| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Désolé, j’avais la flemme d’écrire…
Vendredi 8 mai, lever à 6h pour me préparer. Je suis de mauvaise humeur, malgré le week end qui s’annonce. Ça arrive. Je me rends à la station de bus proche du Marché Central, je trouve immédiatement mon car (cette compagnie a la bonne idée de marquer la destination sur le véhicule) et j’y monte. Un certain nombre de Français embarquent aussi et s’installent sur les sièges autour de moi. J’ai pour voisins une Khmère et son fils. La première a le mal des transports et le second est malade : ils passent tout le trajet (je n’exagère pas), soit 4h, à vomir et à cracher leurs glaires dans des sacs plastiques. J’ai envie de les étrangler, d’autant qu’au bout d’un moment, les doux effluves de leurs excrétions viennent chatouiller mes narines. Ma mauvaise humeur ne s’arrange donc pas, même si entendre des Français râler autour de moi et compatir à ma souffrance est un réel bonheur. Autant dire que, même le nez collé à la vitre, je n’ai pas profité du paysage pourtant sublime.
Après ce trajet tumultueux sur des routes de qualité variable, je descends à Kep. Ici, les motodops agressent moins les clients qu’ailleurs, même s’ils sont blancs. Ici, on voit passer un véhicule toutes les deux minutes sur la route principale, pas plus. Si l’on ajoute à ce calme surréaliste la beauté de la mer et des collines environnantes, on peut comprendre mon impression d’avoir trouvé enfin un vrai havre de paix au Cambodge.
Je vais manger un morceau dans un restaurant minuscule, puis je pars en quête d’une chambre. Tiens, j’ai oublié ma casquette à Phnom Penh. Je transpire comme un beau diable sur la côte qui mène vers les guesthouses situées sur la colline. Celle que je vise n’a plus de chambre à moins de 15 dollars. C’est trop (c’est amusant de constater qu’ici 15 dollars me semblent trop cher pour un lit et un ventilateur alors que je devrais payer deux fois plus en France et que je le ferais sans râler). Je redescends, traverse la route nationale, déserte à part deux anglophones attendant un hypothétique bus et me dirige vers la mer. Je trouve une chambre à 7 dollars, je prends. La mer à est 15 mètres (trois étages plus bas, certes)… mais la plage à deux kilomètres : ici on est sur une digue et l’eau vient fouetter le béton, ne laissant pas vraiment de place pour une serviette.
J’hésite un moment et décide de passer l’après-midi dans un hamac, à lire, rêver à l’avenir et regarder la mer. Les deux chiens de la guesthouse viennent se coucher près de moi. Le mâle a deux tiques grosses comme l’ongle de mon auriculaire sur le dos. Les vagues sont assez violentes. Le vent souffle fort. Après 16h, il a raison de ma résistance et je me réfugie dans ma chambre.
Quelques heures plus tard, une fois la nuit tombée, je vais au restaurant tout proche. Je découvre avec une certaine surprise que le riz n’est pas compris dans le plat qu’on commande (malgré le prix un peu exagéré). Je mange donc du bœuf au gingembre sans rien, en écoutant les bruits de la nuit. Je me rends compte que ce que je pensais être des cris de moineaux un peu limités sont en fait des cris de lézards. Idem pour les cris de grenouilles… J’observe deux lézards embusqués sous un néon et attaquant les insectes attirés par la lumière. Pas bête !
Je me couche vers 22h…
Samedi, je me réveille avec la certitude que je vais bientôt vomir. Après dix minutes à rester immobile, à respirer fort et à penser avec acharnement qu’il n’en est pas question, l’envie passe… Etrange… Je me prépare pour 8h30. un tuk-tuk nous prend (moi et une Néo-zélandaise) et nous amène vers l’embarcadère de Kep. Je comprends alors que je n’aurais pas de petit déjeuner. Je pensais naïvement qu’il était compris dans le l’excursion, comme à Sihanoukville.
D’autres Occidentaux arrivent : un Allemand, une dont j’ignore la nationalité et… une Française et une Allemande francophone ! Le bateau part, chevauchant les vagues avec une assurance toute relative. J’apprends que la Française vit en colocation avec la fille de l’INA PG que j’ai rencontrée dans le bus en revenant de Siem Reap. La coïncidence me plaît beaucoup, et montre à quel point le Cambodge touristique est petit.
Nous arrivons jusqu’à l’Île du Lapin, marchons jusqu’à l’autre côté de l’île et nous installons sur une plage agrémentée de lits de bambous. L’eau est très bonne, un peu moins chaude qu’à Sihanoukville mais c’est très bien. Le coin est très sympa, avec ces bungalows en palme et tout, ses vaches et ses chèvres errantes, son absence de colporteurs… Il ne fait pas très beau et la bronzette peut donc s’éterniser. Un coup de tonnerre énorme, comme on n’en entend que dans les parodies de films d’horreur, éclate soudain. Pourtant le vent et la pluie attendrons sagement que nous allions manger sous un paillote pour se déchaîner. Je mange des crevettes (moi qui n’aime pas ça) et des légumes grillés au barbecue, c’est plutôt bon !
L’après-midi, personne n’étant motivé pour explorer l’île (assez grande) et grimper jusqu’au bunker des Khmers rouges (on n’a surtout peur de se perdre et de rater l’heure du retour), je retourne me baigner.
Au retour, les vagues sont bien plus grosses qu’à l’aller. La barque de 5 mètres de long fait des bonds presque aussi grands et nous arrivons sur le continent trempés. J’ai adoré !
A la guesthouse, il n’y a plus d’électricité. Je prends une douche et je crayonne en attendant le soir. Cette fois-ci je prends du riz sauté, pour être sûr d’avoir des féculents. Je me surpasse en me couchant à 21h.
Dimanche, je me force à faire la grasse matinée, puis je vais regarder la mer dans un hamac en attendant mon bus. Il pleut à seaux. Je profite d’une accalmie pour aller attendre sur le bord de la route. J’ai une demi-heure d’avance, mais vu la légèreté avec laquelle les Khmers traitent les horaires, je me dis qu’il vaut mieux voir large… De fait, le bus arrive une demi-heure… en retard. J’ai donc attendu une heure sur le bord de la nationale. Je m’installe tout devant, et cette fois-ci mon voisin n’est pas malade. Mais je suis tout de même un peu énervé et je ne prends toujours pas de photos du paysage du retour.
Fin du week end.
Bon, et cette semaine, j’ai visité un autre abattoir, avec un état sanitaire tout aussi affolant que celui de la semaine passée. Je suis également allé au restaurant avec Aurélia et Julie et on a passé deux heures à parler des Khmers (surtout Aurélia et moi) pour trouver leurs qualités parmi leurs défauts (on peut faire pareil avec les Français ceci dit).
Jeudi, je suis allé à Kampot avec mes collègues. Journée très intéressante, et repas excellent : pieuvre au poivre de Kampot, crevettes, crabe (comme les crevettes, je n’aimais pas trop ça, mais j’ai changé d’avis), lok lak (c’est du bœuf, mais je n’ai aucune idée du mode de préparation)…
Samedi, j’ai assisté à un spectacle de hip hop pour la première fois de ma vie, et j’ai trouvé ça génial, à la fois poétique, drôle, émouvant et physique. Il y aura un autre spectacle samedi prochain, d’une autre compagnie, j’y serai !
Dimanche, journée loque, massage (j’ai souffert), lecture, et j’ai regardé l’orage.
Lundi, accident de vélo juste devant l’entrée de l’ambassade. Un scooter m’est rentré dedans. Je ne suis même pas tombé (lui si), il n’y a pas eu de blessé, mais ma roue arrière était bien voilée. Pendant un quart d’heure, les gardes de l’ambassade ont discuté avec le conducteur de la moto, qui a finalement voulu me donner de l’argent, ce que je n’ai évidemment pas accepté.
Le midi je suis donc allé faire redresser ma roue. Ça a duré 1h30 (toute ma pause en fait), mais au moins maintenant je sais comment on fait (il me manque les outils, par contre).
Voilà les nouvelles.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 15:58:12 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (1) | Permaliens
Vendredi, lever plus tôt que les jours ouvrables, mais c’est pour la bonne cause. Je regarde le Journal de 20h de France 2 en prenant mon petit-déjeuner (merci TV5 Monde pour la retransmission) : la grippe porcine tuera tout le monde sauf les Français, c’est bon à savoir. Je descends trois étages et j’arrive devant l’arrêt de bu après… une minute de marche. Finalement il y a aussi du bon dans ce quartier. Je me rends compte que ce que je croyais être un appel à la prière quasi-permanent est en fait les annonces en khmer des bus… Haha. Ça me semblait étrange, aussi, n’ayant jamais lu nulle part que les bouddhistes recourraient à ce genre de pratiques. Ça n’empêche que les concerts de percussions à l’aube sont toujours imputables à la pagode.
Le bus pour Kompong Som (Sihanoukville) est annoncé. Je ne comprends que ces deux mots : « Kompong Som ». Je suis quelques personnes qui semblent réagir à l’annonce et se dirigent vers un bus. Gagné, c’est le bon ! Je m’installe. C’est parti pour 4h de route, sans télé (et donc sans karaoké), le rêve !
Je m’endors un moment et je me réveille entouré de collines boisées. C’est magnifique, voilà comment j’imaginais le Cambodge, pas comme un pays plat de rizières à l’infini comme sur la route de Siem Reap.
Le bus s’arrête au bout des deux heures réglementaires, mon voisin descend. Il revient quelques minutes plus tard et me propose un œuf « trafiqué » (ceux avec des épices). Je sais que c’est bon, mais je décline, il n’est que 9h30 du matin (il y a bel et bien un lien de cause à effet ici).
Le voyage reprend, nous traversons des plantations de palmiers (à sucre ? à huile ?) et enfin… nous voyons la mer ! Le bus se gare à côté du Psar Leu (psar = marché) de Sihanoukville. Je me fais aussitôt agresser par les motodops et tuktuks qui décidément n’ont pas l’air de comprendre qu’on puisse vouloir marcher. Je pars, à pied, en quête d’un restaurant signalé sur le Lonely Planet. Une fois n’est pas coutume, mon sens de l’orientation me fait faux bond et je marche pendant dix minutes sous le soleil avant de me rendre compte que je remonte l’avenue dans le mauvais sens. Une fois l’erreur corrigée, je trouve assez rapidement le restaurant. Le cadre est charmant et le serveur compétent, par contre la nourriture n’a aucun intérêt. J’apprécie quand même la pause.
Je repars, cette fois en quête d’une guesthouse sur la route de Serendipity. Je la trouve, je réserve (ce qui est bien au Cambodge c’est qu’on peut arriver partout sans réserver) et j’investis ma chambre. J’installe mes affaires et je ressors. L’établissement voisin propose des excursions sur une île proche. Je réserve pour le lendemain.
Une fois ces formalités remplies, je peux enfin aller à la plage. Elle est à 200 mètres de la guesthouse. Sur la gauche, un tas de rochers m’attire comme un aimant : la baignade attendra…
J’escalade les cailloux glissants pour découvrir ce qu’il y a après eux. Un orage me tombe sur le coin du nez en plein milieu de mon escapade. Je me cache dans une pseudo-grotte. Voyant que ça ne se calme pas, je reprends mon chemin. Je finis par enlever le t-shirt. Le short est trempé, par contre. J’arrive sur une belle plage quasiment déserte, pluie oblige : Sokkha Beach. Je me change comme je peux en essayant de sauver ma serviette du déluge, puis je pars me baigner. L’eau doit frôler les trente degrés, entrer dedans est d’une facilité que je n’avais encore jamais expérimenté. Elle est assez claire, aussi. Je reste à la plage jusqu’à 17h puis je décide d’aller voir un peu les autres avant la nuit.
J’ai ainsi pu découvrir deux choses : il n’y a pas de sentier côtier à Sihanoukville (une bonne partie du trajet étant d’ailleurs masquée par des palissades…) et l’échelle du plan donné par le Lonely Planet a été décidée sans le moindre souci de respecter la réalité. Je marche pendant plus d’une heure, apercevant parfois un bout de mer et rien d’intéressant le reste du temps. Je grimpe finalement sur Victory Hill, colline touristique (bar, restaurant…) sur le déclin. J’y croise un nombre assez choquant de quadragénaires et plus en compagnie d’une ou deux jeunettes khmères, et un nombre encore plus grande de filles n’attendant qu’un geste.
Je m’installe tout de même dans un restaurant. Les nems (vietnamiens) n’ont aucun goût mais le curry du Mekong est très bon.
Retour en motodop. Il est 19h et je suis épuisé. Je savoure une douche froide et je me pose sur le lit en attendant que le temps passe un peu, histoire de pouvoir sortir… ou dormir. En fin de compte je vais me promener sur la plage. C’est donc là qu’ils sont tous ! Attablés face à la mer, je trouve enfin les jeunes que je n’ai pas vus au cours de mes pérégrinations. Je n’essaie pas pour autant de m’incruster et je finis par rentrer. Je m’aperçois qu’entre le bruit du ventilateur et celui de l’extérieur, je suis mal parti pour dormir. Une des options consiste à éteindre le ventilateur. Après dix minutes, en sueur, je me vois contraint de le rallumer. Je m’enfonce du papier toilette dans les oreilles en espérant réussir à fermer les yeux.
Samedi, après une nuit agitée, je me lève à 8h (le réveil a été bien plus tôt, puisque même dans les zones touristiques, les Cambodgiens ne comprennent pas que les étrangers n’ont pas le même rythme). Je me présente au comptoir d’EcoTrek Tour. Un ami du gérant vient me chercher en moto pour me déposer dans une paillotte sur la plage. Je prends mon petit déjeuner puis je monte sur le bateau. Un groupe de Hongkongais s’y trouve déjà. Moi qui comptais faire des rencontres… le bateau démarre et ramasse un second groupe un peu plus loin sur la plage. Des Australiens. Je tente ma chance, mais ils sont entre eux et ne me laissent aucune entrée. Tant pis.
Après une heure de navigation sur une mer bleu-mer entre des îles couvertes de végétation, nous arrivons au premier site de snorkelling. Il est déjà occupé et l’eau n’est pas claire, donc nous contournons l’île pour nous poser un peu plus loin. Le snorkelling, c’est de la « plongée de surface », avec masque et tuba. J’ignorais que ça s’appelait comme ça avant d’acheter le Lonely Planet (décidément).
Bref, on se jette à l’eau. Je découvre bien vite que le masque et le tuba, non contents d’être mes ennemis, complotent pour me noyer. De toute façon, à part du corail blanchâtre et quelques poissons sombres, il n’y a pas grand-chose à voir. Je me contente donc de plonger du bateau et de nager. C’est vraiment agréable.
Nous accostons ensuite sur une autre île, Koh Russei (l’Île du Bambou), sur laquelle quelques bungalows sont implantés. Après une bière, je me promène sur la plage puis me baigne à nouveau. Au bout d’une heure je marche sur un oursin et je découvre qu’il y en a des dizaines. Un peu refroidi, je sors de l’eau pour bronzer (sachant que je suis déjà rouge). Après une nouvelle baignade, je mange (poisson cuit dans de l’alu et légumes frais) et je pars explorer l’île. Le bateau repart dans une heure, à 14h.
Je traverse la forêt en quelques minutes et arrive sur une autre plage avec également quelques bungalows. Je remonte la plage en quête d’un autre chemin pour revenir. Entre temps je me fais mordre méchamment pas une fourmi orange. Ma casquette aussi : même morte, la fourmi ne lâchait pas le tissu.
Je retourne dans la jungle, pieds nus (mes sandales étant restées sur le bateau), sur un sentier large comme mes hanches. Soudain je vois un scolopendre. Puis deux, puis trois, puis des dizaines. Partout en travers de mon chemin. En alternance avec des colonies de fourmis oranges. Un dégoût terrorisé (je sais que si un mille-pattes me touche, je hurle à la mort) me fait hâter le pas, augmentant d’autant le risque de marcher sur une de ces créatures.
Enfin, le cœur prêt à lâcher, j’arrive sur une plage. Enfin, plage… amas de rochers conviendrait mieux.
Il me reste quarante minutes avant le départ du bateau. Je pense « Bon, j’ai le temps, au prochain virage c’est bon ». Je prends donc quelques photos tout en sautillant de rochers en rochers. Le premier virage (cap ?) arrive. Derrière, je ne vois aucune plage, aucun bungalow, aucun bateau… et le prochain cap semble particulièrement éloigné.
Un individu normal aurait fait demi-tour. Trois choses m’ont retenu : ma fierté, les scolopendres et les fourmis. Toujours pieds nus (non je ne me suis pas confectionné des tongs en feuilles de palmiers), j’accélère donc l’allure. Evidemment, je m’étale coccyx en avant sur une dalle glissante, amortissant heureusement le choc avec les mains. La colère et la peur me remettent aussitôt sur pied et je continue ma route en m’incendiant à voix haute : « On n’a pas idée de se balader tout seul dans des rochers quand personne ne sait où on est ! T’es vraiment débile ! Si tu te pètes une jambe t’as le temps de mourir quinze fois de déshydratation avant qu’on te retrouve ! Ou bouffer par les fourmis, tiens ! C’est tout ce que tu mérites ! ».
Je commence à paniquer un peu quand je constate qu’au virage suivant, je ne vois toujours rien qui ressemble à une occupation humaine et qu’il me reste probablement moins de vingt minutes. Je n’ai quand même pas changé d’île ! Perdant alors tout intérêt pour le monde qui m’entoure, je hâte encore le pas, en me répétant « ne mets pas les pieds sur les pierres grises ! » et « s’ils partent sans moi j’ai l’air con ! ». J’esquive les crabes, j’escalade les palmiers morts, je saute sur des arêtes de roches volcaniques sans penser à la douleur…
Puis la délivrance : je vois le gilet de sauvetage orange fluo d’Asiatiques en train de se baigner. J’ai presque envie de crier « Dieu soit loué ».
J’arrive devant le bateau à 13h54, le petit orteil droit en sang, son voisin à moitié écrasé et les plantes douloureuses. Personne ne m’attend pour me décerner un diplôme du parfait fakir. D’ailleurs je suis le premier arrivé, épuisé mais vainqueur, et tant pis si je suis le seul à savoir quelles épreuves je viens de traverser. Ruisselant de sueur comme rarement je l’ai été, je pique une dernière tête et je m’installe à l’arrière du bateau pour souffler. Entre les bestioles, les rochers et le stress, j’ai quand même passé une des heures les plus angoissantes de mon existence. Je suis vacciné contre le crapahutage dans les îles pour un moment… au moins une semaine (ouais parce que je compte quand même passer le week end du 8 mai sur une autre île).
Au retour, le « capitaine » s’arrête dans un autre site de snorkelling. Personne ne plonge. Nous rejoignons donc le continent. Après avoir vidé et rerempli mon sac à la guesthouse, je me rends dans le bar voisin pour boire, enfin : j’enchaîne un milkshake amélioré (banane, chocolat, lait, glace… et yaourt) et un jus d’orange. Je pars ensuite acheter mon ticket de bus pour le lendemain puis retour à la plage, pour lire et me baigner. Ça fait du bien.
Le soir, je mange sur place du poulet et du bœuf au barbecue et je bois deux Angkor Beer (oulala…). Retour à la guesthouse pour une douche et une pause. Je peux vérifier que je suis bel et bien rouge vif. Pelage en perspective.
Vers 21h, je sors à nouveau, direction le Utopia, bar de nuit. La musique est bonne (enfin, occidentale, au moins), l’ambiance est sympa, la clientèle mixte (khmers et touristes). Je discute un peu avec un Suédois qui me permet de comprendre ce que signifie « charme scandinave », je danse un bon moment, puis je pars me coucher, vers 1h du matin. J’avais besoin d’une piste de danse !
Dimanche, je me lève à 9h, petit-déjeune à la guesthouse puis prépare mon sac et paye ma chambre. Je pars sur la plage pour une dernière heure de baignade. A 11h15 je mange dans un restaurant très sympa près de la plage. Finalement je vais à la gare routière en motodop, qui me dit que je suis « very handsome ». Je me retiens d’exploser de rire : avec mon gros nez rouge, mes yeux injectés de sang à cause de l’eau, les cheveux collés par le sel et j’en passe, je dois effectivement représenter le summum de la beauté masculine. A la gare routière il y a une embrouille avec mon ticket, mais comme je suis en avance, on me fait monter dans le bus précédant celui où je suis censé aller. Ca me va.
Après quatre heures de route où j’ai pu voir non seulement du karaoké, mais aussi un film comique de vampires coréen (ou chinois, je ne sais pas trop) atrocement mal doublé mais du coup terriblement drôle, mon appartement me tend les bras. Ma coloc n’est pas encore revenue de son week end. Je lance une machine, je fais un peu de rangement et je me pose devant TV5 Monde, où je découvre avec un bonheur hilare cette merveilleuse série française qu’est « L’Etat de Grâce », ou « si la France était dirigée par une femme, ce serait Plus belle la vie tous les jours ».
Ah ouais, quelques impressions en vrac :
- ici, pas de mouettes et peu de moineaux, mais des mainates, j’aime beaucoup
- se faire siffler comme un chien et klaxonner à longueur de temps par des motodops et des tuktuks qui te proposent des filles et de la drogue, ça détend peu
- j’ai oublié le reste
Bref, j’ai passé un excellent week end !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 16:04:14 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
Aujourd'hui, tout... va... bien... Après un week end profondément introspectif (si tant est que je sois capable d'introspection) et passablement merdique (appelons les choses par leur nom), le moral est de nouveau au beau. Non, pas "beau fixe", ici j'ai appris que le temps était encore plus changeant qu'en Bretagne. Mais ça va très bien, disons.
Alors que s'est-il passé pendant cette semaine où je n'ai rien écrit ? Rien de spécial, quelques rendez-vous, deux visites deux fermes dont l'une où l'étudiant vétérinaire (en stage de fin d'étude) m'a demandé "Tu peux faire le diagnostic de cette maladie?" (sous-entendu "moi non") en me montrant des cochons avec des plaies purulentes style herpès bien avancé. Plus je suis ici et plus je me dis qu'en fait, les critères de sécurité sanitaires qu'on a en France sont exagéré : à force de voir des élevages aussi... hum... ayant d'aussi grosses lacunes sur le plan sanitaire, et de constater que personne autour de moi (ni même moi d'ailleurs) ne meurt des suites de la consommation de la viande qui sort de ces élevages, j'ai l'impression qu'on peut élever un cochon en plein air et lui faire boire son lisier sans le moindre problème. Mais bref, ces visites sont toujours instructives et j'y assiste avec un émerveillement horrifié sans cesse renouvelé.
Vendredi, énorme orage vers 16h, avant la sortie du bureau, donc. J'ai eu un aperçu de ce que sera ma vie dans deux mois : Phnom Penh sous les eaux. Sur le boulevard Monivong, tout baigne (haha), je n'avais de l'eau que jusqu'à la cheville. Etant donnée la lenteur inhabituelle de la circulation, j'ai décidé de prendre les chemins de traverse pour rentrer chez moi. Erreur fatale. Il faut savoir que j'habite au sud de l'ambassade de France, qu'il n'y a pas de route sur la droite (ouest) du boulevard Monivong et que le Tonlé Sap se trouvent quelques centaines de mètres sur la gauche. Très logiquement, le sol descend progressivement vers les berges du fleuve et le boulevard Monivong est donc surélevé par rapport aux rues plus à l'Est (vous me suivez ?). Dans ma grande naïveté, ce sont ces rues que j'ai prises. Presque instantanément j'ai eu de l'eau jusqu'aux mollets (j'étais sur mon vélo), voir jusqu'aux genoux lorsqu'une voiture provoquait des remous. Je peux vour garantir que faire du vélo dans l'eau c'est aussi difficile que gravir un col avec un Vélib/Vélov/[insérez le nom des vélos de votre ville].
J'ai finalement mis pied à "terre" dans les zones les plus difficiles, permettant à l'eau d'atteindre mes cuisses, et je suis allé faire mes courses comme ça. Je me suis bien amusé. Par contre je pense qu'au bout de la dizième ou quinzième fois, ce doit être un peu exaspérant.
Vendredi soir, grosse flemme et hibernation chez moi. Samedi, réveil vers 7h et comatage jusqu'à 9h. Quoi ? 9h ? Il doit y avoir erreur. Je regarde par la fenêtre : la pagode est toujours là. Silencieuse. Je passe cependant la journée dans ma chambre, à lire et à ruminer. Début du coup de blues et de l'introspection. Le soir, j'ai quand même réussi à me motiver à sortir. Je suis allé au restaurant (le même que mercredi, et j'ai pris le même plat) avec Julie et deux nouveaux arrivants français, dont un Toulousain qui me semble tout à fait charmant. Après le restaurant, direction le Dodo, bar à rhum où j'ai pris un jus de mangue (ben ouais, je conduisais après !). Tous les expatriés étaient là, comme d'habitude. Je commence à en connaître certains, c'est magique (mais bon apparemment j'ai un rythme bien plus lent que d'autres arrivés après moi).
Et dimanche, j'arrive une seconde fois à faire la "grasse matinée". Je bouine un certain temps, puis je pars me faire masser dans un cenre sur le boulevard Sihanouk, en face du Lucky Market. Je vous explique : d'abord on entre, on voit qu'il n'y a que des femmes et on pense "oh merde c'est une maison close". On prend son courage à deux mains et on avance, une jeune femme invite le client à s'asseoir et lui lave les pieds. Ensuite, direction une arrière-salle(hum...) avec 5 matelas posés par terre (et là on pense "bon ça va c'est pas un bordel"). On se couche sur le dos et c'est parti pour un massage crânien. Parfait ! Après, on sent quatre doigts s'enfoncer violemment dans les épaules. Et ça continue encore et encore (c'est que le début d'accord d'accord). Une fois qu'on se dit qu'au prochain geste de la masseuse on ne pourra pas retenir un gémissement de douleur, elle passe aux bras et aux mains, et là c'est de nouveau très bien.
Ensuite vient le tour des pieds, puis elle remonte... elle remonte... elle remonte... elle remonte encore... ouf elle s'arrête. Le massage des mollets est hyper douloureux aussi, pourtant là elle n'y va pas pouces en avant. On se met sur le ventre et elle réattaque les omoplates. On serre les dents et on se dit "ça va passer". Elle recommence avec le bras gauche, et on souffle de soulagement, mais soudain, sournoisement, sans prévenir, elle enfonce son pouce sous l'omoplate droite, pile sur une giga courbature, et là on pense "Ah la traîresse ! ".
"How are you sir ?"
"Humph, veeeeery well... "
Ensuite elle descend progressivement, masse un peu les fesses (c'est assez douloureux aussi, les fesses, mais elle ne s'éternise pas) et continue jusqu'aux pieds. Et enfin, assis, et elle fait la nuque, les épaules (pourquoi s'arrêter...) et les omoplates (encore). Et c'est fini.
Une heure de souffrance et de plaisir mêlés. A tous les masochistes : testez les massages khmers/thaïlandais. A tous les gens qui se sont plaints que quand je masse j'y vais trop fort : vous n'êtes que des tapettes. 5 dollars pour une heure, avec un thé au jasmin à la fin (mais le thé c'était peut-être juste parce qu'il y avait un grosse averse). J'y retournerai. Je suis revenu en vélo, en chantant sous la pluie. C'était bien. Je n'ai toujours pas acheté de cape de pluie...
La fin du dimanche m'a servi à bouiner et à discuter sur Internet.
Quant au contenu de mon introspection, voilà... Petites listes de faciités qui me manquent et les conclusions que j'en tire :
Je veux pouvoir me promener dans une ville sans entendre "Tuktuk sir ?" tous les dix mètres. Je veux que ma vie redevienne simple, je veux pouvoir cuisiner à nouveau des choses connues, je veux pouvoir voir mes amis, je veux que quand je claque 10 dollars pour une carte recharge de crédit téléphonique, j'obtienne 10 dollars de crédit téléphonique et pas 0, je veux pouvoir aller au cinéma même si je n'y vais jamais, je veux aller dans des bars pour voir des Français sans pour autant me dire que c'est un refus d'intégration, je veux voir des prix affichés et ne pas avoir à marchander...
Je ne suis pas fait pour les pays en développement. J'ai besoin d'ordre,de confort et de calme, trois choses qui n'existent pas simultanément ici.
Je comptais bosser à l'étranger.
Je suis de plus en plus persuadé que l'étranger sera Bruxelles. Ou à la limite l'Espagne (sauf que d'ici six mois j'aurais perdu toutes mes connaissances en espagnol, ça a déjà commencé).
C'est dur de voir s'effrondrer comme un château de cartes les illusions qu'on nourrissait à son propre sujet : aventurier, explorateur, sans racines... Mon c*l... "Nomade" ? Haha... J'aime partir, mais en gardant des ponts vers mon ancienne vie et en construisant de nouvelles relations. Ici, Internet est mon seul pont vers l'Occident, mon seul repère fixe dans un Orient dont je ne supporte pas la logique et la langueur. Et quelles relations construis-je ? Quelques repas (d'ailleurs très agréables) au restaurant avec des Français de passage, quelques camaraderies avec des expatriés de longue date que j'admirais mais que je sais désormais ne jamais pouvoir imiter. Rien de solide pour le moment, pas d'amitié forte comme j'en ai eu à Bruxelles, encore moins de relations amoureuses. Moi qui pensais que Bruxelles avait fini de me socaliser, me voilà plongé jusqu'au cou dans ma timidité et mon inadéquation avec mon environnement et les gens qui y évoluent.
Je culpabiliserais presque de ne pas me lever tous les jours en pensant que le Cambodge est un pays formidable (ce qui est vrai) mais au contraire de me focaliser sur ces défauts : un peuple passif (ok, c'est très bien d'être passif, mais pas en tout, quoi), désorganisé, bruyant, dirigé par une élite corrompue rendant d'autant plus ardue le développement du pays et l'accès à des services auxquels un Occidental tel que moi est habitué et considère comme normaux, englué qu'il est dans des schémas de consommation qu'il critiquait sans pour autant envisager de s'en passer et qui, maintenant qu'il est mis face à ses contradictions, boude et déprime comme un enfant gâté à qui on refuse un bonbon.
Ah ça, les voyages forment la jeunesse... Celui-ci sera aussi riche en enseignements que mon stage à Bruxelles, même s'il sera aussi beaucoup plus éprouvant. Par bonheur, mon tempérament de girouette optimiste me préserve des coups de blues de plus de deux jours et me permet de voir aussi le bon côté des choses. Aujourd'hui [j'ai écrit ça samedi], le girouette désigne obstinément de Nord-Ouest et l'Europe, mais je sais qu'elle finira par changer de cap et par me désigner l'Asie et ses trésors.
Je sais que j'ai malgré tout une chance inouïe et que ce séjour, même s'il est violent, sera positif ne serait-ce que par le fait qu'en revenant en France je saurai un peu mieux qui je suis, ce que je veux... et ce que je ne veux pas. Mais n'empêche, j'en chie...
Ce n'est pas négatif, c'est... initiatique. Il y a quelques décennies il y avait l'armée pour passer à l'âge adulte et apprendre à mieux se connaître, à présent nous choisissons nous-mêmes nos rites de passage. Je ne regrette pas d'avoir choisi celui-là. Si je n'en bavais pas un peu, où serait le défi (je n'ai pas encore assez grandi, je raisonne toujours en "Chiche ou pas chiche ?"), où serait l'apprentissage, où serait la rupture du cordon et la sortie du cocon familial (là il n'y a pas de problème, je la sens bien la rupture) ?
J'ai peut-être simplement été un peu prétentieux, aveuglé que j'étais par mes certitudes d'être capable de conquérir le monde, par un remugle de crise d'adolescence tardive qui me faisait croire que puisque j'avais déménagé toute ma vie, cela signifiait que j'étais capable de me détacher de tout et de tourner le dos fièrement à la France et à ceux qui y restaient. La chute du nuage et le choc avec le plancher des vaches sont aussi douloureux que mon orgueil était grand, mais c'est un mal pour un bien : je sais maintenant que ma modestie n'était qu'une farce à laquelle j'avais moi-même fini par croire. J'avais pris la grosse tête sans m'en rendre compte, à me croire plus fort et plus adaptable que tout le monde. Finalement, moi aussi j'ai besoin d'une machine à laver qui fonctionne et de vivre dans une rue qui ne sent pas les égouts.
Je crois que les deux traits de caractère qui m'ont poussés ici sont ceux-ci : inconscience et orgueil, même si une authentique curiosité de découvrir autre chose que l'Occident n'était pas loin non plus, derrière ces deux défauts.
Voilà. Comme je l'ai dit, ce texte date de samedi, et même si je n'en renie pas le fond, il faut en nuancer la forme : il y a des hauts et des bas et toutes mes réactions sont amplifiées par mon manque de repères. Et samedi était un bas. Il n'empêche que je ne passerai pas ma vie au Cambodge, ni dans un pays non-Européen, et que ça remet en question tout ce que je pensais de moi et toutes mes ébauches de plan de carrière. C'est ça qui a été assez dur en fait : me rendre compte que je m'étais trompé à mon sujet et l'accepter. C'est fait, mais ça nécessitait un coup de blues. Je pense que du coup je serais plus à même d'affronter le reste du séjour et les contrariétés qui ne manqueront pas d'arriver. C'est peut-être ça, la sagesse bouddhiste : se dire que ça passera et que dans une autre vie (quand je reviendrai en Europe) tout ira mieux. Héhé !
Bref, aujourd'hui tout va bien et c'est ce qui compte !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume, qui est quand même dans un beau pays.
Publié par Guillaume1712 à 13:35:20 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (3) | Permaliens
Voilà quelques constats que j’ai pu faire à partir de mes observations d’un échantillon non représentatif de Cambodgiens. Ce texte ne constitue pas un jugement, même si à vivre quotidiennement ces comportements peuvent me hérisser le poil…
- Les Cambodgiens que je connais ne remplissent jamais le réservoir de leur véhicule.
- D’ailleurs s’ils savent qu’ils doivent faire un long trajet, ils ne rajoutent pas d’essence la veille, ils préfèrent le faire le jour même et partir en retard sur leurs prévisions.
- Si un feu rouge se profile à l’horizon, ils préfèrent tourner avant pour le contourner, même s’ils savent que le vérifier à chaque fois que le détour prend deux à trois fois plus de temps que l’attente au feu. Mais au moins ils ne se sont pas arrêtés…
- Si on montre à certains Cambodgiens qu’il existe un raccourci pour aller d’un point A à un point B, qu’ils l’empruntent et constatent la chose par eux-mêmes, il ne leur viendra pas à l’idée de l’utiliser dans l’autre sens et encore moins de partager l’information autour d’eux.
- Beaucoup de Cambodgiens ne savent pas dire « non » et préfèrent accepter, quitte à inventer des excuses impossibles à croire plus tard.
- Quand un Cambodgien découpe un poulet, il s’arrange pour qu’il y ait des bouts d’os dans chaque morceau.
- Les Cambodgiens disent « Bonjour Monsieur Prénom » et pas « Bonjour Monsieur Nom » comme nous. C’est le seul point dont je comprends la logique.
En plus de ça, c’est parfois très difficile de comprendre la façon dont ils exposent les choses. Ils n’ont pas la même notion du temps que nous (qui datons les événements quand nous les racontons) et on se retrouve avec un mélange d’éléments passés (parfois de plusieurs années), présents, voire futurs, parfois sans rapport avec le sujet initial de la conversation, mis bout à bout sans qu’il soit possible à un Européen de percevoir les soutènements logiques de l’ensemble. C’est assez frustrant puisqu’il faut alors tenter de choper un bout de l’histoire et de dérouler la pelote de laine qu’ils en font, centimètre par centimètre et sans s’énerver, en posant des questions simples pour tenter d’empêcher les digressions inévitables. Je ne suis même pas capable de vous retranscrire des exemples tellement certaines conversations sont surréalistes : je n’arrive tout simplement pas à les comprendre donc à les enregistrer... C’est épuisant et ça fait perdre du temps.
Bon je tente un exemple quand même :
- A ton avis c’est possible d’avoir ce contact ?
- Oui mais je dois demander à un ami mais il n’est pas là en ce moment parce qu’il passe des examens et donc il n’a pas le temps de me répondre.
- Même pour un coup de fil de 5 minutes ?
- Oui mais sa mère est malade et il est rentré chez lui.
- Et il n’y a pas le réseau chez sa mère ?
- Si mais il faut qu’il aille chercher des médicaments.
A ce stade il faut respirer profondément.
- …… Hunhun…… Donc en fait il n’est pas possible d’avoir ce contact.
- Si si je vais appeler un autre ami.
- …
Là, il est possible de penser « Mais il se fout de ma gueule ?! », mais déconseillé de formuler cet avis à voix haute, parce que non, il ne se moque pas.
Dans la réalité la conversation et les réponses seraient beaucoup plus longues et alambiquées, mais ça vous donne une idée de la difficulté. Peut-être que le fait que le français ou l’anglais ne soit pas leur langue complique les choses, mais je ne pense pas que ça impacte vraiment la logique (au contraire, quand j’ai du mal avec une langue j’essaie d’aller droit au but pour recourir au moins de vocabulaire possible).
Evidemment il y a aussi des Cambodgiens très clairs qui parviennent à éviter les parenthèses non nécessaires. Bizarrement ce sont ceux-là qui sont à la tête d’entreprises…
C’est assez dommage parce qu’avec un peu plus d’organisation, je pense que les Cambodgiens pourraient gagner des années dans leur progression vers un état de développement plus avancé (comme les voisins Thaïlandais), même si ce n’est pas le seul paramètre qui entre en jeu.
Publié par Guillaume1712 à 18:58:23 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (3) | Permaliens
Mardi, j’ai eu une bouffée soudaine d’enthousiasme : je me suis rendu compte que j’avais quand même de la chance d’être ici (même si c’est en grande partie moi qui me suis créé cette chance). La chaleur étouffante est soudain devenue agréable, les klaxons ont disparu de mes oreilles (certes, l’une d’elle est à moitié fermée en ce moment sans que j’arrive à savoir pourquoi), la poussière ne me faisait plus cligner des yeux et suffoquer, bref, j’étais bien.
Ce matin, la rage a consumé cet élan d’allégresse en quelques secondes. Quelques secondes, c’est le temps qu’il m’a fallu pour bondir hors de mon lit à 5h30 du matin à cause d’un nouveau concert de percussions des bonzes de la pagode voisine. Le bouddhisme cambodgien m’inspire un scepticisme teinté de déception mais la pagode en face de ma fenêtre est en train de cristalliser une haine farouche des traditions religieuses bruyantes (les autres ça va), que je combats comme je peux pour ne pas passer à mes propres yeux comme un infâme colon refusant de s’intégrer. D’un seul coup, la poussière, le bruit de la rue, la conduite de chauffards, les odeurs des gaz d’échappement me sont revenus avec force.
Alors oui, le Cambodge est un beau pays avec un peuple charmant et accueillant. Mais non, je ne pense pas y retourner pour travailler après mon stage. Ou alors pour vivre dans un coin de Phnom Penh éloigné de toute pagode et des grandes et petites artères de circulation.
L’avantage de ce stage c’est qu’en revenant en France je serai capable de ne dormir que 4 heures par nuit et d’être quand même actif toute la journée.
A part ça, ce soir je suis allé au restaurant avec deux touristes français rencontrés dans le bus dimanche. J'ai mangé un steak au poivre de Kampot et des pommes de terres sautées. Le bonheur est une chose si simple... J'ai passé une excellente soirée.
Demain ou après-demain je mettrai des photos de Siem Reap.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 18:56:26 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| >>
Commentaires