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Les aventures d\'un Ensarien en vadrouille

Ou comment je découvre la vie

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Quand le muscle se rebelle... | 09 janvier 2008

Je pense qu'un certain nombre de personnes seront d'accord avec moi si je déclare qu'il est agréable de passer du temps au lit le matin, entre le moment où le réveil sonne et celui où l'on se lève effectivement.

Ce petit laps de temps, qui dure selon les individus de 1 minute (voire moins pour les plus motivés) à 1 heure (voire plus pour les étudiants qui sèchent les cours), est propice à la libération de son imagination : quelle excuse originale mais crédible inventer pour ne pas se lever, comment le rêve que l'on vient de faire aurait-il pu se terminer, qu'aimerait-on faire de sa journée plutôt que d'aller travailler...

C'est aussi l'instant de la préparation mentale pour affronter une nouvelle journée passionnante : visualiser la tête des personnes que l'on côtoiera ce jour-là, maltraiter mentalement celles que l'on n'aime pas, envisager le retour chez soi le soir ou alors la soirée pompélup qui suivra...

 

Puis vient le moment tant attendu : l'étirement. Activité jouissive s'il en est, l'étirement, qu'il soit accompagné ou non d'un gémissement et/ou d'un bâillement, a pour but de réveiller les muscles en douceur et de se rendre compte que la vie offre malgré tout des petits plaisirs furtifs dès le matin et que le lit est finalement l'un des endroits les plus agréables sur Terre.

 

Mais cet étirement peut se terminer prématurément dans la position recroquevillée d'un fœtus doué de la parole (ou au moins de la capacité d'émettre des sons gutturaux).

Imaginez, ou souvenez-vous : vous êtes encore à moitié dans votre rêve et vous savez que vous avez encore un quart d'heure devant vous avant d'être réellement en retard. Instinctivement, sans même y penser, vous commencez à étendre vos bras et vos jambes au maximum.

Et soudain une alarme s'enclenche dans votre cerveau et hurle « Stop ! ». Première agression. Malheureusement, le temps que vous réagissiez, il est déjà trop tard. Vous venez de sentir le petit claquement, l'infime déchirement qui a traversé votre mollet. La seule pensée possible à ce stade est « Pitié non ! ». En général elle ne suffit pas à vous attirer la clémence des dieux. Vous sentez dès lors la souffrance grandir dans le muscle suscité, avec l'impression qu'un masseur indélicat (ou disons-le, sadique) est en train de vous le retourner.

Vous fermez les yeux et serrez les dents, comme si cela pouvait faire cesser la douleur. En vain évidemment. C'est là que vous passez de la position étirée à la position fœtale, que votre bâillement se mue en un gémissement et en insultes contre votre corps, ce traître.

 

S'ensuit un massage d'un quart d'heure, parsemé de timides tentatives d'allongement du muscle meurtri, dans la crainte constante que la crampe (car c'est bien de cela qu'il s'agit) ne se ravive. Le quart d'heure que vous auriez pu passer à rêvasser tranquillement au fond de vos couvertures s'est mué en un enfer physique intense. Votre partenaire (si vous en avez un(e)) rit à n'en plus pouvoir et à cet instant vous voudriez le(la) voir atteint(e) d'une crampe dix fois plus douloureuse, si c'est possible, pour effacer son sourire narquois et réduire ses sarcasmes à néant.

 

Finalement la majeure partie de la douleur passe et vous vous levez en claudiquant, car la crampe n'abandonne pas si facilement la partie. Vous savez pertinemment qu'elle profitera de la moindre seconde d'inattention pendant que vous prenez votre petit déjeuner pour se rappeler cruellement à votre mémoire. De toute façon vous ne pouvez pas l'oublier : elle est là, tapie au fond de votre mollet, générant une gêne qui vous suivra une bonne partie de la journée, à moins que vous ne vous soyez massé suffisamment longtemps, à l'affût, prête à bondir et à vous faire bondir. Les insultes les plus crues de votre vocabulaire vous semblent dérisoires pour qualifier l'ignominie d'une telle réaction physiologique. Votre agressivité ne pouvant se diriger contre votre propre corps (masochistes exceptés), vous la déverser autour de vous, à grands coups de claquage de portes, regards noirs, gestes violents contre les meubles et la vaisselle. En toute logique, vous vous faites mal. A ce stade, deux solutions : soit vous vous énervez encore plus et vous vous enfermez dans un cercle vicieux, devenant exécrable contre tout et tout le monde, soit vous éclatez de rire et vous rendez compte qu'une crampe ne vaut peut-être pas la peine de vous mettre à dos l'humanité entière et vos animaux de compagnie en plus.

 

Comment conclure, si ce n'est en disant que ceux qui n'ont jamais expérimenté cette situation ignorent à quel point le retour à la réalité est douloureux, la journée gâchée et l'humeur détériorée par cette simple contraction musculaire. C'est une expérience que je ne souhaite à personne (ou presque), quoiqu'elle permette d'apprécier à sa juste valeur l'étirement du lendemain matin s'il se passe sans incident.

Publié par Guillaume1712 à 18:16:45 dans Réflexions intéressantes (ou pas) | Commentaires (1) |

10-01-2008  12:07  10-01-2008 12:07
ouille  De  kaoru  Sujet:  ouille
En effet... Perso ça m'arrive parfois mais en pleine nuit ce qui n'est pas moins drôle... mais outre le fait de tendre le muscle pour que la douleur passe un peu, il parait que boire de l'eau aide à faire passer (c un truc de nageur)... Malheureusement je n'ai jamais pu tester, parce que 'leau est trop loin d ema chambre lol (et sur une jambe avec une crampe mdr pour se déplacer hmmf)

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