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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Les bonnes nouvelles, c'est bien. | 10 mars 2009

J’ai un logemeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeent !

 

Mais reprenons la journée par son commencement.

 

J’arrive à l’ambassade, toujours pas rasé bien que ça fasse deux jours que je me dise que ça devient urgent (c’est toujours moins urgent que dormir dix minutes de plus que prévu), paré à terminer mes dossiers et ma session copier-coller. Il s’avèrera finalement que la journée complète sera consacrée à cette tâche.

 

Bref, je me pose, je commence à bosser et je reçois un message quelques heures plus tard. Fébrilité. « Salut ! Je transmets tes coordonnées à Natalia, elle te contactera pour la colocation, c’est elle qui gère ». Sauf que j’ai déjà rencontré Natalia la semaine dernière et qu’apparemment la semaine dernière je ne faisais pas l’affaire. Je renvoie donc un texto au gars en lui disant de ne pas prendre cette peine et que j’ignorais qu’il faisait habitait avec elle. Dommage. Je n’ai donc plus qu’une seule et unique piste pour trouver une colocation, avec une anglophone dont je n’ai que l’adresse mail. Autant dire que si elle veut m’ignorer, elle peut, je ne m’amuserai pas à la harceler par mail. Je le sens donc assez mal.

 

Pour passer le temps je prends une pause vers 10h30 et je grimpe un étage pour aller voir les deux filles qui bossent à l’ambassade. On discute un moment et on planifie un déjeuner ensemble pour demain. C’est cool.

 

Quelques heures passent et je vais manger avec Borin dans une cantine khmère. J’apprends que « ananas » et « humain » se disent quasiment de la même façon en khmer, tout comme « riz » et « trois » et je mange une espèce de salade donc je serais strictement incapable de déterminer la composition. Il me fait aussi goûter un des plats typiques du Cambodge, que je trouve assez fade et plus décevant que mauvais, et une soupe avec du poisson dedans, plat vietnamien. Borin m’invite. Si j’ai bien compris ce qu’a dit la serveuse, il en a en tout pour trois mille riels, c’est-à-dire… cinquante centimes d’euros !

 

On rentre en moto, Borin mate les filles et essaie en vain de me convaincre de l’imiter, ça nous fait rire tous les deux. Apparemment il a trois copines et il trouve ça tout à fait gérable. Je n’ai pas pensé à lui demande si les trois savaient qu’elles n’étaient pas seules.

 

Ah au passage, il m’a invité hier à passer le Nouvel An Khmer (mi-avril) chez lui, à Sieam Reap, la ville qui jouxte Angkor. Evidemment, je n’ai pas dit non, ce sera l’occasion rêvée de vivre au milieu des Khmers, qui plus est en période de fête.

 

De retour au bureau, je me remets à travailler. Vers 17h40, mon portable vibre de nouveau. Fébrilité. C’est mon anglophone qui me propose de la rencontrer ce soir directement chez elle. Of course I’m ok ! Elle m’explique donc par texto comment venir chez elle. « Quand tu vois le KFC tu prends la direction opposée au Sorya, tu tournes à droite quand tu vois le magasin Sony et tu rentres dans le parking glauque ». Hunhun… N’ayant peur de rien, je m’élance à la recherche du KFC, je tourne à droite pour m’éloigner du Sorya et je marche. Je marche. Je vois une boutique Kodak. Je marche. Je marche. Je fais demi-tour. Je revois la boutique Kodak. Pas de trace de Sony. Je me dis qu’elle s’est trompée et je tourne à Kodak. Pas d’arrêt de bus, pas de parking glauque. Hum… Je fais demi-tour. J’appelle. Elle me redit la même chose que dans son texto. Je pense « bon ok je vais trouver tout seul ». Je marche, je reprends la rue du Kodak et je vais tout au bout, et là je reprends la direction du Sorya (mais dans une autre rue, pour ceux qui ne suivent pas).

Et là : « SONY ». Ah ouais… Je ne remontais juste pas la bonne rue. J’entre dans la bonne, cette fois-ci, et je marche. Je marche. Sur la droite, une zone avec des voitures à l’arrêt. J’entre. On dirait plutôt un temple… Je fais quand même le tour. Hum ce n’est pas là… Je reviens dans la rue et je trouve enfin son parking. Glauque, ouais. Et la rue dans laquelle je marche depuis 5 minutes n’est pas éclairée. Hum. Je trouve un escalier et je monte. J’arrive devant une grille fermée. Bon ok, je redescends. J’arrive devant un autre escalier et je monte. Je vois de la lumière qui clignote. C’est Katherine qui me fait des appels avec une lampe de poche. Ca me fait rire. Je la rencontre enfin, elle s’excuse d’habiter dans cette espèce de trou paumé au milieu de la ville, puis elle me montre l’appartement.

 

Et là : « Wouaw ! ». Ma chambre (car je sais que je vais dire oui dès que je la vois) est immense, avec ventilateur (« fan », j’avais oublié tiens) et climatisation (oui je le veux !), salle de bain privative, armoire, lit deux places (ah merde ma moustiquaire est prévue pour des lits une place)(on s’en taaaaaaaaaape), machine à laver (dans ma salle de bain, mais bon je ne vais pas pleurer)…

La cuisine est spacieuse, le salon est immense, la terrasse est « small » aux yeux de Katherine mais tout à fait honorable pour moi, bref, oui oui et oui. Katherine est Philippines et professeurs d’anglais auprès de très jeunes enfants (deux à six ans). Elle est ici depuis un an. Elle m’a l’air super sympa.

 

Elle me dit que les deux qui ont déjà visité l’appartement ne l’ont jamais rappelée. Bon ok, la rue pas éclairée, c’est un peu flippant, mais on est à grosso-modo 20m d’une grosse avenue, si on crie ça s’entendra. D’ailleurs avec ma tête de barang (blanc) ahuri en ayant tourné plusieurs minutes dans le coin, je n’ai rien eu d’autres que des « Hello Hello » de la part de petits gamins et des « Motodop Sir ?», ça reste des agressions tolérables.

Autre point positif : le loyer, 125 dollars, à négocier avec le propriétaire que je verrai demain. Il faudra rajouter les charges, mais l’eau n’est pas chère du tout et l’électricité euh… si, mais c’est pareil partout. Enfin, ce logement est à 15 minutes à pied de l’ambassade, j’économiserai donc deux dollars par jour de moto-dop tant que la température restera supportable. Il est à 100m du premier supermarché, 300m du Marché Central, bref ça sent presque le vice caché.

 

Après avoir fixé un nouveau rendez-vous pour le lendemain, je suis retourné chez Julie avec un grand sourire. Elle était en plein cours de khmer avec son prof, Jérôme et Aurélia. Nous sommes ensuite allés manger « occidental », c’était assez infâme mais l’important c’est d’avoir le ventre plein.

 

Bonne journée donc !

Si ça se passe bien avec le propriétaire, j’emménage samedi… en tuk-tuk (c’est juste impossible de traîner ma valise à pied sur 5 kilomètres en pleine journée).

 

Bisous à ceux qui veulent et tant pis pour les autres !

Guillaume, content.

Publié par Guillaume1712 à 16:13:01 dans Les aventures d'un Ensarien au Cambodge | Commentaires (4) |