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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

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Vis le soir, mais pas trop tard ! | 28 mars 2009

Alors, où en étais-je ?

 

Jeudi, deux rendez-vous, dont un au Ministère de l’Agriculture. J’ai donc dû me résoudre à enfiler mon costume et, pire, une chemise à manches longues. Si un jour j’accède à de hautes fonctions, je laisserai mon staff s’habiller comme il veut et je viendrai moi-même en short, surtout si c’est au Cambodge. Ces conventions vestimentaires sont vraiment absurdes.

Les rendez-vous étaient intéressants, la journée pas très remplie.

Le soir, je me suis remis en short avec délectation puis je suis parti en quête de Romain, un illustre inconnu jusqu’à la veille au soir, quand je reçois un mail disant en gros « Salut, je suis à Phnom Penh pour quelques jours, ça te dit qu’on se voie ? ». Bien sûr que oui ! Je trouve sa guest-house, il descend et nous nous posons dans un bar un peu plus loin. J’exerce mon khmer de survie en demandant un pichet d’Angkor Beer et ça fonctionne (bon ok, Romain fait les gestes en même temps, ça aide aussi). Romain me raconte sa vie itinérante l’été, de festival en festival pour vendre ses créations et ce qu’il achète pendant sa vie itinérante l’hiver dans les marchés d’Asie. Je ne suis pas persuadé de pouvoir adopter ce mode de vie, mais ça doit être assez génial. Du coup il me parle d’autres pays d’Asie et des différences avec le Cambodge, c’est instructif.

 

Après le bar, je l’emmène (non sans me paumer) au Romdeng, un restaurant tenu par une ONG qui forme les enfants des rues aux métiers de la restauration (hum je crois que j’ai déjà écrit mot pour mot cette explication quelques messages auparavant). Je me rends compte qu’il y a une piscine. Je ne l’avais pas vue la dernière fois. On s’assoit juste à côté. Dur… :p

La cuisine est excellente, mais bon ça n’est pas un scoop.

On finit par rentrer, assez tôt (d’un point de vue français). J’ai passé une soirée bien agréable, c’est assez marrant de rencontrer quelqu’un d’aussi différent et dans ces circonstances-là.

 

 

Vendredi, encore un rendez-vous au Ministère l’après-midi, mais cette fois je feinte : jeans-tongs le matin, et le midi je rentre me changer et j’en profite pour manger chez moi. Le break fait du bien. Le rendez-vous au Ministère est… comment dire en restant poli… totalement inutile. Il aurait pu être intéressant si le gars qu’on a vu avait été d’accord pour coopérer. Là j’avais juste l’impression d’être en face d’un mur. Je sais que la barrière de la langue ne m’aide pas, même si je fais au moins l’effort de déballer les trois mots (pertinents hein, je vais pas dire « doigts » ou « canard » juste pour le plaisir) que je connais à chaque fois histoire de détendre l’atmosphère, mais là même mes deux collègues khmers n’ont rien pu tirer de lui. Dommage, le point de vue de ce bonhomme m’aurait été utile.

 

Mais qu’importe, c’est vendredi soir, et c’est le week end ! Je me change, j’expédie les courses rapidement et j’appelle Julie pour savoir si elle a quelque chose de prévu ce soir. Resto ? Parfait ! Tout de suite ? Ah ouais… Je me mets en route, content d’utiliser mon vélo, et je trouve la rue sans problème. Le numéro, par contre… Je croise une bande de jeunes qui me regardent passer dans un concert de rires et de « Hello ! ». Deux cents mètres plus loin je fais demi-tour. Je trouve enfin le restaurant, Del Gusto, dans un grande maison de style colonial. Je retrouve Julie et Aurélia, toutes les deux complètement nazes après une semaine de terrain. Elles me racontent leurs déboires, j’explose de rire toutes les deux minutes. Le repas arrive, il est assez vite avalé, on reste encore un moment, puis chacun rentre chez soi.

Katherine est dans sa chambre, habillée, maquillée, prête à sortir en boîte. Elle me demande ce que je compte faire. Ben rien. Je ne me sens pas l’âme d’un clubber ce soir. Je vide une demi-bouteille de soude dans ma douche pour tenter une énième fois de la déboucher, et je quitte la salle de bain. L’avenir dira que la réussite de l’opération ne fut que partielle…

 

 

Samedi, 6h pétantes, un tonnerre de percussions résonne sous ma fenêtre. « Oh putain me dis pas qu’il y a un mariage à la pagode dès 6h ?! » Si si. Pendant une heure et demi je subis les gongs et autres tambours. Quand finalement ça cesse, j’ai perdu tout espoir de profiter de ma grasse matinée.

Je me lève, je déjeune et je vais m’acheter un casque de vélo. Ensuite je pars en quête du TNT qui est à peu près à 200m de l’ambassade et que je vois donc tous les jours. Aujourd’hui, j’arrive à passer devant sans le voir. On va dire que c’est la faute de ma grasse matinée avortée. Je tends le livre que je dois rendre à la bibliothèque de l’école depuis deux mois au guichetier. Il me demande si je veux le tarif normal, qui prend un mois, ou l’express, qui met trois jours. Je choisi l’express. Ça me fera 97 dollars. Pardon ? Oui oui, 97 dollars. Je paie stoïquement en serrant les dents. Ça m’apprendra à ne pas rendre mes livres à temps. Heureusement qu’il n’y en a qu’un. Je pense après coup que j’aurais mieux fait de dire à la documentaliste de racheter le livre et de m’envoyer la facture,  parce que payer 80 euros pour envoyer un livre qui en vaut 20, c’est juste stupide…

 

Au retour, cruelle démotivation. Il fait trop chaud pour sortir. Pour déculpabiliser, je me lance dans l’entreprise harassante qui consiste à faire le ménage. J’utilise le balai de paille réglementaire pour la première fois de ma vie. C’est assez inefficace. Je rêve d’un aspirateur. Après avoir balayé toute la baraque (y compris sous le tapis du salon, ce qui n’avait apparemment jamais été fait), je sors la serpillière. L’eau noircit à vue d’œil, c’est désespérant. Katherine termine le salon et s’occupe de la terrasse. Ça me va.

 

L’après-midi passe, le proprio aussi (l’évier fuit), puis je tente de trouver le festival de cirque itinérant qui donne une représentation à Phnom Penh ce soir. Je ne le trouve pas (je suis moyennement motivé de tout façon) et à la place je fais une heure de vélo dans la ville… Un peu masochiste.

Retour à la maison, repas, douche, et me voilà.

 

Bon, voilà quelques pensées et observations générales pour clore ce billet :

-         les cahots de la route sont en train de dévisser mon vélo : j’ignore comment tient le panier devant le guidon, j’ai déjà dû revisser (à la main…) mon feu et la dynamo qui va avec, bref je sens gros comme une maison qu’il va falloir que je trouve des clés pour resserrer tout ça, et je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où je peux dénicher ça. Et vas-y pour demander ça en khmer…

-         la poussière est un fléau. Ceux qui me connaissent savent que j’ai des tendances maniaques. Ici c’est une vraie thérapie par le mal : soit tu t’acharnes jusqu’à craquer nerveusement, soit tu passes un coup de balai et tu t’auto-persuades que c’est propre. Je suis dans la situation intermédiaire : je passe un coup de balai et je craque nerveusement. Bon je plaisante hein, mais c’est vraiment décourageant.

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 16:08:02 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (0) |

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