Dimanche 13 avril.
Nous nous levons à l'aube pour aller à l'aéroport international Otopeni, au nord de Bucarest. Nous y prenons les voitures, deux Ford Fiesta. Je suis conducteur, Mélanie aussi. Nous appréhendons de rouler parmi les Roumains, nous avons déjà pu constater qu'ils étaient complètement fous quand ils avaient un volant entre les mains.
Nous casons les sacs dans les coffres et c'est parti. En route pour Sibiu, Capitale Européenne de la Culture en 2007, via Brasov. Nos craintes sont justifiées, les Roumains sont fous sur la route. Leur philosphoie semble être "J'ai la priorité, ça passe et je t'emmerde".
Nous traversons des paysages intéressants, les Carpates en forment la toile de fond et c'est magnifique. Nous tâchons de ne pas nous arrêter sur les usines fumantes et les champs envahis de sacs plastiques.
Après nous être perdus dans un village, nous avons atterri à Bran, où se dresse le faux château de Dracula. C'est très beau, mais ça n'a rien de vampirique. Ce fut une pause agréable, d'autant plus qu'il y avait des toilettes.
Après encore plusieurs heures de route où nous avons fait 80, 60, 40, 20km/h en raison des multpiles travaux sur la route, nous sommes arrivés à Sibiu. 320km en 8h, belle performance. Il a ensuite fallu trouver la pension, ce qui a encore été un moment épique. Elle se trouvait dans une rue... en travaux. Nous y avons pénétré avec précaution avec les voitures. J'ai vu Mélanie s'arrêter soudainement : elle venait de se poser sur un tas de cailloux. Elle a redémarré dans un bruit de racement tout à fait agréable à entendre. J'ai fait la même chose et nous avons pensé "Adieu aux 1300 euros de caution que nous avons laissé chez Hertz".
Nous sommes tout de même arrivés sains et saufs et nous avons découvert des chambres tout confort absolument géniallissimes.
Après un repas beaucoup moins exceptionnel, nous nous sommes couchés pour récupérer de la route et nous préparer à la suite. Sibiu s'annonçait bien plus agréable que Bucarest.
Bisous à tous ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 21:59:33 dans Les aventures d'un Ensarien en Roumanie | Commentaires (0) | Permaliens
Samedi 12 avril
Nous ne nous levons pas trop tard, pour notre dernière journée touristique à Bucarest. Après nous être faits jeter encore une fois du Palais de Parlement (ouvert « la semaine prochaine »), Charlène nous emmène au nord de la ville avec le bus 783. Nous passons à côté d'une manifestations de gendarmes. C'est assez drôle : chez nous les manifestants bloquent toutes les voies de circulation, c'est plus amusant. Ici, ils se contentent d'une voie, deux quand ils sont vraiment en colère. En même temps les automobilistes sont tellement énervés que ce serait vraiment dangereux d'essayer de boucher une avenue entière. Bref, le cortège s'entendait sur au moins un kilomètre et créait un bel embouteillage, c'était étonnant à voir.
Nous avons manqué notre arrêt de bus et sommes descendu au suivant, 3 kilomètres plus loin, après être passés par la « Piata Charles de Gaulle », la « Piata Arcul de Triumf » et autres dénominations pas si étrangères...
Nous sommes entrés dans le parc voisin et nous avons constaté une fois de plus que les Roumains ne connaissent pas la notion de « pelouse » (ou en tout cas ne l'interprètent pas comme « étendue d'herbe rase exempte de pissenlit, chardon, trouée de terre nue et autres éléments rompant la monotonie du vert ») mais qu'ils sont très doués pour faire des parterres de fleurs qui n'ont rien à envier à ceux de Versailles à la grande époque. On a encore beaucoup marché, puis on est sorti du parc pour chercher à manger, et là on a découvert « l'autre Bucarest ». Celui des ambassades, des résidences des ambassadeurs, le Bucarest friqué, celui des Jaguar, des Lexus, des Lamborghini, des maisons rénovées qui ont un cachet imposant, bref celui qui fait penser « Bon ok Bucarest n'est pas seulement un tas de blocs communistes poussiéreux, c'est aussi une capitale européenne ».
On regarde, mais on ne prend pas de photo puisque les gendarmes ont l'air tout à fait contre, du moins ceux qui gardent le bâtiment de l'ONU et l'Ambassade d'Arabie Saoudite. Il y a vraiment des villas magnifiques. Tout naturellement, nous cherchons l'Ambassade de France. Charlène finit par demander à un gendarme, parce qu'on a vu l'Ambassade de Pologne et celle du Luxembourg (du haut niveau) et que quand même on voudrait bien voir si la nôtre est plus belle où s'il faut qu'on écrive au Ministère des Affaires Etrangères. Le gendarme nous renvoie dans les quartiers « normaux » de Bucarest. Déjà, nous sommes déçus. Après moultes recherches et des sandwiches (terminés juste avant de nous prendre un ballon de foot dans la tête), nous trouvons enfin notre Ambassade. « Ambassade de France, Lycée Français Anne de Noailles », un beau bâtiment jaune qui a de la classe, mais qui fait quand même tâche dans le décor. Et puis c'est minuscule. Nous nous consolons en nous disant que la France a investi pour des choses plus importantes en Roumanie. Sans trouver quoi.
Après une pause supplémentaire, nous rentrons à la maison, appâtés par l'image de la bouteille d'eau et celle de jus d'orange qui sont dans le frigo. Mais à l'arrivée, nous apprenons que la cuisine vient d'être nettoyée et qu'il faut attendre que ça sèche. Cruelle désillusion. Nous allons comater dans la chambre un moment, puis redescendons pour manger et boire, enfin. Ça fait du bien. C'est même le bonheur. Nous remontons pour comater à nouveau, puis le groupe se sépare : courses versus épluchage des pommes de terre.
Je suis dans le deuxième groupe et je commence à éplucher 10 minutes avant que le groupe courses revienne. Les deux autres filles me rejoignent 5 minutes plus tard (elles faisaient la sieste). On a bien géré pour ne pas passer pour des loques ! On se fait une grosse purée et on rencontre deux autres Françaises, venues ici pour faire un stage de deux mois et demi. On les plaint en silence et on essaie de ne pas briser leur enthousiasme déjà vacillant après une journée dans la ville.
On apprend qu'elles dorment dans la chambre du "Sexy Roumain et de la vieille Anglaise". Je leur dis que je pense que le Roumain est le gigolo de l'Anglaise et elles décident de mener l'enquête.
Deux heures plus tard je les croise dans le couloir.
"- Alors ?
- T'avais raison."
Elles me donnent les infos qui corroborent mes hypothèses. Je suis fier d'avoir trouvé la solution avant tout le monde.
La soirée est tranquille, on se prépare psychologiquement à la route du lendemain...
Bisous à tous ceux qui veulent et tant pis pour les autres.
Guillaume
Publié par Guillaume1712 à 08:21:28 dans Les aventures d'un Ensarien en Roumanie | Commentaires (1) | Permaliens
Vendredi 11 avril
Aujourd'hui, pas de rendez-vous, donc grasse matinée. Et en route pour le tourisme, une fois de plus. Je commence un peu à saturer de Bucarest, de sa poussière, de ses chauffards, de ses publicités pour des petits pois qui couvrent des façades entières d'immeubles (ça doit être génial de vivre derrière une de ces tentures), de ses bus surchauffés, de ses klaxons, de ses travaux, de sa chaleur, de son eau dégueulasse... Mais bon c'est l'aventure, c'est cool.
On voit encore des bâtiments communistes gris, des bâtiments plus anciens et plus beaux mais qui tombent en ruine, des églises nickel, des travaux, des voitures, des publicités. J'en ai un peu marre de prendre des photos mais apparemment je suis le seul motivé donc j'assume. On visite un parc sympathique où on entend moins le bruit de la circulation, où on est fascinés par les pigeons mâles qui tentent en vain de faire la cour aux femelles, par les merles qui trouvent des vers de terre, par les tulipes et la beauté générale des parterres de fleurs bucarestois...
On ressort et on retrouve la civilisation. Dommage. On marche, encore et encore. On discute, on prend des photographies, en admire les coups de soleil de Mélanie, je me tords les chevilles, c'est vraiment les vacances. Finalement on rentre.
Le soir, vu que c'est vendredi, on prévoit de ressortir, guidés par le gars de notre premier rendez-vous, le mardi. Il nous pose un lapin. Soit, nous partons quand même, avec à la main le Guide du Routard qui nous indique LA zone où boire un verre. Bilan, 4 bars, tous bondés. En cherchant bien on trouve une deuxième « Rue de la Soif », qui contient à peu près autant de bars, également bondés. Il a été strictement impossible de trouver autre chose ailleurs. Bucarest, capitale de la Roumanie, a 8 bars d'ouverts le vendredi soir, où 200 personnes en tout peuvent trouver une place. Point barre. Nous nous demandons à quoi les jeunes Bucarestois occupent leurs soirées et où ils les passent, et ce que nous-mêmes allons bien pouvoir faire... Nous atterrissons au Macdo et nous prenons une glace avant de rentrer avec le dernier bus, à... 23h. Soirée palpitante...
Publié par Guillaume1712 à 22:20:05 dans Les aventures d'un Ensarien en Roumanie | Commentaires (0) | Permaliens
Mercredi 9 avril
Rendez-vous à 13h30 chez notre premier contact. Le matin, nous sommes allés acheter des cartes de bus (moment épique s'il en est) puis le groupe s'est scindé en deux : courses, et mails à nos contacts. Puis on s'est retrouvés et nous sommes allés manger en ville, au MacDonald's, avant de retrouver notre contact. Il nous a emmenés dans son bureau, situé à un quart d'heure de marche de la place Unirii. Le rendez-vous a duré une heure et demie et était intéressant. Bon par contre trou de mémoire pour la suite de la journée. A part que j'ai perdu ma carte de bus. Elle aura duré 6h. Beau score. Je suis destiné à frauder les transports.
Jeudi 10 avril
Lever 7h pour aller en rendez-vous à 9h chez Apa Nova, puis visite de Bucarest. Le nombre de voitures est impressionnant, les trottoirs sont autant de voies de circulation subsidiaire en cas d'embouteillage (permanent, en fait), le klaxon est un feu tricolore sonore, la police fait la circulation aussi efficacement que Don Quichotte lutte contre les moulins, la poussière se colle partout, une rue sur deux est éventrée par des travaux, les monuments historiques sont bordés voire masqués par des constructions communistes ou modernes toutes plus laides les unes que les autres... C'est vraiment le bordel.
En attendant le deuxième rendez-vous, nous sommes allés voir le Palais Parlementaire, historiquement Palais de Ceaucescu, le dictateur communiste roumain. C'est le deuxième bâtiment du monde en terme de taille, après le Pentagone. « Ouvert tous les jours de 10h à 16h ». Nous y sommes arrivés vers 13h, et nous nous sommes faits refouler par la Jandarmerie du palais. Dommage. En même temps avec un car de gendarmes juste devant l'entrée et une demi-douzaine d'hommes armés dans un rayon de 30 mètres, nous n'avons pas tenté le diable. On s'est contentés d'aller dans le parc devant (SANS marcher sur la pelouse, on n'est jamais trop prudents) pour faire le débriefing du rendez-vous du matin.
Nous sommes ensuite allés au Ministère de l'Environnement après être passés par une église orthodoxe et nous être faits agresser par une dame à l'intérieur. Un autre roumain nous a juste expliqué qu'elle demandait qu'on ferme la porte...
Le rendez-vous au Ministère a été court mais instructif et a finalement été un simple interlude dans notre visite touristique d'une ville pas du tout touristique. Nous sommes revenus à l'auberge de jeunesse épuisés, assoiffés (j'ai oublié de dire que la température moyenne à Bucarest cette semaine était de 25°C à l'ombre, à comparer avec les 5°C de la France quand nous l'avons quittée), poussiéreux, les jambes lourdes et les oreilles farcies par les klaxons.
Le soir, petit craquage avec Charlène, Pierre et Mélanie (on a transformé la chambre en dancefloor pendant que les autres envoyaient des mails à nos contacts). Puis nous sommes malgré tout ressortis, une fois que la température avait un peu baissé et que le trafic avait très légèrement diminué. On a fait le tour du quartier de l'auberge, où il n'y a en fin de compte rien à voir. Mais c'est agréable de voir Bucarest zen. Retour à l'auberge et douche bienvenue.
Publié par Guillaume1712 à 22:53:54 dans Les aventures d'un Ensarien en Roumanie | Commentaires (0) | Permaliens
Mardi 8 avril, 5h40.
Je me lève, je déjeune, il fait froid. Ma mère m'emmène à la gare et le train démarre à 6h54. Je dors dans le train, sous les yeux dépités d'un vieux qui pense probablement « Pauvre France ». Peu importe.
J'arrive à Paris à 9h16, le bus part pour Beauvais à 13h15. Je décide d'aller sur les Champs-Élysées, pour passer le temps.
J'émerge à la Concorde, je me pose dans un parc pour manger un morceau, puis je remonte l'avenue. Avec mes sacs. Je me rends compte finalement que je ne profite pas du « paysage ». Je reprends finalement le métro pour aller directement à la porte Maillot.
J'atteins l'arrêt de bus pour Beauvais à 10h50. Bizarrement, je suis le premier. Je prends mon ticket et je commence à manger. Et j'attends. Longtemps. Comme d'habitude, j'ai oublié d'emmener un livre. Finalement Pierre arrive, puis Virginie et Florence, et enfin Gwendoline. Le bus arrive peu après, on monte dedans et il part pour l'aéroport avec 20 minutes de retard. Tout va bien. Je dors un peu dans le bus, j'apprends quelques mots de roumain, on discute sur ce qui nous attend...
A l'aéroport on retrouve Adeline, Charlène et Mélanie. On se sépare pour enregistrer nos bagages. Mauvais plan : dans ma file on attend bien un quart d'heure de plus, et finalement on n'est pas placés ensemble dans l'avion. Dommage.
On arrive dans la zone d'embarquement et on attend encore. Un certain temps.
L'avion arrive, décharge son flot de passagers et de bagages, et les nôtres sont directement mis dedans. On nous fait signe d'avancer.
Je me retrouve à l'arrière de l'avion, pas très loin de Pierre et Mélanie. Il y a encore une place dans leur rangée, donc je déménage. Je m'attache. C'est la première fois que je prends l'avion. Ça m'éclate.
Il décolle, c'est le bonheur total. Je vois la France d'en haut, avec ses champs, ses villages, ses voitures, c'est génial. Puis on passe au-dessus des nuages et là aussi ça me plait. On discute, on révise, on comate, puis je vois les Alpes (autrichienne ?) quand on les survole, puis plus tard les Carpates, puis les champs roumains, les routes roumaines, les villages roumains, et je vois déjà les différences avec la France. On approche de Bucarest et déjà, vu du ciel, ça paraît être un gros bordel. On commence à stresser.
L'atterrissage se passe bien, nous récupérons nos bagages, et nous sommes lâchés dans la nature. Nous envisageons de prendre un taxi. On nous demande 150 lei par voiture pour aller jusqu'à l'auberge de jeunesse. Soit environ 45 euros. Nous refusons, et nous allons vers l'arrêt de bus... en passant devant touuuuuus les taxis stationnés devant l'aéroport. L'un d'eux nous signale sympathiquement que nous n'allons pas vers le bon arrêt de bus.
Nous trouvons le vrai, après que j'ai appris à mes dépens que les roumains conduisent comme des fous et que les piétons ont toujours tort. On monte, le chauffeur de bus nous arnaque, mais il nous emmène à Piata Unirii et c'est tout ce qu'on lui demandons. Le chauffeur suivant ne nous fait pas payer. Ça compense. Nous arrivons tant bien que mal à l'auberge. Nous mangeons dans la chambre et confirmons notre rendez-vous du lendemain. Puis douche et dodo.
Première impression de Bucarest : c'est le bordel. Total. On est dans la merde. Par contre les Bucarestois sont très sympathiques et accommodants. Mais alors, quel bordel ! Je veux rentrer ! Je veux de la propreté !
Publié par Guillaume1712 à 22:52:07 dans Les aventures d'un Ensarien en Roumanie | Commentaires (0) | Permaliens
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