Aujourd'hui, je fais ma langue de pute. C'est rare, mais c'est tellement bon... Je ne citerai pas de nom, les intéressés comprendront de qui je parle, et les autres pourront toujours l'identifier à quelqu'un de leur entourage. Parce qu'on connaît tous des gens de cette catégorie : les boulets.
Je me suis longtemps considéré comme inintéressant, voire boulet, et ça m'a beaucoup bloqué dans mes relations avec les autres. Maintenant je me rends compte que je n'étais pas réellement un boulet, parce qu'il me manquait une de leurs caractéristiques majeures : les boulets ne se rendent pas compte qu'ils en sont.
Nous avons ici à faire à un boulet du genre gentil. Sincèrement il n'est pas méchant, il est même sympathique, et ça rend les choses d'autant plus difficiles, parce qu'on ne peut pas le détester. Il ne fait de mal à personne, il n'est pas agressif, il est prêt à aider quiconque en a besoin. Tant qu'il n'ouvre pas la bouche, il a donc tout ce qu'il faut pour faire l'ami idéal. Mais voilà, Dieu ou la Nature lui a donné la parole. Et il l'utilise. Beaucoup. Trop.
Premièrement, le boulet ne répond jamais "Oui" quand on lui demande "Ca va ?". Mais vraiment jamais. La plupart du temps je tombe dans le panneau, parce qu'ayant été bien élevé, la première phrase qui sort de ma bouche quand je vois quelqu'un que je connais c'est "Salut, comment vas-tu ?". Erreur fatale. La réponse est en générale "Bof, journée de merde", "J'ai connu mieux" (j'ai failli répondre "Ah bon, j'aimerais bien savoir quand", mais j'en aurais eu pour des heures d'explication chiantissimes...), "Non", "Franchement, je peux pas dire que oui" et toutes les nuances que l'on peut imaginer sur ce thème. S'ensuit une explication de pourquoi ça ne va pas : "Alors TOUT D'ABORD, ce matin blablablablablablablabla... ENSUITE, blablablablablablablabla... APRES CA, blablablablablablabla. ET EN PLUS, blablablablablabla. ET LA MAINTENANT, blablablablablablablablablablablabla... ET TOUT A L'HEURE, blablablablablablabla. DONC tu vois, ça va pas fort."
Là quatre options s'imposent à toi : te suicider pour ne plus l'entendre, lui coller un pain pour qu'il se la ferme enfin, subir, ou en redemander (pour les plus hypocrites, donc moi quand je suis vraiment de bonne humeur). Un simple "Ah ouais ?" suffit à relancer le boulet pour un quart d'heure. Est-il nécessaire de préciser qu'AUCUN des problèmes évoqués par le boulet n'est grave, que tous peuvent être réglés rapidement, et que n'importe qui de normalement constitué en rirait dix minutes après que les événement se soient produits ?
Deuxièmement, le boulet aime s'immiscer dans les conversations. Il est impossible de parler de quelque chose sans que le boulet soit concerné. Evidemment, l'opinion du boulet étant toujours de valeur, il se permet de couper la parole de ses interlocuteurs. Et il parle fort.
Troisièmement, le boulet a des milliers d'amis, qui ont des milliers d'amis, qui ont des milliers d'amis, etc. Exemple (inventé, mais tout à fait plausible) :
(Moi à une coloc) "Hey tu devrais éteindre la plaque, il y en a un qui va se brûler"
(Ma coloc) "Ah ouais, désolée"
(Le boulet) "Oui c'est vachement dangereux ! D'ailleurs en parlant de ça, une fois j'ai un ami qui blablablablablablablablablabla..........................[Ad Lib]"
Quatrièmement, le boulet a des éclairs de lucidité qui ne durent jamais longtemps... "Bon je me tais, je vois que ça n'intéresse personne." Et deux minutes plus tard "Ouais d'ailleurs j'ai un ami qui blablabla..." (cf ci-dessus)
Cinquièmement, le boulet a un don pour créer des problèmes. Exemple (véridique) : le boulet appelle les flics à 23h un samedi alors que tout le monde est levé dans l'immeuble parce que les racailloux du quartier sont sous nos fenêtres et sont un peu bruyants (moins que d'habitude, en plus). Bien sûr, quand les mêmes racailloux le voient dehors et lui demandent qui a appelé la police, le boulet ne se dénonce pas. En conséquence, maintenant tous les habitants de l'immeuble sont mal vus, à cause d'une connerie d'un boulet. Qu'on ne dénoncera pas non plus parce que même s'il nous énerve profondément sur ce coup-là, on n'a pas envie qu'il se fasse démonter la gueule (par contre si c'est moi qui me fais démonter la gueule, je pense qu'il aura de mes nouvelles).
Bon, je pensais que ce message me calmerait, mais en fait pas vraiment...
Je vous laisse, ma lessive tourne.
Bisous à ceux qui veulent, tant pis pour les autres.
Guillaume, qui avait bien besoin de vider son sac.
Publié par Guillaume1712 à 16:18:20 dans Les aventures d'un Ensarien à Bruxelles | Commentaires (1) | Permaliens
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