<< Week end rennais | Ghetto et mentalités | Putain de merde >>
Ou "Ghetto des mentalités", ou encore "Mentalité des ghettos".
Une des grandes craintes des jeunes homosexuels en phase d'acceptation concerne le « milieu », ce terme prononcé du bout des lèvres avec un soupçon de dégoût, qui transparaît aussi dans la notion de « communauté », perçue comme un ensemble d'individus fermés vivant pour, par et à travers leur sexualité. Cette vision est bien évidemment empreinte de préjugés négatifs, mais peut-on leur en vouloir ?
Il est naturel de vouloir se regrouper et rencontrer des gens partageant les mêmes intérêts que soi. C'est le but des associations et des bars LGBT. Cela permet d'oublier pour un temps que la tolérance ne règne pas partout, d'oublier les codes et le carcan judéo-chrétien auquel nous nous conformons tous les jours. Certains fréquentent exclusivement ce « milieu », d'autres considèrent que c'est le mal absolu. Il y a du pour et du contre et chacun peut se forger sa propre opinion.
Mais il existe aussi des établissement hybrides, les bars et boîtes « gay-friendly ». Un univers étrange où sont censés se côtoyer gays, lesbiennes, bis, transsexuels, travestis, hétéros et j'en passe, dans un respect mutuel, une sorte de lieu idéal où l'harmonie est possible entre gens de bonne volonté.
Mais la bonne volonté doit être partagée par tous. Les hétéros sont conscients de cela quand ils pénètrent dans ce genre d'endroits et ne s'offusquent pas de voir deux garçons s'embrasser, ni ne rient grassement en se poussant du coude en voyant deux filles enlacées (à moins d'une alcoolémie dépassant un seuil au-delà duquel le vernis de civilisation est sérieusement mis à mal). Par contre les homos (au sens large) choisissent là encore de rester entre eux, d'occuper une partie seulement de l'espace, obéissant à un effet de masse frisant la ghettoïsation volontaire et ne jouant pas le jeu de la mixité.
Comment alors continuer à se plaindre d'une discrimination que nous créons nous-mêmes ou du moins que nous entretenons ? Quelle image donnons-nous aux hétéros et aux homos (au sens large toujours) en phase d'acceptation, quand nous nous comportons de manière aussi grégaire ? Est-il si difficile d'oublier un temps nos différences et de nous concentrer sur l'instant présent, à savoir la fête et la musique ? Pour certains, il semblerait que oui.
Il me paraît peu raisonnable de réclamer une acceptation que nous ne mettons pas à profit quand elle nous est offerte. Conquérir des droits est une (bonne) chose, mais les utiliser est primordial. On ne peut pas faire changer les mentalités sans faire un minimum d'efforts. Certes, on risque quelques remarques, des regards de travers et des commentaires désobligeants, susceptibles de gâcher une fin de soirée, mais les autres choix sont limités : sortir exclusivement dans le milieu, ou recréer le milieu où que l'on aille. Pour moi, sans être un militant, c'est tout vu.
Publié par Guillaume1712 à 12:54:29 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (3) | Permaliens
03-04-2008 15:09
De Wanou Sujet:
Tu l'as dit toi-même
02-04-2008 15:27
De Wanou Sujet:
Es-ce que...
Commentaires