Hier soir, premier orage depuis mon arrivée ici. Au début, aucun coup de tonnerre, seulement des éclairs et un torrent de pluie. Ensuite on a bien eu un peu de bruit, mais à peine, la pluie était ce qu’on entendait le plus. En tout cas, ça fait plaisir de voir de l’eau quand ça fait plusieurs jours qu’on se demande si les nuages sont là juste pour faire joli.
Ce matin, Borin vient me chercher à 9h (soit avec une heure de retard) et nous partons pour une ferme de sélection porcine. Ce qui signifie sortir de Phnom Penh. Je suis aux anges. On traverse le Tonlé Bassac et on s’enfonce dans la province de Kandal (je crois). Nous quittons rapidement les routes goudronnées pour nous retrouver sur des pistes boueuses. J’adore ça ! On arrive à la ferme après moults détours, on passe une heure à discuter, puis on visite. Même si la ferme rendrait fou les services vétérinaires européens, je la trouve très propre. Et pour moi qui n’y connais pas grand-chose, c’est passionnant.
Nous finissons par reprendre la route, pour aller manger dans un bouiboui qui longe la nationale. Evidemment, c’est excellent, et 8h après je suis toujours en vie, donc c’est décidé, j’arrête d’être prudent vis-à-vis de ce que et où je mange (enfin tout est relatif).
L’après-midi, nous visitons une station de recherche, où je découvre des légumes que je ne connais pas, puis nous nous mettons en quête de cultivateurs. Pour cela, nous retraversons le Tonlé Bassac, mais en bac, cette fois-ci. L’équipée dure trois minutes, mais je suis comme un gamin.
Borin s’arrête pour acheter des euh… fruits de lotus (ça ne doit pas s’appeler comme ça, mais bon). Ça a le goût et la texture de noisettes pas tout à fait mûres, c’est étonnant. Quelques minutes de route encore, et il s’arrête de nouveau, devant un couple (frère et sœur peut-être) qui vend du jus de canne à sucre. J’en rêvais depuis des heures, et peu importe que l’eau qui sert à faire la glace ne soit sûrement pas purifiée. La pause est bienvenue.
Après encore quelques kilomètres de nids-de-poule, nous tombons sur un agriculteur en pleine pulvérisation d’un champ de chou. Sans masque, sans gants, avec son chapeau chinois qui retient bien les vapeurs au niveau de son visage, bref, l’exemple parfait de ce qu’il faudrait éviter pour conserver sa santé. Il nous dit (comme je m’y attendais) qu’il n’a pas le temps de nous parler et nous redirige vers un groupe d’hommes qui discute un peu plus loin. Nous quittons donc son champ, achevant de nous repeindre de boue au passage, et allons voir ses messieurs. Ils nous parlent des difficultés de la culture de légumes ici et du fait qu’ils ne voient pas vraiment leur situation s’améliorer.
Nous repartons encore, visitons un peu les environs, nous faisons inviter à boire par une bande d’agriculteurs en pause, déclinons l’offre et reprenons la route de Phnom Penh.
Je comprends désormais le sens premier de l’expression « en avoir plein le cul ». Il suffit de passer une journée sur un scooter cambodgien pour se faire sa propre opinion sur la question. J’ai pourtant passé une excellente journée, au grand air, au contact de « vrais gens » qui m’ont appris quelques trucs. Ça fait du bien.
Et ce soir, l’orage a repris. J’imagine qu’il va falloir investir dans un K-Way ou trouver un moyen de fixer mon parapluie mourant sur mon guidon branlant. Encore quelques aventures en perspectives !
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 16:10:29 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (2) | Permaliens
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