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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

De découverte en découverte | 03 mars 2009

Deuxième jour et toujours en vie !

 

Ce matin, je me suis réveillé au doux chant des oiseaux. C'est toujours plus agréable que les klaxons. Un coup d'œil au réveil m'apprend qu'il est... 5h30. Je tente en vain de me rendormir et je me contente finalement de végéter pendant un peu plus d'une heure, profitant au maximum de la caresse du courant d'air provoqué par le ventilateur.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Je me lève, je déjeune puis je prends ma douche (froide, pas le choix, mais en fait ça fait du bien). Je finis de me préparer en repoussant au maximum le moment de mettre autre chose qu'un slip (ah si seulement on pouvait bosser en sous-vêtements ici...), puis j'y vais.

 

Je trouve un moto-dop au bout de la rue, c'est-à-dire à dix mètres du portail, je lui sors « Tut barang » (« ambassade France »), il me répond « Tut barang » avec un hochement de tête signifiant qu'il a compris, qu'il connaît l'endroit et que je n'ai pas été trop ridicule et je monde derrière lui. Il me fait passer devant quelques monuments (je ferai des photos ce week-end ou le suivant) et j'arrive sans encombre devant l'ambassade. Je sors deux dollars. Il ne marchande pas. Je comprends que je viens de m'arnaquer tout seul. Bon, je ferai mieux demain...

 

Je passe devant les gardes, je montre mon passeport et j'entre enfin dans ce lieu mythique (j'exagère ?). C'est assez neuf, et ô joie, c'est climatisé. Je franchis la porte de la mission et ma cheffe et mon collègue m'accueillent, avant de me faire faire le tour des lieux et de me présenter aux autres. Un petit café pour faire semblant d'être civilisé et je m'installe à mon tout nouveau poste de travail.

La matinée passe vite (je suis arrivé tard) et je vais manger avec mon collègue khmer dans un restaurant typique. Poulet au gingembre et porc à la tomate, c'est bon.

 

Retour au bureau où je vais voir la petite harde de biches qui vit dans le parc de l'ambassade, puis je continue de compulser des documents pour me mettre à la page sur la situation ici. Ensuite j'ai des explications sur ma mission au cours des six prochains mois. Je ne devrais pas chômer. Je commence à bosser dès que le briefing est terminé.

 

Je quitte l'ambassade vers 17h30 et je décide de rentrer à pied. Après tout il ne fait que 30° et je porte un jean tout ce qu'il y a de plus léger et une chemise pas du tout noire. Au bout de dix minutes de marche, je m'aperçois que l'absence d'échelle sur le plan que j'ai m'a rendu quelque peu optimiste : je suis au bas mot à 7 kilomètres du réfrigérateur qui hante mes pensées. Mais j'ai commencé et il est hors de question de revenir en arrière (ou en l'occurrence de lever la main pour appeler un moto-dop) : j'ai ma fierté. Malheureusement.

Je continue donc ma route, observant la tache de sueur qui grandit progressivement sur mon torse et sentant la même en plus étendue qui progresse aussi dans mon dos. Les Khmers que je croise se moquent de moi. Rien de plus normal.

J'avance, je passe du côté du Marché Central, impressionnant, puis je bifurque vers le Monument de l'Indépendance et je reviens en terrain à peu près connu... A peu près seulement, j'arrive tout de même à me perdre et j'atterris près du port et des chantiers, dans des espèces de cul-de-sac peuplés de chiens errants et de miséreux faisant la cuisine sur des braseros à même le sol. Evidemment la nuit tombe à ce moment. Je continue mon chemin comme si de rien n'était, ignorant les chiens qui me suivent en grognant. Je sors enfin de ces ruelles accueillantes et je retrouve le boulevard que je cherchais. Je tombe pile devant la résidence de l'ambassadeur de Russie, à côté de laquelle se trouve « ma » rue. Pourquoi, comment, je ne le saurai jamais. Mon sens de l'orientation n'est vraiment pas mauvais.

Ma montre m'indique que mon périple à duré 1h10. J'ai ma réponse : aller au boulot à pied est une mauvaise idée.

Je rentre et je vois Julie et trois de ses amis en plein cours de khmer. Je dis bonjour et me précipite dans la pièce d'à côté pour virer la serpillière qui me tient lieu de chemise et boire un grand coup de cette eau dont j'oublie même qu'elle a un sale goût. Je me pose ensuite une vingtaine de minutes avec le ventilateur en pleine face, histoire de me sécher et de me rafraîchir.

J'assiste ensuite à la fin du cours de khmer tout en récupérant de ma folle équipée à travers la jungle phnom-penhoise.

 

Une fois le prof parti, quelqu'un annonce « On se fait une fondue ? ». Je ne laisse rien paraître, mais je me décompose intérieurement : je meurs déjà de chaud. Mais les autres sont pour, alors je suis le mouvement.

Il s'avère qu'une fondue khmère n'a strictement rien à voir avec son homologue savoyarde, si ce n'est le réchaud. En fait c'est une soupe dans laquelle on jette des légumes, de la viande et des nouilles. C'est effectivement chaud, mais au moins ça n'est pas aussi radical.

 

Après ce repas et cette journée bien remplie, retour au bercail, dans le rayon d'action du ventilateur. Comme prévu, il suffisait d'un peu de sommeil pour que le moral revienne !

A bientôt pour de nouvelles aventures au pays du sourire éternel !

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 17:45:01 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (3) |