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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

Bilan d'une tranche de ma vie | 21 janvier 2008

La fin de mon séjour approche et l'heure du bilan également, comme savent si bien le dire les politiques. Mais mon bilan à moi n'aura rien de politique, je pense.

 

Il paraît que faire un plan en deux parties « I- Pour, II- Contre », c'est mal parce que c'est trop facile. Mais si je fais un plan en deux parties « I- Mon stage, II- Les à-côtés », ce sera très inégal en terme de taille. Je vais donc céder à la facilité. Quoiqu'en fait le premier plan sera bancal aussi, il y a beaucoup plus de positif... Pas de plan, c'est bien mieux.

  

Du point de vue humain, ce séjour a été une réussite totale. Je me suis intégré plus facilement que je ne l'aurais imaginé, je me suis fait des amis, je m'entends bien avec la plupart des gens avec qui je vis, nous confrontons nos différents grains de folie qui finalement ne s'accordent pas si mal, j'ai passé d'excellents moment avec certains d'entre eux, de bons moments avec d'autres, de mauvais avec un (mais qui se transforment en bons quand j'en parle avec les bonnes personnes...). Je ne sais pas si ça aurait duré beaucoup plus longtemps comme ça : une certaine distance commence à s'installer ici maintenant que France et Guillaume sont partis, qu'Amaia est sur le point de le faire et que mon propre départ approche. L'ambiance a clairement changé et n'est plus exactement celle que j'aimais. Ça rendra mon départ moins difficile, mais d'un autre côté c'est un peu dommage. Quoi qu'il arrive, mes colocataires me manqueront (du moins tous ceux qui ont l'adresse de ce blog)(non je ne lèche le c** de personne, c'est sincère).

 

En ce qui concerne les gens du forum, je ne regrette rien non plus. Désormais c'est plus eux que je voudrais ne pas quitter. Je n'ai jamais été déçu de rencontrer les éaloriens « en vrai », mais je suis définitivement fan de ceux que j'ai vus ici (bruxellois, liégeois, lilloises ou parisienne). J'ai bien fait de les avoir obligés à se bouger un peu plutôt que de rester chacun dans leur coin. Là encore j'ai passé de bonnes soirées, vive la Wii, vive le jus d'orange, vive le restaurant chinois...

 

Au niveau des expériences positives, j'ai pu ici rencontrer la stupidité humaine dans son état le plus pur et le plus abouti. Je ne m'étendrai pas là-dessus, je l'ai déjà assez fait. Désormais je connais le sens des mots « détester », « mépriser », « pitié », je sais à partir de quel moment je cesse d'être hypocrite (ça c'est rassurant, je n'étais pas sûr d'avoir une limite), comment je me comporte quand je ne le suis plus et qu'il n'y a rien à faire pour revenir en grâce à mes yeux (ou alors il n'a pas trouvé comment faire). Donc Jon m'a permis de mieux connaître mon côté obscur. Si j'y arrivais je lui dirais presque merc... me... mer... non je n'y arriverai pas.

  

Sur le plan de l'accomplissement personnel, Bruxelles a également été une bonne expérience. Non seulement je me connais mieux maintenant (cf paragraphe précédent), je ne suis plus timide (mais toujours aussi peu bavard) et j'ai pu assouvir et développer mon besoin de faire la fête. A l'ENSAR je n'allais pas à l'Etable [NDLR : Nom de la boîte de nuit d'Agrocampus] toutes les semaines (certes j'avais quelques problèmes de santé occasionnant une fatigue dont je me serais bien passée). Ici, si je ne sors pas une fois par semaine, je m'ennuie, voire je déprime. Et une fois c'est un minimum. Mon égocentrisme s'est révélé dans toute son horreur ; j'aime qu'on me regarde, quelles que soient les pensées qui se cachent derrière : « Ouah il danse comme un Dieu », c'est l'idéal, mais « Mais quel guignol c'est lamentable » ça me va aussi, en fait. Dans tous les cas l'important est tout de même que je m'amuse. Et quand je danse je m'amuse.

Sortir ne veut pas forcément dire aller en boîte à chaque fois. Une promenade, seul ou à plusieurs, un verre entre colocataires ou avec les éaloriens, ça suffit à transformer une soirée mal débutée en un bon moment.

Autrefois (quand j'étais jeune, dans une autre vie, jadis) je broyais du noir environ trois jours par mois (c'était le minimum légal). Depuis que je suis ici j'ai dû déprimer trois jours en 5 mois et ce malgré la météo (bon, j'avoue que le changement de météo n'est pas flagrant entre Rennes-la Normandie et Bruxelles). J'étais optimiste. Je le suis encore plus aujourd'hui.

Une fois de retour à Rennes, je compte continuer à ce rythme : une soirée ne coûte pas forcément cher (desfois simplement le coût du ticket de métro) et ne signifie pas toujours « alcool », j'espère ne pas être le seul à le comprendre. Mais je ne cantonnerai pas à l'Etable, à mon avis c'est stupide de se cloîtrer à l'école alors que Rennes regorge de bars.

 

Hum j'ai dévié de l'accomplissement personnel aux sorties... Mais c'est lié, j'ai besoin d'une vie nocturne pour être bien.

  

Concernant la ville en elle-même, je n'ai pas fait un mauvais choix. Bruxelles a une architecture intéressante, des bâtiments variés, des mélanges de styles... J'aime beaucoup la Grand'Place, même si la première réaction avait été « Mais c'est super moche ! Les Flamands n'ont pas compris que quand c'est épuré c'est beau ? Pas besoin de tous ces trucs foisonnant ! Eurk ! ». On découvre toujours des choses en se promenant dans Bruxelles : une façade, un mur peint, une statue, un magasin... C'est toujours un plaisir.

On sent la présence de la monarchie : avenue Joseph II, rue Joseph Ier, rue Royale, avenue de la Reine, rue de la Royauté, boulevard du Régent, rue Marie-Christine, square de la Reine Astrid, station de métro Joséphine-Charlotte, rue des Palais, rue des Palais Outre-Ponts... C'est vraiment flagrant et c'est amusant quand on vient d'un pays qui foisonne de rues avec des noms de scientifiques, de médecins et d'écrivains, mais SURTOUT PAS de noms de rois.

En plus de ça les quelques bars bruxellois (on y revient toujours) que je connais sont agréables, qu'on y danse ou pas, les deux restaurants que j'y ai fréquenté sont bons et pas trop chers (vive la cuisine asiatique), les trams sont à l'heure de temps en temps (jamais quand on est pressé, mais je pense que c'est un problème inhérent à tous les transports en commun du monde), la mixité culturelle est bien plus harmonieuse qu'en France... Bref Bruxelles est un lieu agréable à vivre. J'ai déjà dû le dire 50 fois ici...

 

Maintenant concernant mon stage... Hum... Je dois écrire 30 pages pour raconter à quel point je me suis ennuyé au début, à quel point j'ai été exploité au milieu et à quel point les choses que j'ai faites sont totalement sans aucun rapport avec mes études. Mais sinon mes collègues sont sympas. L'avantage c'est que j'ai pu me goinfrer de fromage. L'inconvénient c'est qu'une association ne paie pas ses stagiaires.

 

Que dire de plus... Ah oui, l'Amour. Ben euh... Je ne l'ai pas trouvé, mais je pense être un peu moins insensible qu'il y a 6 mois et donc plus apte à succomber pour de bon. Il y a encore du chemin à faire, mais je suis sur la bonne voie.

 

Je crois que j'ai fait le tour, ces 5 mois à Bruxelles ont été très bénéfiques pour moi. Ce n'est pas encore tout à fait fini mais il y a peu de chances que mon opinion change d'ici là. Sauf si je me fais contrôler par la STIB et que je me retrouve en prison pour fraude avec récidive des transports bruxellois.

Publié par Guillaume1712 à 18:34:30 dans Les aventures d'un Ensarien à Bruxelles | Commentaires (0) |