<< Vis le soir, mais pas trop tard ! | C'est dur de trouver des titres, hey ! | Je ne veux pas aller vers ce que jaime, mais vers ce que je ne connais pas >>
Dimanche, après un réveil à peu près naturel vers 7h du matin et deux bonnes heures à me prélasser dans mon lit (pendant que le plombier répare l’évier, j’ai même réussi à comprendre qu’il comptait changer les joints, vive le mime), je pars en quête d’un rasoir. J’en ai vu UNE fois ici, je me dis donc qu’il vaut mieux faire un stock. J’entre dans un magasin, et je me rappelle un peu tard que ce n’est pas dans celui-là que j’avais croisé Gilette. Je tourne vingt minutes dans la boutique et finalement, ô miracle, j’en trouve. Mission accomplie.
Je me dirige ensuite vers le marché Orussey pour acheter des fruits. Encore une fois, j’entre du côté des poissons. Dommage. Je fais le tour des stands et je ressors sans rien acheter. Je ne connais pas les prix du marché et je sens gros comme une maison que je vais me faire arnaquer, ça me démotive complètement. En plus de ça, la plupart des fruits exposés me sont totalement inconnus. Va falloir que je demande conseil à mon collègue.
Retour à l’appartement, où la chaleur m’assomme. En plus de ça, je dois lire un rapport de 200 pages pour le rendre le lendemain, et je ne l’ai pas encore ouvert. J’y consacre donc 4h, avant de faire une sieste.
18h arrivent et je pars en vélo au Centre Culturel Français. Je laisse ma fenêtre ouverte dans l’espoir que l’air frais entre. Au CCF, je retrouve des gens que je connais et on s’installe pour le concert de Siméo, un Français « qui fait des boucles ». En gros, il est seul en scène avec plusieurs instruments (une feuille de papier étant un instrument), sa bouche, ses doigts et pas mal d’électronique, il crée des rythmes qu’il enregistre en direct puis il les fait tourner en boucle et joue et chante par-dessus, si bien qu’on a l’impression d’avoir tout un groupe, voire une chorale. Le concept est assez original, j’ai eu du mal à entrer dedans, mais finalement j’ai adoré. Le gars a de l’humour (en même temps, vu la taille minuscule de la salle et le public clairsemé, ça valait mieux) et du talent, même si ses textes sont parfois un peu… hum… gentils. Parfois, hein.
Ensuite, retour au bercail, repas, lessive… Une vérité quasi-universelle se rappelle à moi : les insectes aiment le blanc. Une colonie de pucerons à profiter de ma fenêtre ouverte pour s’installer sur mes draps. « Bon, ce ne sont que des pucerons », pensé-je innocemment. Une première piqûre dans le dos ne me met pas la puce à l’oreille (ben non puisqu’elle est dans le dos)(pardon). La deuxième piqûre touche ma main. En baissant les yeux je comprends que les pucerons cambodgiens sont carnivores.
En plus de ça, j’ai ramené de la nourriture de la cuisine. J’en mange un peu, je pose le paquet sur le lit et quand je regarde à nouveau, je vois une trentaine de fourmis. Ce qui signifie 1) que j’ai mangé des fourmis et 2) qu’il faut vraiment que je trouve des boîtes hermétiques. C’en est trop. Pucerons, passe encore. Fourmis, j’accepte. Mais les deux sur mon lit et/ou dans mon estomac, non. Pour une plus grande rapidité de traitement, je sors ma bombe insecticide. C’est efficace. La sérénité m’envahit. Je nettoierai quand même les draps demain.
Après cette lutte épique, je me couche enfin.
Lundi, je commence la journée en me perdant. Je finis par retrouver la route des locaux de l’association à qui je dois rendre le rapport lu hier. J’arrive à mon propre bureau en sueur après 45 minutes de vélo, tout baigne (c’est le cas de le dire). Je commence à peaufiner le plan de mon étude, pour pouvoir orienter mes questionnaires plus précisément à l’avenir.
A midi, je rentre chez moi.
J'en profite pour me prendre ma première amende :
*Traverse le carrefour comme tous les gens le font : n'importe comment*
*Sifflement et policier se mettant au milieu de la route*
Et merde...
*Regard autour pour voir si c'est bien pour moi.*
Et merde...
*Arrêt et grand sourire*
- Hello !
- fîbzefeguvohfreçgyuub (traduction : gare-toi et viens par là)
*Exécution*
- American ?
- Bien sûr, et puis quoi encore ! French ! Barang !
*Sourire du policier*
- eàgjjfegubpvtrà (explication de mon infraction)
- I don't understand.
- bzînaigkvneghàegb
- Ouais mais je ne viens pas d'ici, je viens de là-bas, regarde.
- tgbzbejbev
- Nan mais c'est bon j'ai bien compris que tu voulais me baiser.
- How much ?
- How much ? Tu rigoles ? Official price, nanmého !
- Five dollars.
- Mais bien sûr, prends-moi pour un con. A té a té ! (non) Moy dollar ! (un dollar)
- A té a té a té ! Five dollars !
- Tu rêves je te dis. Moy !
- Aaaaah, friend price, bôn dollars ! (quatre)
- A té a té !
Finalement je m'en suis tiré pour deux dollars. Se prendre une amende à 50m de chez soi, ça fait un peu chier, même pour deux dollars. Mais bon c'était drôle, j'aurais pu tomber sur un gros con.
Je pense que c'est un mauvais plan de répondre "Yes" à "American ?", j'ai vu dans ses yeux qui réévaluait le montant de l'amende quand j'ai dit "French".
Voilà les news. L'après-midi n'a rien eu d'extraordinaire. Ah, juste, un truc qui me fait bien rire ici : les plaques d'immatriculation "CD"... sur des scooters. Je n'avais jamais vu ça. D'ailleurs ici il y a un nombre impressionnant de plaques spéciales : CD, OI (Organisation Internationale j'imagine), ONG, State, Army, National Assembly, Government, Police, il n'y a qu'à faire son choix. Et sur les routes, on voit deux types de voitures: la Nissan Camry (enfin je crois que c'est nissan) et les énormes 4x4 et pick-up Lexus. Ce n'est pas vraiment le pays où on pourrait s'attendre à voir ça, c'est assez perturbant, d'autant qu'on n'en croise pas une ou deux par jour, mais plutôt une centaine... Pour certains, c'est l'investissement d'une vie, pour d'autres... On va dire que certaines poches ne sont pas remplies que par les fiches de paye.
Bref...
Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 13:28:00 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) | Permaliens
Commentaires