (qui est juste à côté du Musée, comprenez ma douleur) en faisant un détour. J’ai perdu une demi-heure mais au moins je suis sûr que maintenant le palais est ouvert. Je paie mon ticket et je commence la visite. Le palais est évidemment très classe, j’aime assez. La batterie de mon appareil photo me lâche au milieu de la visite. Dommage. J’ai quand même des photos, mais pas beaucoup de détails (ce que je trouve plus intéressant à prendre). Je vous mettrai tout ça, sachant que dans certains bâtiments (les plus intéressants), on n’a pas le droit de prendre de photo.
Cette fois encore je rentre à pieds, complètement déshydraté mais résolu à décliner les propositions des moto-dops. J’arrive chez moi en sueur et exténué et je vide d’un trait les deux petites bouteilles de « faux Cacolac » que j’ai acheté la veille. Ensuite, douche de pieds pour éteindre le feu, et au lit. Ça fait 4h que je marche et, si le palais et le musée sont ventilés, la rue ne l’est pas…
En regardant par la fenêtre, je découvre des tables dressées dans la cour de la pagode voisine. Nota : demain, réveil à 6h…
Je fais une sieste en attendant la soirée de départ d’une des volontaires françaises. Je me réveille claqué, mais j’arrive à trouver la motivation d’y aller. Je fixe la dynamo de mon vélo avec un bout de fil de fer (les vis sont tellement moins efficace) et je me lance. J’arrive le premier. Je prends un jus de mangue et je me pose, tout seul. Ça fait du bien.
Les gens arrivent progressivement. Je n’en connais pas la moitié et la grande majorité a la trentaine. Je ne me sens pas vraiment à ma place.
Je rentre vers une heure du matin, le moral assez bas.
Dimanche, 6h… Effectivement, la musique traditionnelle s’élève. Je réprime un accès de rage et je parviens à me rendormir.
En début d’après-midi, je pars pour le Vat Phnom. Je pense que j’y retournerai, parce que j’ai l’impression d’avoir manqué quelque chose d’important…
Ensuite, direction « Seeing Hands Massage”, en face de la Poste (dont j’ignorais l’emplacement jusqu’à ce jour). C’est un centre de massage où les masseurs sont aveugles. Je me demande si les gars ne sont pas dégoûtés de malaxer de la chair poisseuse de sueur à longueur de journée, mais je me rends compte qu’en fait ils couvrent leurs clients de toile. Me voilà rassuré pour eux. Je m’abandonne sous les doigts du mien, curieux de voir comment il s’y prend. C’est n’est pas tellement reposant, il appuie là où ça fait mal, mais il arrive à chasser la plupart des courbatures qui se sont accumulées depuis que je suis ici, et ça, c’est une bonne nouvelle.
De retour à la maison, je me pose sur le balcon avec un livre, pour attendre la fin d’un week end que j’ai malgré tout trouvé globalement décevant. Vivement la semaine prochaine et le départ à Siem Reap.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 15:13:21 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (4) | Permaliens
Hier soir, premier orage depuis mon arrivée ici. Au début, aucun coup de tonnerre, seulement des éclairs et un torrent de pluie. Ensuite on a bien eu un peu de bruit, mais à peine, la pluie était ce qu’on entendait le plus. En tout cas, ça fait plaisir de voir de l’eau quand ça fait plusieurs jours qu’on se demande si les nuages sont là juste pour faire joli.
Ce matin, Borin vient me chercher à 9h (soit avec une heure de retard) et nous partons pour une ferme de sélection porcine. Ce qui signifie sortir de Phnom Penh. Je suis aux anges. On traverse le Tonlé Bassac et on s’enfonce dans la province de Kandal (je crois). Nous quittons rapidement les routes goudronnées pour nous retrouver sur des pistes boueuses. J’adore ça ! On arrive à la ferme après moults détours, on passe une heure à discuter, puis on visite. Même si la ferme rendrait fou les services vétérinaires européens, je la trouve très propre. Et pour moi qui n’y connais pas grand-chose, c’est passionnant.
Nous finissons par reprendre la route, pour aller manger dans un bouiboui qui longe la nationale. Evidemment, c’est excellent, et 8h après je suis toujours en vie, donc c’est décidé, j’arrête d’être prudent vis-à-vis de ce que et où je mange (enfin tout est relatif).
L’après-midi, nous visitons une station de recherche, où je découvre des légumes que je ne connais pas, puis nous nous mettons en quête de cultivateurs. Pour cela, nous retraversons le Tonlé Bassac, mais en bac, cette fois-ci. L’équipée dure trois minutes, mais je suis comme un gamin.
Borin s’arrête pour acheter des euh… fruits de lotus (ça ne doit pas s’appeler comme ça, mais bon). Ça a le goût et la texture de noisettes pas tout à fait mûres, c’est étonnant. Quelques minutes de route encore, et il s’arrête de nouveau, devant un couple (frère et sœur peut-être) qui vend du jus de canne à sucre. J’en rêvais depuis des heures, et peu importe que l’eau qui sert à faire la glace ne soit sûrement pas purifiée. La pause est bienvenue.
Après encore quelques kilomètres de nids-de-poule, nous tombons sur un agriculteur en pleine pulvérisation d’un champ de chou. Sans masque, sans gants, avec son chapeau chinois qui retient bien les vapeurs au niveau de son visage, bref, l’exemple parfait de ce qu’il faudrait éviter pour conserver sa santé. Il nous dit (comme je m’y attendais) qu’il n’a pas le temps de nous parler et nous redirige vers un groupe d’hommes qui discute un peu plus loin. Nous quittons donc son champ, achevant de nous repeindre de boue au passage, et allons voir ses messieurs. Ils nous parlent des difficultés de la culture de légumes ici et du fait qu’ils ne voient pas vraiment leur situation s’améliorer.
Nous repartons encore, visitons un peu les environs, nous faisons inviter à boire par une bande d’agriculteurs en pause, déclinons l’offre et reprenons la route de Phnom Penh.
Je comprends désormais le sens premier de l’expression « en avoir plein le cul ». Il suffit de passer une journée sur un scooter cambodgien pour se faire sa propre opinion sur la question. J’ai pourtant passé une excellente journée, au grand air, au contact de « vrais gens » qui m’ont appris quelques trucs. Ça fait du bien.
Et ce soir, l’orage a repris. J’imagine qu’il va falloir investir dans un K-Way ou trouver un moyen de fixer mon parapluie mourant sur mon guidon branlant. Encore quelques aventures en perspectives !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 16:10:29 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (2) | Permaliens
Ce soir, alors que je réfléchissais aux styles littéraires que j’appréciais et à ceux que je comptais découvrir (je viens de m’inscrire à la bibliothèque, raison de ce questionnement existentiel), j’ai progressé dans ma connaissance de moi-même. Dit comme ça, ça peut sembler presque mystique, mais non, c’est sérieux.
J’ai pensé (en relation avec les livres) : je ne veux pas aller vers ce que j’aime, mais vers ce que je ne connais pas. Je me suis rendu compte que, si c’était une démarche nouvelle dans mon rapport à la littérature, cette phrase résume assez bien la façon dont je mène ma vie ces derniers mois et dont j’aimerais continuer à la mener.
Si j’étais allé vers ce que j’aime, je serais en stage à Bruxelles, Lille, Lyon ou Montpellier. Je n’aurais pas eu autant hâte de quitter Rennes, que je commençais à bien connaître. Je n’aurais pas cherché à rester ignorant le plus longtemps possible vis-à-vis du Cambodge, pour me faire mes propres opinions sur place. En remontant plus loin, je n’aurais peut-être pas choisi l’agronomie puis l’économie, je ne me lasserais pas si vite du quotidien où et quel qu'il soit, etc.
Je n’ai pas l’habitude d’intellectualiser ma vie de cette façon, jusqu’à présent mon crédo était plutôt « On verra » ou « Je dois bouger », ce qui est quand même plus limité. C’est assez drôle : j’ai un peu l’impression de ne pas être à la hauteur de ce nouveau « slogan », comme si le fait de l’énoncer m’impressionnait au point que je veuille me réfugier vers « ce que j’aime », comme si je ne méritais pas d’adopter cette vision des choses, comme si c’était un engagement que je ne pouvais plus violer après l’avoir pris. Hum, ça devient complexe…
Ma timidité devient encore plus inexplicable maintenant. J’aime découvrir, sans être capable de faire le premier pas. Enfin, la vie sans contradictions serait bien monotone.
En tout cas, ça ne m’empêchera pas de revenir vers ce(ux) que j’aime.
J’imagine que je vais bien rire quand je relirais ça demain…
Publié par Guillaume1712 à 15:27:24 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (0) | Permaliens
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