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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Week end strasbourgeois | 27 février 2008

Un des changements consécutifs à mon stage est l'envie d'aller un peu partout en France (et ailleurs quand les finances le permettent). Pour mon premier voyage "hors Normandie et Rennes", j'ai jeté mon dévolu sur Strasbourg, où je suis arrivé vendredi dernier vers 23h, accueilli par Skywalker, du forum où je suis.

 

Samedi matin, 13h, on trouve le numéro de Raka et on l'appelle pour savoir où on a rendez-vous une demi-heure plus tard. Il nous explique comment aller chez lui et nous signale que le rendez-vous est décalé d'une heure. C'est cool.

 

Nous arrivons à l'arrêt de tram « Musée d'art moderne » à l'heure (je dis ça mais j'en sais rien en fait) et on retrouve Raka, Ligeia, Zünisch, Brita, BrutalDeath et Black Clown. On attend DarkSmile, qui en fait n'est même pas encore sorti de chez lui à l'heure où nous avons rendez-vous... Nous nous avançons vers lui pour réduire un peu l'attente. Premier constat : les filles marchent très lentement, à tel point qu'on les soupçonne d'en faire exprès.

 

Bref nous rencontrons DarkSmile devant un panneau du musée d'art moderne, et nous nous dirigeons tout naturellement (et à deux à l'heure) vers ce haut-lieu de la culture mondiale. L'esplanade qui fait face au musée est le rendez-vous des skatteurs, monocyclistes et djeuns en quête de reconnaissance. Nous sommes déconcentrés de notre envie d'aller admirer des toiles et des créations artistiques par Brita, qui nous dit « Et si on allait voir le panorama tout là-haut ? » en désignant une espèce de promontoire à 50 mètres.

Soit. Nous pénétrons dans le souterrain qui nous permettra d'atteindre notre but, et découvrons qu'il est constitué d'alcôves remplies de statues plus ou moins entières et plus ou moins religieuses. C'est bizarre...

Nous arrivons finalement en haut, et c'est beau. On voit le pont en face, la cathédrale au loin (seule vision que j'en aurai eu), des gens habillés en jeans orange, pull orange, écharpe orange ou portant des sacs oranges... Raka commente une course de canard palpitante. Zünisch voudrait sauter dans le fleuve, 20m en contrebas, mais est dégoûtée par le rebord de verdure qu'il lui faudrait traverser.

Nous nous approchons du bout du promontoire où nous voyons trois gens couchés par terre en train de dormir pendant qu'un autre les veille. De notre côté nous regardons, de haut, les skatteurs, en espérant qu'il se trâlent, les monocyclistes, en espérant qu'ils arrivent à descendre l'escalier sans se trâler, la petite sur ses patins à roulettes à 4 roues non profilées, en espérant qu'elle se trâle et/ou qu'elle échappe à la surveillance des deux femmes qui l'encadrent, la « femme qui souligne ses cours » en espérant qu'elle se fasse pécho par son voisin... La vie est tellement intense sur cette esplanade que nous ne savons pas où donner de la tête. La femme qui souligne entame la conversation avec son voisin peu avant que nous redescendions. Peut-être se connaissent-ils déjà, en fait... Peu importe.

 

Nous reprenons notre courage à deux mains et nous pénétrons dans le Musée d'Art Moderne. Brita nous emmène directement dans la boutique de souvenirs et nous montre plein de pilules drôles avec des effets censées être miraculeux. C'est feun. Sauf qu'après les filles passent une demi-heure à s'extasier devant un livre de maladies humaines gores, pendant qu'on trépigne d'impatience à l'extérieur de la boutique. Elles finissent cependant par sortir et nous pouvons aller prendre nos tickets.

 

Nous commençons la visite par le vestiaire où nous posons nos sacs, puis je teste les chaises à roulettes dans l'allée principale, c'est marrant. Nous allons dans la salle réservée à l'exposition de photos de... Ivan ? Polanski ?. Il y en a de belles, des moches, des sans intérêt, bref c'est de l'art moderne quoi. Une gardienne vient nous dire que nous sommes trop bruyants et trouve Zünisch et Raka couchés par terre en train de regarder le plafond. Elle ne dit rien. En même temps dans un musée plein d'œuvres incompréhensibles, les gens ne doivent plus s'étonner d'observer les comportements incompréhensibles des visiteurs...

La visite se poursuit, on critique les œuvres, on lit les notices explicatives quand il y en a, même si fondamentalement ça n'aide pas vraiment à la compréhension de ce qu'on voit.

 

Nous arrivons dans une salle avec des tableaux monochromes, le summum du foutage de gueule selon moi... jusqu'à ce que j'arrive dans la salle suivante où des affiches déchirées sont exposées. En fait c'est ça le summum du foutage de gueule.

Dans la salle suivante il y a des tableaux surréalistes dont certains ont été inspirées par une certaine Jacqueline. Personnellement j'aurais été profondément vexé que « l'artiste » me dise que j'ai inspiré ses œuvres, au vu du résultat... Dans la salle suivante il y a des sculptures arrondies, certains ressemblent à quelque chose, d'autres pas...

La visite se poursuit ainsi, avec des commentaires, des explications foireuses, des blagues vaseuses sur les tableaux morbides (on a dû rester dix minutes à plaisanter devant un tableau intitulé « Mort de la Mère »)...

 

Après avoir récupérer Tom-Tom et euh... Je-sais-plus-son-pseudo, et avoir fait un crochet par le bar du musée qui appliquait des tarifs trop prohibitifs pour nos petites bourses (merci de ne pas commenter), nous avons continué dans l'aile « Art Contemporain ». A un moment Raka s'est assis sur un canapé. J'ai dit « Han mais il ne faut pas toucher aux œuvres ! » et il s'est relevé d'un bond. Mais évidemment c'était vraiment un canapé... J'étais fier. Dans chaque salle les gardiens nous regardaient d'un air suspicieux, guettant le moindre faux pas, la moindre incartade au règlement, pour nous sauter à la gorge. Mais nous avons presque été des visiteurs parfaits. Raka et moi nous sommes posés pendant 7 minutes 30 devant un film, probablement le plus inintéressant de ma vie. Mais nous avons tenu le coup. Après ça en revanche, j'ai speedé parce que j'en avais vraiment marre. L'art, d'accord, mais pas après 1950.

 

Nous avons quitté le musée et nous sommes retournés chez Raka pour décider de la suite des événements. Impossible de réserver un restaurant, alors nous y sommes allés à l'arrache, à 18h30. On avait tous faim. Nous sommes arrivés devant le Wok Thaï, et en attendant que ça ouvre les gars sont allés retirer des sous pendant qu'on regardait une pouf s'étaler par terre après avoir rater le trottoir. C'était fun. Nous sommes entrés dans le restaurant et nous avons trouver de la place (en même temps on était presque les premier). Les filles, Tom-Tom et Je-sais-plus-son-pseudo ont commandé la formule expresse pendant que les autres ont pris la formule wok. La serveuse nous a apporté une assiette de la taille d'une soucoupe de tasse, et nous a indiqué le buffet où nous pouvions choisir ce que nous voulions manger, à volonté (la limite étant la taille de l'assiette).

Grâce à Skywalker, nous avons tout de suite adopté la bonne technique : un lit de viande, un lit de légumes, un lit de viande, et ainsi de suite jusqu'à ce que la pyramide devienne vraiment instable. J'ai même trouvé une méthode pour élargir artificiellement l'assiette : en mettant des rondelles de courgettes tout autour. Après près d'un quart d'heure de jeu de construction, mon assiette ressemblait à une offrande maya. Après avoir vérifié que BrutalDeath n'en avait pas plus que moi, je l'ai donnée au monsieur qui grille tout ça. Il n'en a même pas mis à côté. Le bol qu'il m'a tendu à la fin de la cuisson était plein à ras-bord, et là j'ai pensé « T'aurais ptet dû réfléchir à la quantité de bouffe que tu avais, au lieu de t'amuser à construire des pyramides ». Je suis retourné à ma place et me suis vaillamment attaqué à cette montagne de nourriture. Même que j'ai réussi à l'achever, après moult verres d'eau, micro-bouchées de riz et pauses pour faire passer le tout. En fin de compte, deux heures plus tard j'aurais pu remettre ça (en quantité moindre, évidemment).

 

Nous avons quitté le restaurant et fait un sitting devant le temps de décider de la suite de la soirée (oui, organisation de folie). Finalement nous sommes allés chez DarkSmile, qui est un gars bien puisque 1- il n'habite pas trop loin, 2- il a un grand salon et 3-... il a de l'alcool.

 

C'est là que la soirée a commencé à partir en live... pour Raka. Celui-ci à en effet décrété qu'il aimait la vodka à la fraise de DarkSmile, et a donc bu quasiment les trois quarts de la bouteille à lui tout seul. Entre autres. Autant dire qu'on a beaucoup rigolé. Ou qu'on s'est beaucoup foutu de sa gueule, au choix. « C'est la honte de my life », « je suis bourré c'est ignoble », « je suis Mia Frye », « t'es un boulet » (prononcé « taboulé »), les perles ont fusé jusqu'à 23h30, heure où Raka nous a quitté pour un monde de doux rêves dont on imagine le thème... On a continué sans lui. BrutalDeath, Tom-Tom et Je-sais-plus-son-pseudo sont partis avant 2h du matin, et nous nous sommes tous couchés vers 4h. Raka dormait encore sur sa chaise.

 

Vers 6h, nous avons tous été réveillés par un Raka bourré qui cherchait son sac pour rentrer chez lui. Je l'ai accueilli avec un « Putain viens te coucher et arrête de nous faire chier » (ou phrase du même style) traduisant ma joie d'être ainsi tiré du sommeil. Ne parvenant pas à trouver ledit « sacounet », Raka m'a obéi. Sauf que du coup je n'avais plus sommeil, donc on a discuté pendant une heure et demi (ou « j'ai pleuré de rire pendant une heure et demi ») avant qu'il ne s'endorme. J'ai pris des photos de tous les dormeurs et me suis recouché aussi, finalement.

 

A 7h, le réveil de BlackClown a résonné dans l'appart, accueilli à peu près avec autant d'aménité que Raka une heure plus tôt « Putain c'est qui le gros boulet qui a mis un réveil à 7h, bordel de merde ! ». J'en ai profité pour rediscuter avec Raka qui n'avait envie que d'une chose : dormir... Le pauvre.

 

A 8h j'étais debout, frais et dispo, prêt pour de nouvelles aventures. Les autres dormant encore, je suis allé acheter des croissants, après avoir obtenu la localisation d'une boulangerie par DarkSmile : « En sortant tu tournes à droite, et encore à droite, et c'est juste là ». Résultat j'ai marché une demi-heure dans Strasbourg pour finalement trouver une boulangerie qui était « en sortant à gauche, puis encore à gauche ». M'enfin c'était cool de sortir par 4°C, de chanter et de siffler dans la rue en me foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes, et de me dire « si je me perds, j'ai pas de portable donc personne ne me retrouvera jamais ». J'ai retrouvé la maison où tout le monde était encore couché, donc... je me suis recouché.

 

A 9h, un nouveau réveil sonne, celui de Brita je crois. Je râle encore : « Tiens on dirait une musique de Walt Disney, on a l'impression que les ptits écureuils vont arriver, mais c'est super chiant » (on note que ma bonne humeur réapparaît). Brita l'éteint.

 

La faim me tenaille (depuis 4h du matin), mais j'ai fini mes gâteaux et tout chez DarkSmile contient du gluten (pis bon je ne vais pas fouiller son frigo pendant qu'il dort) donc je souffre en silence en priant que quelqu'un décrète que c'est l'heure du déjeuner. En vain. Vers 10h, je me remets à discuter avec Raka (qui aura décidément bien dormi cette nuit-là) et ça réveille tout le monde. Cool on va pouvoir manger. Mon petit déjeuner sera un thé et une pomme. On explique à Raka tout ce qu'il a fait pendant qu'il était bourré. Il a honte. C'est drôle.

 

Après encore un long temps de flottement, tout le monde est prêt à partir : c'est déjà presque l'heure des trains pour Zü, Black et Ligeia. Nous abandonnons DarkSmile qui attend le retour de sa coloc, puis Raka chez lui qui veut faire une sieste (bouh la loque), et nous allons à la gare pour nous séparer des trois filles. On dit au revoir à Brita aussi et Sky et moi rentrons. Je m'endors sur le canapé dès que je me pose dessus.

 
 

Je ne connaissais pas ou peu les gens que j'ai rencontrés ce week end, mais sincèrement ça valait le déplacement et ce meating a été très sympa, malgré les temps de flottement et la lenteur de marche des filles. C'était cool ! Vivement qu'on se revoie, à Strasbourg (erm vous m'invitez ? :mrgreen: ) ou ailleurs (gaypride parisienne ? mouhahaha je vais devoir parler à plein de monde cette année ça va faire bizarre).

 

Prochain meating... Montpellier ? A voir.

 

Bisous à tous ceux qui veulent et tant pis pour les autres.

Guillaume

Publié par Guillaume1712 à 17:09:33 dans Les aventures d'un Ensarien à Rennes | Commentaires (0) |