Voilà quelques constats que j’ai pu faire à partir de mes observations d’un échantillon non représentatif de Cambodgiens. Ce texte ne constitue pas un jugement, même si à vivre quotidiennement ces comportements peuvent me hérisser le poil…
- Les Cambodgiens que je connais ne remplissent jamais le réservoir de leur véhicule.
- D’ailleurs s’ils savent qu’ils doivent faire un long trajet, ils ne rajoutent pas d’essence la veille, ils préfèrent le faire le jour même et partir en retard sur leurs prévisions.
- Si un feu rouge se profile à l’horizon, ils préfèrent tourner avant pour le contourner, même s’ils savent que le vérifier à chaque fois que le détour prend deux à trois fois plus de temps que l’attente au feu. Mais au moins ils ne se sont pas arrêtés…
- Si on montre à certains Cambodgiens qu’il existe un raccourci pour aller d’un point A à un point B, qu’ils l’empruntent et constatent la chose par eux-mêmes, il ne leur viendra pas à l’idée de l’utiliser dans l’autre sens et encore moins de partager l’information autour d’eux.
- Beaucoup de Cambodgiens ne savent pas dire « non » et préfèrent accepter, quitte à inventer des excuses impossibles à croire plus tard.
- Quand un Cambodgien découpe un poulet, il s’arrange pour qu’il y ait des bouts d’os dans chaque morceau.
- Les Cambodgiens disent « Bonjour Monsieur Prénom » et pas « Bonjour Monsieur Nom » comme nous. C’est le seul point dont je comprends la logique.
En plus de ça, c’est parfois très difficile de comprendre la façon dont ils exposent les choses. Ils n’ont pas la même notion du temps que nous (qui datons les événements quand nous les racontons) et on se retrouve avec un mélange d’éléments passés (parfois de plusieurs années), présents, voire futurs, parfois sans rapport avec le sujet initial de la conversation, mis bout à bout sans qu’il soit possible à un Européen de percevoir les soutènements logiques de l’ensemble. C’est assez frustrant puisqu’il faut alors tenter de choper un bout de l’histoire et de dérouler la pelote de laine qu’ils en font, centimètre par centimètre et sans s’énerver, en posant des questions simples pour tenter d’empêcher les digressions inévitables. Je ne suis même pas capable de vous retranscrire des exemples tellement certaines conversations sont surréalistes : je n’arrive tout simplement pas à les comprendre donc à les enregistrer... C’est épuisant et ça fait perdre du temps.
Bon je tente un exemple quand même :
- A ton avis c’est possible d’avoir ce contact ?
- Oui mais je dois demander à un ami mais il n’est pas là en ce moment parce qu’il passe des examens et donc il n’a pas le temps de me répondre.
- Même pour un coup de fil de 5 minutes ?
- Oui mais sa mère est malade et il est rentré chez lui.
- Et il n’y a pas le réseau chez sa mère ?
- Si mais il faut qu’il aille chercher des médicaments.
A ce stade il faut respirer profondément.
- …… Hunhun…… Donc en fait il n’est pas possible d’avoir ce contact.
- Si si je vais appeler un autre ami.
- …
Là, il est possible de penser « Mais il se fout de ma gueule ?! », mais déconseillé de formuler cet avis à voix haute, parce que non, il ne se moque pas.
Dans la réalité la conversation et les réponses seraient beaucoup plus longues et alambiquées, mais ça vous donne une idée de la difficulté. Peut-être que le fait que le français ou l’anglais ne soit pas leur langue complique les choses, mais je ne pense pas que ça impacte vraiment la logique (au contraire, quand j’ai du mal avec une langue j’essaie d’aller droit au but pour recourir au moins de vocabulaire possible).
Evidemment il y a aussi des Cambodgiens très clairs qui parviennent à éviter les parenthèses non nécessaires. Bizarrement ce sont ceux-là qui sont à la tête d’entreprises…
C’est assez dommage parce qu’avec un peu plus d’organisation, je pense que les Cambodgiens pourraient gagner des années dans leur progression vers un état de développement plus avancé (comme les voisins Thaïlandais), même si ce n’est pas le seul paramètre qui entre en jeu.
Publié par Guillaume1712 à 18:58:23 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (3) | Permaliens
Mardi, j’ai eu une bouffée soudaine d’enthousiasme : je me suis rendu compte que j’avais quand même de la chance d’être ici (même si c’est en grande partie moi qui me suis créé cette chance). La chaleur étouffante est soudain devenue agréable, les klaxons ont disparu de mes oreilles (certes, l’une d’elle est à moitié fermée en ce moment sans que j’arrive à savoir pourquoi), la poussière ne me faisait plus cligner des yeux et suffoquer, bref, j’étais bien.
Ce matin, la rage a consumé cet élan d’allégresse en quelques secondes. Quelques secondes, c’est le temps qu’il m’a fallu pour bondir hors de mon lit à 5h30 du matin à cause d’un nouveau concert de percussions des bonzes de la pagode voisine. Le bouddhisme cambodgien m’inspire un scepticisme teinté de déception mais la pagode en face de ma fenêtre est en train de cristalliser une haine farouche des traditions religieuses bruyantes (les autres ça va), que je combats comme je peux pour ne pas passer à mes propres yeux comme un infâme colon refusant de s’intégrer. D’un seul coup, la poussière, le bruit de la rue, la conduite de chauffards, les odeurs des gaz d’échappement me sont revenus avec force.
Alors oui, le Cambodge est un beau pays avec un peuple charmant et accueillant. Mais non, je ne pense pas y retourner pour travailler après mon stage. Ou alors pour vivre dans un coin de Phnom Penh éloigné de toute pagode et des grandes et petites artères de circulation.
L’avantage de ce stage c’est qu’en revenant en France je serai capable de ne dormir que 4 heures par nuit et d’être quand même actif toute la journée.
A part ça, ce soir je suis allé au restaurant avec deux touristes français rencontrés dans le bus dimanche. J'ai mangé un steak au poivre de Kampot et des pommes de terres sautées. Le bonheur est une chose si simple... J'ai passé une excellente soirée.
Demain ou après-demain je mettrai des photos de Siem Reap.
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 18:56:26 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
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